vendredi, février 3, 2023
AccueilActualitésActualités: Iran & MondeLa troisième voie de l'Iran : un siège au premier rang de...

La troisième voie de l’Iran : un siège au premier rang de la prochaine la révolution

Par Antonia Felix*

The Emporia Gazette (Kansas, USA), 26 juillet – Le 30 juin, 50.000 Iraniens en exil se sont rassemblés à Paris pour montrer leur soutien à la Résistance, un groupe qui cherche à remplacer le régime intégriste islamique à Téhéran par une démocratie laïque. Oui, il existe une résistance iranienne ancienne et soutenue sur un plan international. Mais bien que la politique étrangère de la Maison Blanche se concentre sur l’édification de la démocratie, la plupart des Américains n’en ont jamais entendu parler.

La Résistance iranienne s’est révélée être une formidable menace pour Téhéran sur plusieurs fronts, y compris sa capacité à fournir à l’occident des renseignements cruciaux sur le régime. Ses rapports les plus connus rendus publics en 2002, ont levé le voile sur des installations nucléaires secrètes du régime à Natanz et Arak. Des rapports plus récents ont découvertes installations nucléaires et de missiles et ont identifié des usines au nord de Téhéran qui fabriquent les dispositifs explosifs utilisés pour tuer les soldats américains en Irak. Sur un autre front, le MeK /OMPI apporte aux Iraniens – dont 60 % ont moins de 30 ans – l’espoir d’un meilleur avenir en présentant un programme démocratique pour un nouvel Iran. Cela comprend la séparation de la religion et de l’Etat ; la représentation parlementaire des minorités religieuses et ethniques; l’interdiction de la torture, des tribunaux militaires et des organisations militaires répressives comme le corps des gardiens de la révolution ; l’élimination des armes nucléaires et de destruction massive, et une politique étrangère concentrée sur le renversement de l’isolement de l’Iran en édifiant des relations amicales et coopératives avec l’occident.

Ce mouvement, connu sous le nom des Moudjahidin-e-Khalq (MeK/ OMPI) et le Conseil national de la Résistance iranienne, n’a pas beaucoup gain de cause aux Etats-Unis, bien qu’il bénéficie d’un soutien bipartite au Congrès américain aussi bien qu’au Parlement européen. Ces partisans, ainsi que plus de 5 millions d’Irakiens qui ont signé une pétition de soutien au groupe l’an dernier, croient que la Résistance iranienne est l’option la plus viable pour provoquer un changement de régime en Iran – et, donc, apporter une plus grande sécurité en Irak et dans la région toute entière. Le Représentant américain Bob Filner, un Démocrate de Californie, qui s’est exprimé lors de l’événement à Paris, a déclaré que la stabilité du Moyen-Orient dépend d’un Iran stable, démocratique, qui est possible en “habilitant les organisations d’opposition qui partagent nos buts et valeurs.”

Assise à deux rangées derrière Filner au Parc d’expositions ce jour-là, j’ai assisté à un des plus grands rassemblement de ce que plusieurs croient être l’éclosion d’un mouvement iranien international qui amorcera la prochaine révolution en Iran.

J’ai découvert le MeK/OMPI au cours de mes recherches sur la Secrétaire d’Etat Condoleezza Rice et son programme de politique étrangère, que j’ai commencé en écrivant une biographie de Rice il y a trois ans. Alors que j’étudiais le fondement démocratique de la Résistance iranienne, j’ai été intriguée par les fortes relations entre le MeK/OMPI et le thème des femmes au pouvoir politique. La présidente élue du CNRI, Maryam Radjavi, incarne l’idéologie fondamentale du mouvement d’égalité et des droits humains, avec un fort accent sur des droits des femmes, que le MeK/OMPI considère crucial pour renverser la politique répressive et brutalement discriminatoire du régime iranien.

Quand je me suis rendu à cet événement à Paris, j’avais appris à connaitre le rôle majeure que les femmes jouent dans la résistance iranienne, cependant j’ai été frappé par la réponse massive de la foule à la présence de Maryam Radjavi.

Durant des décennies d’observation du processus politique aux Etats-Unis et des écrits sur les femmes dirigeantes, je n’ai jamais vu à l’apparition d’une femme politique de réaction telle que je l’ai vue ce jour-là. Un explosion massive d’affection, alors que des gens de tous âges réclamaient à cor et à cri un regard plus proche ou à toucher ses mains tendues, exprimait un mélange de respect, d’admiration, de gratitude et d’une façon plus évidente, d’espoir dans cette dirigeante. Certains universitaires peuvent prétendre que le féminisme est mort, mais ne dites pas ça à la résistance iranienne, qui a confirmé à Paris qu’elle met son espoir dans une femme et un programme basée sur les droits de l’homme pour éradiquer l’intégrisme islamique dans son pays.

Le soutien de la Résistance iranienne, connue dans des cercles politiques comme la troisième voie, n’a pas jusqu’à présent été incluse dans les discussions de l’administration Bush sur une politique iranienne dans laquelle “toutes les options sont sur la table”. L’administration a aussi choisi de ne pas inclure ce mouvement à son ordre du jour de politique étrangère d’élaboration de la démocratie au Moyen-Orient. Et la résistance n’est pas la seule grande histoire de l’Iran qui ait été ignorée par la presse.

Les protestations massives et les émeutes du rationnement de l’essence qui ont rempli les rues de Téhéran, Arak et Machad il y a deux semaines ont révélé pour la première fois à beaucoup d’Américains le mécontentement qui éclate en Iran. Cette histoire a fait les gros titres, mais selon un livre récent, « la Menace de l’Iran : le Président Ahmadinejad et la Crise Nucléaire qui s’annonce » par Alireza Jafarzadeh, qui décrit en détails les milliers des protestations contestataires qui se sont déroulées depuis le début des années 1990 jusqu’à 2006, plus de 300 manifestations ont eu lieu chaque mois. Des conducteurs d’autobus impayés, des étudiants en colère et des professeurs d’université, des familles de prisonniers politiques qui languissent dans la funeste prison d’Evine à Téhéran, les minorités ethniques et religieuses lésées et les femmes qui osent publiquement protester contre les règles islamiques opprimantes sont tous descendus dans les rues. Des milliers d’entre eux ont été battus, arrêtés et emprisonnés et des centaines d’entre eux exécutés. Ces 20 dernières années, 120.000 membres de la résistance ont été pourchassés et tués.

Si la résistance a joué un rôle si significatif dans l’histoire du régime iranien et a, selon ses partisans, le potentiel de provoquer un changement de régime, pourquoi nous n’en avons-nous pas entendu parler ?

La première raison est la décision du Département d’Etat américain de taxer le MeK/OMPI de groupe terroriste en 1997, dans un geste visant à satisfaire ce qui semblait être des éléments modérés dans le gouvernement iranien. Un responsable du Département d’Etat de l’époque a expliqué que l’inscription du MeK/OMPI sur la liste du terrorisme “se voulait un geste de bienveillance vis-à-vis de Téhéran et de son président modéré nouvellement élu, Mohammad Khatami.” Téhéran, qui a longtemps perçu le MeK/OMPI comme sa principale menace iranienne, l’a utilisé comme une monnaie d’échange pendant des décennies. La stratégie continue à marcher : en 2003, quand les Etats-Unis ont voulu savoir du régime iranien si des membres d’Al-Qaida se cachaient en Iran, le Département d’Etat a fermé le bureau du CNRI à Washington et gelé ses avoirs.

L’inscription en 1997 s’inscrivait dans ce que la Secrétaire D’Etat Madeleine Albright considérait comme  “la feuille de route menant à la normalisation” avec l’Iran, qui, d’une manière prévisible, ne s’est jamais réalisée. Plutôt que de se diriger vers la coopération avec l’occident pendant les années 1990, Téhéran a continué à développer son programme nucléaire secret, que le MeK/OMPI a découvert en 2002 et à armer et financer des groupes terroristes partout au Moyen-Orient. La politique de la République islamique d’Iran vis-à-vis des Etats-Unis a été constamment et ouvertement hostile et maintenant, sous le président Ahmadinejad, la rhétorique et les activités sont encore plus agressives. Négocier une position modérée avec l’Iran continue d’être impossible avec un chef d’Etat, le guide suprême l’ayatollah  Ali Khamenei, qui se réfère continuellement aux Etats-Unis comme au Grand Satan.

Pendant les dix dernières années, cette marque de terroriste du MeK/OMPI a sévèrement miné la capacité de la résistance d’opérer et a frappé le groupe d’un stigmate qui tout naturellement, a réussi à clore les discussions du groupe avant qu’elles ne commencent. Le discours de Maryam Radjavi au meeting de Paris s’est concentré sur la nécessité de l’Union européenne de respecter une décision de justice de l’UE qui oblige chaque nation de l’UE à retirer le MeK/OMPI de la liste du terrorisme.

La Secrétaire d’Etat Condeleezza Rice a écarté à plusieurs reprises des demandes venant du Congrès pour radier le MeK/OMPI, réitérant qu’il s’agit d’un groupe terroriste. C’est un dramatique paradoxe que dans un programme de politique étrangère qui a inclu l’Iran dans "l’axe du mal". Le régime  intégriste islamiste violement anti-occidental en Iran a été désigné pendant des années par le Département d’Etat de parrain du terrorisme le plus dangereux du monde, cependant Rice continue à mettre ce gouvernement dans le même camp que le groupe d’opposition démocratique que Téhéran reconnaît sans doute comme sa plus formidable menace.

Les Américains méritent de connaitre la gamme complète d’attitudes à adopter avec la dictature religieuse en Iran. La résistance iranienne devrait devenir aussi visible dans la presse que l’étaient Lech Walesa et son syndicat révolutionnaire en 1980. Comme les voix de Solidarité qui ont résisté à un régime tyrannique et a transformé non seulement la Pologne, mais a aussi mené à la dissolution de l’Union soviétique, les voix de la résistance iranienne méritent d’être entendues.

* Antonia Felix est un auteur publié et un membre de la faculté d’anglais à l’Université d’Emporia.
 

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe