samedi, décembre 3, 2022
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La guerre par procuration pourrait bientôt tourner au conflit direct, avertissent les analystes

Par Julian Borger et Ian Black

The Guardian – L’attention croissante des Etats-Unis sur une confrontation avec l’Iran dans une guerre par procuration en Irak risque de déclencher un conflit direct dans les mois à venir, mettent en garde les analystes régionaux.

Les tensions entre les Américains et les Iraniens sont montées de manière significative ces deniers jours, avec une rhétorique exacerbée des deux côtés et la décision des Etats-Unis d’établir une base militaire en Irak à moins de huit kilomètres de la frontière iranienne pour bloquer la contrebande d’armes iraniennes à destinations des milices chi’ites.

La participation de quelques centaines de soldats britanniques dans l’opération contre la contrebande soulève aussi le risque de leur participation dans un affrontement transfrontalier.

Des officiers américains ont affirmé qu’un missile iranien avancé avait été tiré contre une base américaine depuis un secteur chi’ite. Si c’était confirmé ce serait une escalade significative dans "la guerre par procuration" mentionné cette semaine par le général David Petraeus, le commandant américain en Irak.

"La guerre par procuration qui a lieu en Irak peut maintenant traverser la frontière. C’est une période très dangereuse", dit Patrick Cronin, directeur d’études à l’Institut International des Études Stratégiques.

Les dirigeants de l’Iran ont jusqu’ici montré tous les signes qu’ils apprécieraient une confrontation. Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a déclaré hier que la politique américaine avait échoué au Moyen-Orient et a averti : "Je suis certain qu’un jour Bush et les hautes autorités américaines seront jugés devant une cour internationale pour les tragédies qu’ils ont créées en Irak."

Dans ces circonstances, le raid aérien israélien de la semaine dernière contre un site mystérieux dans le nord de la Syrie a déclenché des spéculations sur ses motifs. Israël a gardé le silence sur l’attaque. La Syrie s’est plainte au conseil de sécurité de l’ONU, mais a donné peu de détails. Certains disent que la cible était des armes iraniennes destinées au Hezbollah au Liban, ou que la sortie était une répétition pour une attaque américano-israélienne contre la Syrie et l’Iran. Il y a même des spéculations pour savoir si les Israéliens avaient détruit une installation nucléaire financée par l’Iran et alimentée par la Corée du Nord.

La situation est particulièrement volatile parce que la lutte d’influence menace d’exacerber une confrontation sur les ambitions nucléaires de Téhéran.

Les EU ont demandé une réunion des principales puissances  à Washington vendredi prochain pour discuter du défi de l’Iran de résolutions de l’ONU l’appelant à suspendre d’enrichissement d’uranium. Il vient parmi des signes que l’administration de Bush est à court de la patience avec des efforts diplomatiques de refréner le programme nucléaire. Les faucons menés par le vice-président, Dick Cheney, intensifient leur poussée pour une action militaire, avec l’appui privé d’Israël et de quelques Etats sunnite du Golfe.

"Washington examine sérieusement ses plans pour bombarder non seulement des sites nucléaires, mais aussi des installations pétrolières, militaires et même des dirigeants pris pour cibles. On parle de cibles multiples," a dit M. Cronin. "À Washington on dit très sérieusement qu’il s’agit d’une fenêtre que l’on doit considérer avec attention parce qu’il y a seulement six mois pour « faire quelque chose sur l’Iran »  avant que l’on ne le considère comme une question purement politique."

Des élections présidentielles américaines auront lieu en novembre 2008 et les électeurs jugent d’habitude une action militaire en pleine campagne comme politiquement motivé.

Vincent Cannistraro, un ancien chef du contre-terrorisme de la C.I.A. qui est désormais un analyste de sécurité, a dit que "la décision d’attaquer a été prise il y a quelque temps. Elle se fera en deux temps. Si on trouve une preuve en termes d’interférence iranienne en Irak, les USA exerceront des représailles à un niveau tactique et ils frapperont des cibles militaires. La deuxième partie c’est que Bush a pris la décision de lancer une attaque stratégique contre des installations nucléaires iraniennes, mais pas avant l’année prochaine. Il a aligné quelques pays sunnites pour un soutien tacite à ses actions."

Les autorités américaines et britanniques se sont plaintes à l’Iran de l’utilisation par des milices chiites en Irak de ce qu’elles appellent des armes iraniennes. Le souci principal c’est la prolifération des bombes de bord de route qui tirent un jet de métal fondu à travers n’importe quelle épaisseur de blindage, et que les autorités disent fabriquées en Iran.

Un porte-parole de l’armée américaine à Bagdad, le général Kevin Bergner, a fait monter l’intérêt quand il a dit que la roquette de 240 mm qui a frappé le quartier général américain hors de Bagdad cette semaine, tuant un soldat américain et en blessant 11, avait été fournie aux militants chiites par l’Iran.

Le général Bergner travaillait à la Maison Blanche, où il était aligné sur les faucons de l’administration et certains ont vu son envoi à Bagdad comme une mesure pour augmenter la pression sur l’Iran.

"Il y a énormément d’officiers de niveau inférieurs excédés par les morts causés par les projectiles explosivement formés venant d’Iran. Il y a une certaine pression militaire pour faire quelque chose à ce sujet", a dit Patrick Clawson, sous-directeur pour la recherche au Washington Institute for Near East Policy. "Cela dit, il nous est très difficile de faire quoi que ce soit sans plus de preuve. À cet égard, le contrôle des frontières est une solution raisonnable."

N’importe quelle décision américaine d’attaquer l’Iran forcerait Gordon Brown à choisir entre la création d’une faille sérieuse dans l’alliance transatlantique et la participation ou l’approbation d’actions américaines. Les autorités britanniques insistent sur le fait que Washington n’ait donné aucun signe qu’il serait prêt à abandonner la diplomatie et argue que les sanctions de l’ONU montrent des signes d’efficacité. Elles rappellent le retour en Iran de Hachemi Rafsandjani, considéré comme un contrepoids pragmatique au président Mahmoud Ahmadinejad.

L’espoir d’éviter une nouvelle guerre a aussi augmenté après la déclaration du général Petraeus comme quoi la Force Qods secrète de l’Iran qui soutiendrait  les attaques chiites contre la coalition avait été boutée hors d’Irak. Si c’est vrai, il se pourrait que dans l’impasse où se trouvent les EU et l’Iran, l’Iran soit le premier à clignoter.

 

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