lundi, novembre 28, 2022
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Iran : Seule la résistance peut abattre le régime iranien (L’Unità)

Par Gabriel Bertinetto

 L’Unita, (Italie), 26 juillet – Interview – Maryam Radjavi, le leader de l’opposition en exil: L’Italie contribuera à faire en sorte que l’Union européenne retire les moudjahidin du peuple de la liste des groupes terroristes.

 

L’ennemi numéro un de Téhéran a le visage souriant de Maryam Rajavi, leader de la Résistance iranienne. Vêtue avec élégance de rose, la tête recouverte d’un foulard de la même couleur, elle reçoit dans un hôtel de Rome, entourée de ses collaborateurs. « L’Italie peut jouer un rôle important pour que l’Union européenne retire les Moudjahidine du peuple (OMPI) de la liste des organisations terroristes, dit-elle. L’action de la résistance est la clé pour enlever la plus grande menace existante aujourd’hui non seulement pour le peuple iranien mais aussi pour le monde entier : le régime des mollahs ».

Question : Mme Radjavi, l’OMPI demande à être retirée de la liste des groupes terroristes et de nombreux parlementaires italiens soutiennent cette demande. Comment expliquez-vous que tant de gouvernements, dont les États-Unis qui sont fortement hostiles à Téhéran, ne soient pas d’accord ?

Maryam Radjavi – L’étiquette de terroriste a été appliquée par l’occident à la demande des mollahs, comme une concession pour faciliter les négociations. Il s’agit d’un choix sans fondement juridique, et d’un point de vue politique une coquille vide, parce que l’Europe et les États-Unis qui l’ont adoptée uniquement pour plaire à Téhéran, savent que la stratégie de la complaisance a échoué.

Vous dites qu’aujourd’hui, toutes les tractations avec les autorités iraniennes ne servent à rien, mais vous vous opposez à toute option militaire souvent évoquée par les États-Unis. Et les sanctions, si le dialogue ne donne pas de résultats, vont-elles servir ?

MR – Oui, elles peuvent être efficaces. Jusqu’à présent, tous les contrats commerciaux entre des sociétés occidentales et l’Iran ont bénéficié au régime, tandis que 80% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Les sanctions pourraient créer des problèmes aux mollahs. « 

Vous voulez un changement en Iran qui ne peut s’obtenir qu’à l’intérieur du pays. Les réformateurs politiques peuvent-ils y contribuer ?

MR – Les réformateurs et les modérés sont un mirage. Pendant 15 ans, l’Occident a cultivé l’illusion qu’ils existaient. Il y a des factions dans le régime, mais elles sont unies pour la sauvegarde du pouvoir. Khatami est fini, Rafsandjani est fini. Et c’est Ahmadinejad qui a émergé.

Donc, pour vous, le changement viendra d’une confrontation frontale avec le régime. Elle sera violente ?

MR – Nous sommes optimistes sur le fait que le peuple trouvera une autre voie. Nous, par exemple, nous avons proposé un référendum sous contrôle international. Dans la société iranienne il existe une énergie potentielle verrouillée, prête à se libérée. Nous espérons que le régime n’étouffera pas cette énergie, mais nous savons que pour survivre il n’aura pas de scrupules à répandre encore du sang.

Ahmadinejad semble plus faible qu’il y a deux ans. Il y a une lutte entre les différentes factions du régime. Quel poids accorder à ces événements ?

MR – Il y a toujours eu une guerre interne, depuis le début. Mais vous parlez plutôt d’un nettoyage constant et de l’élimination de la frange qui cherche à se tailler une petite marge de manœuvre par rapport à l’ensemble. C’est un éclaircissage progressif de la base du régime qui dans sa totalité s’affaiblit progressivement dès qu’ils ont tendance à devenir toujours plus monolithique (…)

Vous avez un programme politique progressiste : la séparation entre la politique et la religion, l’application du principe démocratique « un homme, une voix », l’égalité des sexes, l’abolition de la peine capitale, mais vous êtes très isolés internationalement. Comment l’expliquez-vous ?

Les gouvernements qui continuent à nous étiqueter terroristes ne le font que par complaisance avec Téhéran. Au départ, ce fut un geste de bonne volonté de Clinton envers Khatami pour promouvoir un rapprochement entre les Etats-Unis et l’Iran. Mais dans de nombreux pays, comme l’Italie, et même les États-Unis, de nombreux parlementaires ont signé des déclarations de soutien en notre faveur.

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