dimanche, novembre 27, 2022
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Iran : quand Chirac rectifie Chirac

NOUVELOBS.COM – "Où l’Iran enverrait-il cette bombe ? Sur Israël ? Elle n’aura pas fait 200 m dans l’atmosphère que Téhéran sera rasée.", déclare lundi le chef de l’Etat lundi au Nouvel Obs. Avant, le lendemain, de rectifier: "C’était un raccourci schématique, extrêmement schématique. Plus encore, c’est une formule que je retire."

Au cours d’une interview accordée lundi dernier 29 janvier au Nouvel Observateur, à l’International Herald Tribune et au New York Times sur la question écologique, puis d’une seconde rencontre le lendemain mardi, le chef de l’Etat a évoqué les ambitions nucléaires de l’Iran.

Alors qu’il plaide depuis longtemps pour une solution qui passe d’abord par le dialogue avec les autorités iraniennes, il avait ces dernières semaines durci le ton, semble-t-il, sous la pression des Etats-Unis. Son principal souci, dit-il, c’est d’éviter "la prolifération" et de voir les sanctions appliquées. Ce qui nous inquiète, précise-t-il, "c’est le refus de l’Iran d’accepter les contraintes de l’AIEA (Agence internationale de l’Energie atomique) et donc d’arrêter d’enrichir l’uranium. C’est dangereux, très dangereux". Sur cela, estime-t-il, "il faut faire très attention". Interrogé lundi 29 janvier, le chef de l’Etat notait que ce n’était pas tant le fait de posséder "une bombe nucléaire" qui serait "dangereux" – "une, peut-être une deuxième un peu plus tard, (…) qui ne lui servira à rien"… "Où l’Iran enverrait-il cette bombe ? Sur Israël ? Elle n’aura pas fait 200 mètres dans l’atmosphère que Téhéran sera rasée."
 
Un raccourci schématique
 
Mardi, le président a jugé nécessaire de revenir sur ces propos. "C’était, disait-il, un raccourci schématique, extrêmement schématique. Plus encore, a-t-il ajouté, c’est une formule que je retire." En revanche Jacques Chirac maintient que "si l’Iran possédait une bombe nucléaire et si elle était lancée, elle serait immédiatement détruite avant de quitter le ciel iranien. Il y aurait inévitablement des mesures de rétorsion et de coercition. C’est tout le système de la dissuasion nucléaire".

Ce "qui est très dangereux, martèle Chirac, c’est la prolifération".

Lundi, lors du premier entretien, le président jugeait "très tentant pour d’autres pays qui ont de gros moyens financiers dans cette région de se dire “eh bien, nous aussi on va se préparer au nucléaire militaire, on va aider d’autres à le faire”. Pourquoi l’Arabie Saoudite ne le ferait-elle pas à son tour ? Pourquoi n’aiderait-elle pas l’Egypte à le faire également ?".

Mardi, le président tenait à préciser que, en disant cela, il ne souhaitait pas pointer du doigt tel pays plutôt que tel autre. "D’autant qu’aucun de ce ces pays n’a manifesté la moindre volonté dans ce sens." Il prenait cependant toujours très au sérieux "une course aux armements dans la région au sens large".
 

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