jeudi, décembre 8, 2022
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Le monde regarde-t-il avec les yeux ouverts les droits de l’homme en Iran ?

Par Reza Shafa*

CNRI – Il est extrêmement difficile de trouver les mots appropriés pour décrire ce qui se passe vraiment en Iran. Des concepts mathématiques comme les chiffres et les statistiques ont perdu leur vraie signification quand on en vient aux violations des droits de l’homme dans ce pays.

Le 5 septembre, Amnesty International était « épouvantée par la nouvelle de l’exécution de 21 personnes ». Jusqu’à présent cette année, plus de 250 prisonniers ont été pendus, ce qui est plus que le double de l’an dernier selon les médias officiels en Iran.

Depuis juillet 2007, le début du soi-disant plan de "sûreté publique", mené à coups de "phases" diverses comme la lutte contre les "mal-voilées", suivie par le coup de balai "des voyous et des hooligans", plus de 80 prisonniers ont été pendus. Ces deux dernières années plus de 60 prisonniers politiques ont été exécutés.

Il y a plus de 600 prisonniers dans le quartier des condamnés à mort de la prison de Gohardacht, dans la banlieue de Karadj, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Téhéran. La liste est encore longue. 

« Depuis l’arrivée d’Ahmadinejad au pouvoir, plus de 450 pendaisons ont été officiellement annoncées en Iran. On pense que le chiffre réel est beaucoup plus élevé », a rapporté le quotidien allemand  Frankfurter Allgemeine du 3 septembre.

« La portée de la peine capitale en Iran reste extraordinairement vaste et comprend des charges aussi vagues que "hostilité contre Dieu" (moharebeh ba Khoda), "corruption sur terre"(mofsed fil arz), qui touche, entre autres, ceux que l’on accuse d’usage d’armes à feu contre l’Etat …," disait Amnesty International dans son communiqué numéro 171 du 5 septembre.

La visite du Haut commissaire de l’ONU pour les Droits de l’homme, Mme Louise Arbour à Téhéran pour participer à la conférence d’Ahmadinejad sur les droits de l’homme, a paradoxalement coïncidé avec la pendaison d’un groupe de 21 prisonniers à Machad, dans le nord-est, et à Chiraz, dans le sud, le 5 septembre.

A la surprise de beaucoup quand les familles de prisonniers politiques ont risqué leurs vies pour la voir devant le bâtiment de l’ONU à Téhéran, elles ont été arrêtées par le Forces de sécurité de l’Etat (FSE) et les agents de Ministère des Renseignement (le VEVAK). Mme Arbour a dit plus tard qu’elle n’était pas en Iran en sa qualité officielle de haut commissaire.

Je suppose que le problème avec l’Iran et les mollahs qui pendent même « des enfants délinquants », comme le note Amnesty international, ce n’est pas que le monde en général, et les instances des droits de l’homme en particulier, comme le conseil des droits de l’homme de l’ONU, ne soit pas au courant. En fait, c’est intentionnellement qu’ils ferment les yeux sur les terribles violations des droits de l’homme en Iran. Quand les autorités de l’UE insistent sur la complaisance avec les mollahs, quelqu’un doit en payer le prix élevé ; et c’est le peuple iranien qui le paye à n’en pas douter.   

*Reza Shafa est un expert des réseaux de renseignements du régime iranien, en Iran et à l’étranger. Il a mené des recherches poussées sur le VEVAK, les services secrets du CGR et la force Qods. Il contribue actuellement au site du CNRI.

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