vendredi, janvier 27, 2023
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« Je ne supporte pas qu’on vienne dire d’un résistant qu’il est un sectaire » (Avocat)

France 3, 16 octobre – Deux Iraniens sont jugés aujourd’hui pour provocation au suicide. Ils sont accusés d’avoir encouragé une militante des moudjahidine du peuple à s’immoler par le feu en 2003, dans la capitale. Cette femme était décédée des suites de ses blessures. Elle protestait à l’arrestation en France de dizaines d’opposants au régime de Téhéran, dont leur présidente Maryam Radjavi.

 

Cette torche humaine, c’est Marzieh Babakhani qui vient de s’immoler devant les locaux de la DST. Elle restera six mois dans le coma, elle va survivre à son acte. Mais sa mère et sa sœur, elles, ne le savent pas encore. Quand nous les rencontrons quelques semaines après l’immolation à Achraf, à 150 km au nord-est de Bagdad. Dans ce camp de l’armée de libération nationale, la branche armée de la résistance iranienne, ces deux femmes espèrent qu’elle ne mourra pas.

Mme Babkhani mère: « Je le dis avec des mots simples. J’ai la douleur dans le cœur, parce que je suis une mère. Je n’ai pas de larmes, mais au plus profond de moi, je pleure.

La sœur de Marzieh Babakhani : « je ne crois pas que l’immolation soit une réponse, si ma soeur la fait, c’est qu’elle était désespérée. »

Marzieh Babakhani, la voilà. Quatre ans après, cette femme souffre encore mais ne regrette rien. Pour cette fervente musulmane, parler de suicide est une insulte. Avant d’accomplir son geste, elle a surtout prié pour les siens tués par le régime de Téhéran.

Marzieh Babakhani : « A cet instant j’ai pensé à tous mes amis exécutés par le régime des mollahs, à mes deux frères qui ont été exécutés, à mon père qui a été torturé. J’ai pensé au combat de 30 ans de résistance piétinés par la police française, tout cela a défilé comme un film devant mes yeux. »

Aujourd’hui, Marzieh Babakhani est témoin au procès avec cet autre immolé, un allemand. C’est paradoxalement l’avocat des deux iraniens jugés pour provocation au suicide qui les a fait venir. L’accusation n’a pas estimé utile de les citer à comparaître.

Me Cohen-Seban : « Je ne supporte pas qu’on vienne dire d’un résistant qu’il est un sectaire, je ne supporte pas qu’on vienne dire de quelqu’un qui est courageux, qui a mis sa vie dans la balance, qu’il est un veau qu’on veut envoyer à l’abattoir. Parce venir dire qu’on l’a incité au suicide, c’est venir lui enlever son cerveau, c’est lui enlever son libre arbitre. »

L’affaire des immolés est jugée en ce moment au tribunal correctionnel de Paris. L’occasion pour la défense, d’évoquer l’affaire principale, celle de terrorisme, ayant motivé la rafle d’Auvers-sur-Oise en 2003.

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