Par Ahmed Al-Rabei
Asharq Alawsat (journal arabe), 29 janvier Le gouvernement iranien actuel souffre dune affection chronique : la conviction que lIran est une superpuissance et que des exercices militaires réussis signifient que lIran est capable de remporter une vraie guerre contre des opposants plus avancés dun point de vue capacité, efficacité et technologie ! Le problème avec lactuel gouvernement iranien est quil ne veut ni retenir les leçons du passé, ni tenir compte de limportance de la géographie.
Autre exemple : celui de la Révolution islamique dIran. Au lieu dessayer de résoudre le problème du chômage et de la pauvreté, les nouveaux révolutionnaires ont décidé à la place d « exporter la révolution », et ce processus a fini par provoquer des sentiments négatifs chez ses voisins.
Après tout, une révolution nest pas une denrée que lon importe mais la création dun nouveau régime qui devient un exemple pour dautres. Ce que les révolutionnaires ont fait à Téhéran était un désastre, et non un exemple ( )
Aujourdhui, le gouvernement iranien répète ce schéma, mais de manière plus provocatrice. LIran intervient activement au Liban, fait quils ne démentent pas. Ils sont les vrais instigateurs de la guerre et du chaos grâce à l « argent propre » (le financement du Hezbollah par lIran) quils se sont appropriés auprès de leurs pauvres.
Ils interviennent aussi dans les affaires irakiennes et palestiniennes. Ils sont impliqués dans des actes de violence au Yémen et sont actifs de façon écoeurante en Syrie, en Egypte, au Pakistan et dans dautres nations, pendant que chez eux, le chômage et la pauvreté saggravent et leurs revenus du pétrole partent dans le développement darmes nucléaires et la construction dun arsenal militaire.
Les Iraniens ne méritent pas une telle politique puérile et la région ne mérite pas non plus cette politique frivole. Les habitants du Golfe, du côté iranien et du côté arabe, ont besoin de paix, de stabilité et déchanges de marchandises, non déchanges de missiles, de prisonniers et de blessés, ce quils font depuis un grand nombre dannées.
LIran doit sarrêter pour réfléchir et raisonner. Crier des paroles vides de sens ne résoudra pas les problèmes de lIran et lillusion du succès hypothétique de cette politique doit cesser, pour le bien de la région et dans lintérêt des Iraniens qui paient le prix fort de ces aventures et de ces guerres depuis plusieurs années.
Ce quil faut, cest une certaine modestie, tout comme la prise de conscience de la capacité réelle de lIran. « Dieu préfère ceux qui connaissent leur propre capacité » ; cest ce que nous devons toujours
garder en mémoire !

