NOUVELOBS.COM – "Où lIran enverrait-il cette bombe ? Sur Israël ? Elle naura pas fait 200 m dans latmosphère que Téhéran sera rasée.", déclare lundi le chef de l’Etat lundi au Nouvel Obs. Avant, le lendemain, de rectifier: "Cétait un raccourci schématique, extrêmement schématique. Plus encore, cest une formule que je retire."
Au cours d’une interview accordée lundi dernier 29 janvier au Nouvel Observateur, à lInternational Herald Tribune et au New York Times sur la question écologique, puis dune seconde rencontre le lendemain mardi, le chef de lEtat a évoqué les ambitions nucléaires de lIran.
Alors quil plaide depuis longtemps pour une solution qui passe dabord par le dialogue avec les autorités iraniennes, il avait ces dernières semaines durci le ton, semble-t-il, sous la pression des Etats-Unis. Son principal souci, dit-il, cest déviter "la prolifération" et de voir les sanctions appliquées. Ce qui nous inquiète, précise-t-il, "cest le refus de l’Iran d’accepter les contraintes de l’AIEA (Agence internationale de lEnergie atomique) et donc d’arrêter d’enrichir l’uranium. Cest dangereux, très dangereux". Sur cela, estime-t-il, "il faut faire très attention". Interrogé lundi 29 janvier, le chef de lEtat notait que ce nétait pas tant le fait de posséder "une bombe nucléaire" qui serait "dangereux" "une, peut-être une deuxième un peu plus tard, (
) qui ne lui servira à rien"
"Où lIran enverrait-il cette bombe ? Sur Israël ? Elle naura pas fait 200 mètres dans latmosphère que Téhéran sera rasée."
Un raccourci schématique
Mardi, le président a jugé nécessaire de revenir sur ces propos. "Cétait, disait-il, un raccourci schématique, extrêmement schématique. Plus encore, a-t-il ajouté, cest une formule que je retire." En revanche Jacques Chirac maintient que "si lIran possédait une bombe nucléaire et si elle était lancée, elle serait immédiatement détruite avant de quitter le ciel iranien. Il y aurait inévitablement des mesures de rétorsion et de coercition. Cest tout le système de la dissuasion nucléaire".
Ce "qui est très dangereux, martèle Chirac, cest la prolifération".
Lundi, lors du premier entretien, le président jugeait "très tentant pour dautres pays qui ont de gros moyens financiers dans cette région de se dire eh bien, nous aussi on va se préparer au nucléaire militaire, on va aider dautres à le faire. Pourquoi lArabie Saoudite ne le ferait-elle pas à son tour ? Pourquoi naiderait-elle pas lEgypte à le faire également ?".
Mardi, le président tenait à préciser que, en disant cela, il ne souhaitait pas pointer du doigt tel pays plutôt que tel autre. "Dautant quaucun de ce ces pays na manifesté la moindre volonté dans ce sens." Il prenait cependant toujours très au sérieux "une course aux armements dans la région au sens large".

