jeudi, décembre 1, 2022
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La folie d’une fausse paix avec les mollahs

Middle East Times, 12 décembre – La communauté internationale, et les Etats-Unis en particulier, continuent à se débattre pour savoir comment faire face au défi nucléaire de l’Iran. Les tenants du statu quo insistent sur le fait que la complaisance avec les mollahs finira par briser l’impasse. Ils se sont sentis justifiés et encouragés par les résultats d’un rapport d’Évaluation de la Communauté du Renseignement américain, début décembre.

Mais, il semble que la joie des tenants de la complaisance ait été quelque peu prématurée. Le rapport est correct quand il conclut que l’Iran semble avoir interrompu son programme d’armes nucléaires en 2003. Mais ce qu’il n’a pas su annoncer, c’est que le programme a été transféré et relancé en 2004, selon le Conseil national de la Résistance iranienne, qui a été le premier à démasquer  le programme nucléaire clandestin de Téhéran en 2002.

Cela dit, la référence que le rapport fait au programme d’armes nucléaire des mollahs, en dit long sur la nature du régime iranien, ses intentions et sa direction stratégique.

En remontant aux années 1980, Khomeiny appelait la guerre "une bénédiction divine parce qu’elle rajeunissait l’âme". Outre Le fanatisme idéologique, le désir de guerre de Khomeiny était basé sur des considérations pragmatiques.

En termes généraux, le régime iranien est fondé et alimenté par deux objectifs : la répression en Iran et le terrorisme à l’étranger. Les mollahs s’interdisent tout recul vis-à-vis de ces objectifs. Incapable d’accepter un compromis sur les questions stratégiques, le régime doit compenser en s’imposant sur la scène internationale par d’autres moyens. En termes plus simples, il a besoin de la bombe pour survivre.

En octobre, les Etats-Unis ont décidé d’inscrire sur la liste noire le Corps des gardiens de la révolution, ou CGR, et sa force extraterritoriale Qods, pour prolifération d’armes de destruction massive et soutien au terrorisme. Le CGR est l’entité principale chargée de mettre en oeuvre les deux objectifs de répression dans le pays et de terrorisme à l’étranger.

Bien que la décision américaine de mettre sur la liste noire le CGR ait porté un coup stratégique aux mollahs, elle reste insuffisante. En fait, le régime iranien est allé de l’avant avec sa guerre propre et en récolte aujourd’hui des bénéfices alléchants.

Les mesures de répression impitoyables du régime dans le pays ainsi que sa rhétorique agressive et ses actes tout aussi abominables au-delà de ses frontières rendent tout cela parfaitement clair. Un député du Majlis (parlement), par exemple, s’est vanté que "chaque voiture qui explose en Irak, retarde d’un mois les menaces de l’Amérique [vis-à-vis du régime]." De même le quotidien d’Etat Kayhan notait que "le sort de notre programme nucléaire ne se décidera pas à la table des négociations, mais dans les rues de Beyrouth et de Bagdad."

En effet, le monstre de l’intégrisme de l’Iran descend déjà d’une montagne de crânes allant de Beyrouth à Bagdad. On ne peut que regretter, cependant, que la réponse de l’occident ait été aussi tordue que floue. Dans les circonstances actuelles, tout ce qui est nécessaire à une catastrophe a été rassemblé par ce régime intégriste, par les attributs et les comportements qu’il a affichés ces 30 dernières années et sa course à l’arme nucléaire.

Imaginez une situation où le régime aurait obtenu sa première bombe. Il se sentirait certainement assez sûr de lui pour répandre par la violence l’intégrisme islamique partout au Moyen-Orient et acquérir une hégémonie incontestée.

Il est donc clair que ceux qui préconisent ‘la paix’ et le dialogue avec une tyrannie meurtrière s’avèrent être dans la pratique les partisans les plus bruyants de la guerre.

Trente ans de complaisance et de dialogue ont produit l’opposé absolu de ce que l’occident voulait : un intégrisme plus arrogant en Iran pour engloutir la région. L’occident doit se rendre compte que tant que la tyrannie gouvernera l’Iran, la paix ne pourra se réaliser et la guerre ne pourra être évitée. Notre but devrait être un Iran démocratique et non pas un accord avec une théocratie malveillante, impopulaire et fragile.

Pour réaliser la démocratie en Iran, cependant, ni la complaisance ni l’intervention militaire n’apportent la solution finale. Comme l’a dit la dirigeante de l’opposition iranienne Maryam Radjavi au Conseil de l’Europe en octobre, il existe une troisième voie : un changement démocratique en s’appuyant sur le peuple iranien et son mouvement de résistance organisé. C’est la seule option qui empêche le bombardement l’Iran ou une bombe iranienne.

La principale opposition iranienne, cependant, a été enchaînée en occident sur ordre des mollahs criminels. La première étape pratique vers un Iran libre serait de supprimer l’étiquette terroriste injuste et illégale des Moudjahidine du peuple d’Iran. Le 30 novembre, une cour spéciale de Grande-Bretagne, la Commission d’Appels des organisations proscrites, a ordonné au gouvernement britannique d’enlever l’étiquette terroriste de l’OMPI, qualifiant cette proscription de "perverse".

De même en décembre 2006, la Cour européenne de justice avait ordonné à l’UE de lever l’interdit du mouvement d’opposition légitime de l’Iran. Donc, obéir à l’état de droit a donné à l’occident une occasion de sauver la face et de rectifier une énorme erreur politique.

Tant que les mollahs seront au pouvoir en Iran, la menace de les voir se doter d’une bombe atomique sera réelle. Cela rend d’autant plus nécessaire de soutenir l’opposition démocratique de l’Iran pour un retrait des mollahs du pouvoir. Nous n’avons pas de temps à perdre.

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Ali Safavi est  membre du Conseil national de Résistance, le parlement en exil iranien, et président de Near East Policy Research, un bureau d’analyse politique à Washington, (www.neareastpolicy.com)

 

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