dimanche, décembre 4, 2022
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Iran : Radjavi et la stratégie de la Résistance iranienne (Il Messagero)

Par Sergio Talamo

Maryam RadjaviIl Messagero, (Italie) 25 juillet – Deux yeux lumineux qui ne parlent pas de guerre, ni de douleur, ni du risque de mourir à tout moment. L'esprit tend vers la noblesse de l'ancienne perse, mais avec cette différence qu’en étant loin de sa terre, Maryam Radjavi tient dans la main un trésor. La conviction de n’être jamais seule.

 

Loin de sa terre, l’Iran où l'homme est un esclave au nom de Dieu, la dirigeante du Conseil national de la Résistance iranienne (un véritable parlement en exil qui opère à Paris) avance dans le monde avec une nation qui attend et espère en elle. C’est un peuple lancé vers l'avenir, plein de jeunes – l'âge moyen est de 26 ans – et beaucoup de femmes persécutées pour le simple fait d’être femme : montrer ses cheveux, chanter, danser, ou se promener seule. «L'Iran diabolise l’amour parce qu’il ne le connaît pas », dit l'écrivain iranienne Azar Nafisi.

Maryam, gracieuse et combattante, raconte comment sera l'Iran de demain dans lequel les femmes seront libres comme l'eau qui court la montagne et parle d’un parlement en exil composé de plus de femmes que d'hommes.

Chaque dictature réprime la liberté de pensée, mais seule la théocratie, « le régime fasciste islamique» comme l'appelle Maryam, organise la répression systématique d’un genre humain : immobiliser la femme pour rendre les hommes plus pauvres, plus tristes, juste bons à être des soldats d’une mythologie religieuse, qui l’emprisonnent parce qu’ils ont peur d’elle, "comme un homme impuissant tient dans ses chaînes sa jolie femme" (Azar Nafisi)

«Pourquoi portez-vous toujours le voile, Mme Radjavi ? », lui ai-je demandé, intrigué par ce tissus controversé qui lui entoure le visage. « Parce que je suis musulmane et je crois que chaque femme devrait s'habiller comme elle le souhaite : imposer de s'habiller d'une certaine manière est contraire à l'islam. »

Deux mots, deux concepts comme le sable dans le vent : le désir quasi farouche de rester jusqu’au bout musulmane, avec la volonté véhémente de décliner l'islam comme la liberté et le respect des droits de l'homme. Je la regarde et je pense à son histoire de jeune fille de la bourgeoisie de Téhéran décrochant un diplôme d’ingénieur et qui a commencé à lutter contre le chah, qui lui a tué une sœur, puis contre l'ayatollah, qui lui a tué une autre sœur, enceinte, après l’avoir torturée. C’est l'histoire d'une révolution ratée, le symbole d'une illusion, pour faire partir un monarque ami des États-Unis afin d’entrer dans une ère nouvelle : les jeunes qui ont rêvé de démocratie se sont brisé le nez contre le pouvoir religieux et huit ans de guerre avec l'Irak. « Madame, la société iranienne a-t-elle la force de croire en une nouvelle révolution ? ». Un regard toujours confiant, radieux, ouvert sur l’avenir : « C'est le régime lui-même qui dit que 90 % de la population sont contre les mollahs».

Maryam Radjavi pense que le climat est en train de changer. Après le Royaume-Uni, qui a levé les obstacles, la France, la Belgique et l'Italie décident aussi de supprimer les Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) de la liste des organisations terroristes. Maintenir la résistance iranienne sur le mur de l'infamie était la conséquence de la complaisance et d’un mauvais calcul : la complaisance de ne pas s’immiscer dans les affaires d’une puissance du Moyen-Orient (la position de Paris pue du pétrole », a déclaré un député français) et le calcul de faire plier l'Iran, son nucléaire et ses missiles pointés sur Israël avec des sanctions et des menaces de guerre.

"La formule ‘le dialogue ou la guerre’ n’est qu’une tromperie», dit Maryam Radjavi, et c’est le seul moment où elle élève la voix. « Il existe une troisième voie possible : le changement démocratique de la société iranienne par le biais du peuple et de la résistance."

La petite femme au doux visage qui porte le poids de la torture, les mutilations, de 120.000 morts parce qu’ils étaient accusés d’opposition, semble vraiment heureuse de rencontrer le monde occidental, pouvant parler de la menace de Téhéran avec des politiques et diplomates.

Maryam ne semble pas être mise en peine par la faiblesse, l'hypocrisie et les incertitudes d'une communauté de pays qui traitent avec Ahmadinejad avec la même légèreté que les démocraties européennes traitaient avec Hitler : « La menace du régime iranien ne nous concerne pas seulement à nous, elle concerne aussi le monde entier. »

Et ce type qui commande à Téhéran, ce petit jeune qui cloue le reste de la planète avec sa barbiche et son air inoffensif auréolé de louanges, elle ne l'appelle jamais « le président de l'Iran» mais seulement «le président des mollahs». Pour elle, pour Maryam, gracieuse et combattante, le véritable Iran est un rêve encore à venir.

 

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