vendredi, janvier 27, 2023
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La chasse aux « groupes spéciaux », bête noire des Américains en Irak

Agence France Presse – L’armée américaine est engagée depuis des mois dans une lutte acharnée contre des cellules de combattants chiites en Irak, que Washington accuse d’être le fer de lance d’une guerre par procuration menée par l’Iran.

Connues sous l’appelation de "groupes spéciaux", ces unités clandestines reçoivent, selon les services américains, une aide financière et matérielle de l’Iran, ainsi qu’un entraînement à la guérilla.

Téhéran a toujours rejeté en bloc ces accusations, mais l’armée américaine a encore arrêté jeudi dans le nord de l’Irak un Iranien qu’elle accuse d’être un officier de la force Al-Qods, unité d’élite des Gardiens de la révolution iraniens.

Sous le commandement d’une cinquantaine de chefs aguerris, selon des sources américaines, les "groupes spéciaux" sont responsables d’une forte proportion des attaques contre les bases et les forces américaines.

Ils sont également capables d’audacieux coups de mains, comme une attaque contre un centre de commandement régional en janvier 2007 à Kerbala, au sud de Bagdad, qui s’est soldée par la mort de cinq soldats américains.

Les combattants des "groupes spéciaux" sont Irakiens, en majorité transfuges de la puissante milice chiite de l’armée du Mahdi du chef radical Moqtada Sadr, a expliqué l’un d’entre eux à l’AFP, sous couvert de l’anonymat. Ils agissent de façon autonome, en cellules cloisonnées.

"Il apparaît de plus en plus évident que l’Iran cherche à transformer ces milices irakiennes en une force semblable au Hezbollah, afin de servir ses intérêts et de mener une guerre par procuration contre l’Etat irakien et les forces de la coalition", a accusé récemment le général David Petraeus, plus haut gradé américain en Irak.

Il faisait référence au Hezbollah chiite libanais, né après l’invasion israélienne du Liban en 1982 et qui est devenu depuis, avec le soutien de l’Iran et de la Syrie, l’ennemi le plus redoutable de l’Etat hébreu.

Le général Petraeus dit avoir pris conscience de ce nouveau danger au début de l’année, et l’armée américaine est depuis engagée dans une lutte sans merci contre ces cellules secrètes.

Selon le commandement américain, les "groupes spéciaux" seraient un relais en Irak des Gardiens de la Révolution, la garde prétorienne de la théocratie iranienne, et de leur unité d’élite: la brigade Al-Qods.

Fin août, le général Rick Lynch, commandant pour la région centre d’Irak, estimait qu’une cinquantaine d’individus, "cibles de première importance", dont une trentaine ont été formés en Iran, dirigent ces cellules secrètes.

Selon lui, une vingtaine de conseillers iraniens de la brigade Al-Qods "transitent sur le champ de bataille mais ne restent pas sur place".

Les services américains assurent que cette armée de l’ombre reçoit un flot permanent d’armes sophistiquées et de munitions venues d’Iran. Al-Qods fournirait aussi aux "groupes spéciaux" jusqu’à trois millions de dollars par mois, selon des évaluations américaines, et enverrait les meilleures recrues irakiennes s’entraîner dans trois camps près de Téhéran, au rythme de 20 à 60 par mois.

En juillet, l’armée américaine a révélé avoir arrêté le 20 mars trois des leaders des "groupes spéciaux", dont l’Irakien Qaïs Khazzali et le Libanais Ali Moussa Daqdouq.

Daqdouq, cadre du Hezbollah, servait d’agent de liaison d’al-Qods pour l’Irak où il était en charge d’organiser les "groupes spéciaux" sur le modèle du Hezbollah et de superviser leur entraînement, selon les sources américaines.

Une vague d’arrestations a suivi la capture de Daqdouq et Khazzali, et de nouvelles opérations ont été menées en juillet et en août, qui se poursuivent à un rythme quasi-quotidien et se concentrent sur Bagdad.

Pour tenter de couper leurs lignes d’approvisionnement, les forces de la coalition ont renforcé leur présence dans les provinces frontalières de l’Iran, et dans la grande périphérie nord-est de Bagdad, sur les axes menant au bastion chiite de Sadr City.

 
 

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