mercredi, février 8, 2023
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La France propose des « recommandations » sur l’Iran hors ONU

Reuters – La France s’efforce de convaincre ses partenaires européens de prendre des "mesures additionnelles" hors du cadre de l’ONU pour convaincre l’Iran de renoncer à son programme d’enrichissement d’uranium, confirme le porte-parole de l’Elysée.

Ces mesures prendraient la forme de "recommandations" visant à dissuader entreprises et institutions financières européennes de faire des affaires avec l’Iran, a précisé David Martinon lors de son point de presse hebdomadaire.

En tout état de cause, "notre voie c’est la voie de la recherche d’une solution politique", a-t-il souligné.

Une mise au point qui intervient après celles du ministre français des Affaires étrangères sur ses déclarations de dimanche au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI sur ce dossier.

Bernard Kouchner avait alors dit que la France négocierait "jusqu’au bout" avec l’Iran, sans "craindre les rebuffades".

"Mais en même temps, nous devons nous préparer, et de la meilleure façon, pour montrer que nous sommes sérieux et que nous n’acceptons pas cette menace", avait-il ajouté.

Pressé de dire ce que se préparer voulait dire, il avait répondu : "Ça veut dire qu’il vaut se préparer au pire (…) Le pire, c’est la guerre !"

C’est cette dernière réponse qui a suscité la colère de l’Iran et une polémique en France et à l’étranger.

Dans une interview publiée jeudi par Le Figaro, Bernard Kouchner se dit même prêt à aller à Téhéran. "Nous disons à tous ceux qui ont mal interprété des mots pris hors de leur contexte que nous sommes prêts à continuer à dialoguer avec acharnement avec les Iraniens sans craindre les échecs", assure-t-il.

"Mais ces discussions ne peuvent pas durer des années : il faut trouver une solution", ajoute le chef de la diplomatie française, qui accuse l’Iran de chercher à "gagner du temps".

"Laissons-nous imaginer des sanctions ciblées afin de persuader les Iraniens de notre sérieux", ajoute Bernard Kouchner. "Mon voeu le plus cher serait que ces sanctions passent par le Conseil de sécurité (de l’ONU). Mais cela ne nous empêche pas de travailler à la préparation de sanctions ciblées avec nos partenaires européens."

Sarkozy parlera de l’Iran à New York

Dimanche, il avait évoqué des "sanctions économiques" visant les "circuits financiers" – "Nos amis allemands l’ont proposé. Nous en avons parlé il y a quelques jours." David Martinon a confirmé jeudi cette orientation.

"Des propositions très généreuses ont été faites à l’Iran, notamment en matière de coopération nucléaire civile et de bien d’autres choses. Pour le moment l’Iran a refusé ces propositions et poursuit son programme d’enrichissement", a-t-il dit.

"Nous cheminons vers une troisième résolution (au Conseil de sécurité) qui visent à renforcer le régime de sanctions", a-t-il ajouté. "Mais c’est une négociation qui ne va pas de soi parce qu’il faut obtenir l’accord de tout le Conseil de sécurité. Ça peut prendre du temps et c’est pour cette raison que nous avons en tête des mesures additionnelles" au niveau européen.

Ces mesures consisteraient notamment en "recommandations" adressées par les pays de l’UE à leurs entreprises pour les dissuader de "se porter candidates pour de nouveaux marchés en Iran" et aux institutions financières européennes pour les convaincre de "baisser leurs encours et leurs investissements" dans cet Etat, a expliqué le porte-parole.

"Nous souhaitons obtenir cela de tous les pays de l’UE et nous ne sommes pas les seuls à le souhaiter", a ajouté David Martinon, qui a précisé que ces mesures additionnelles étaient proposées "hors cadre onusien".

Elles pourraient être décidées et mises en oeuvre sans texte européen spécifique, a-t-il aussi précisé.

Lors du voyage qu’il fera lundi et mardi à New York pour l’Assemblée générale de l’ONU, le président Nicolas Sarkozy évoquera avec ses interlocuteurs la crise iranienne, qui est "certainement une des crises les plus dangereuses qui soit", a par ailleurs déclaré David Martinon.

"Personne ne croit au fait que le programme d’enrichissement (d’uranium) mené par l’Iran soit pacifique. Pour nous, un Iran doté de l’arme nucléaire est inacceptable", a-t-il souligné.