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Vous incarnez cette Iran Libre – Christine Arrighi

Vous incarnez cette Iran Libre - Christine Arrighi
La députée de la Haute Garonne, Christine Arrighi qui préside le Comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID) s’est exprimée lors du Sommet mondial « Iran libre » 2026, le 20 juin 2026.
PARIS — Dans une allocution émouvante, la députée de la Haute-Garonne, Christine Arrighi qui préside le Comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID) a vivement critiqué la décision du gouvernement français d’interdire la manifestation du 20 Juin contre les exécutions en Iran. Elle s’exprimait lors du Sommet mondial « Iran libre » 2026, le 20 juin 2026.  Mme Arrighi qui s’exprimait au nom de tous les comités de différents parlements en Europe et en Amérique du Nord qui soutiennent le peuple iranien et sa résistance, a souligné qu’au lieu de renouer diplomatiquement avec le régime des mollahs, la France doit renouer les liens avec ceux et celles qui ont fait front commun face à ce régime sanguinaire.
Voici l’intrégalité de son discours :
« Au-delà de mes fonctions de députée française et présidente du comité parlementaire pour un Iran démocratique, si j’ai l’immense honneur de m’adresser à vous aujourd’hui, c’est au nom de tous les comités frères et sœurs de différents parlements en Europe et en Amérique du Nord qui ont leurs représentants ici.
Nous parlons des langues différentes et nous avons certainement,  des sensibilités politiques diverses. Mais nous avons toutes et tous en commun de nous être consacrés chacun et chacune dans son pays; à la libération du peuple iranien du joug d’une dictature religieuse impitoyable, impitoyable! Un peuple qui subit depuis tant d’années les affres d’une répression sanguinaire et de la guerre.
Nous avons toutes et tous en commun d’œuvrer pour l’établissement d’une république laïque et démocratique en Iran. Avec un intérêt particulier pour le rôle des femmes dans le leadership politique, une des raisons également de mon adhésion au comité parlementaire pour un Iran démocratique.
À l’heure où la complexe question iranienne est dans une impasse internationale et ne trouve aucune réelle solution dans le conflit interminable entre le régime des mollahs et les grandes puissances de tout bord, cette immense manifestation ne saurait mieux démontrer que le peuple iranien a son mot à dire. Ce sont ces mots que nous entendons depuis l’Iran à travers les exécutions des valeureux militants des unités de la résistance et des jeunes insurgés arrêtés après l’affreux massacre de janvier dernier qui nous a tous effarés. Ces mots, c’est non à la guerre, c’est non à la complaisance et aux interminables négociations sans cesse considérées – et la dernière le sera également.

Mais oui au soulèvement, oui à la libération du peuple iranien appuyé par sa résistance indépendante pour renverser ce régime brutal. C’est ce que Maryam Radjavi n’a cessé de déclarer depuis plus de 20 ans, et que nous tous, les comités parlementaires, avons soutenu pour porter votre parole aux décideurs politiques de nos pays. C’est pour ces raisons, nous avons soutenu son plan en 10 points pour un Iran libre.
Votre manifestation est avant tout une incarnation de l’espoir que le peuple, uni dans sa diversité, porte dans un front commun de solidarité pour le renversement de toutes les formes de dictature et le rétablissement d’une république démocratique et laïque. C’est ce que nous soutenons avec force dans nos rangs et dans les rangs des différents groupes politiques à l’Assemblée nationale française et dans tous les parlements du monde entier.
Alors aujourd’hui réunis ici à Paris par dizaines de milliers, vous incarnez cet Iran libre. Alors continuons d’agir pour effacer les ténèbres des mollahs et qu’advienne un futur lumineux pour les enfants de la patrie Iran.
J’ai mal à ma France
Ces mots, ces mots, je devais les prononcer aujourd’hui place Vauban. Mais comme vous le savez, cette manifestation était interdite. Alors je vous le dis, j’ai mal à ma France. J’ai mal à ma France. Ma France patrie des droits de l’Homme. J’ai mal à ma France qui porte sur le fronton de toutes ses mairies ces trois mots : Liberté, Égalité, Fraternité. Ces trois mots pour lesquels depuis des années le peuple iranien se bat et que nous devrions, aujourd’hui,soutenir plus que jamais.
Alors on nous dit que cette manifestation est interdite pour raison de trouble à l’ordre public. J’ai participé il y a deux ans à une manifestation joyeuse dans les rues de Paris sans qu’à aucun moment donné il n’était fait état de possibilité de trouble à l’ordre public. Il y a eu il n’y a pas longtemps une manifestation à Berlin qui a démontré que les Iraniens et les Iraniennes combattants qui cherchent à pousser vers le dehors le régime des mollahs peuvent se réunir sans qu’il y ait de trouble à l’ordre public.
Alors d’où vient ces mots ont en fait justifié l’arrêté du préfet de police. C’est la question que je pose au gouvernement français aujourd’hui et c’est la question que je vais leur poser. Parce qu’en effet, alors même que ces discussions sont engagées depuis plus de deux mois, que le parcours a été défini, puis redéfini, puis accompagné, puis négocié, puis dans l’attente d’un dernier récépissé, arrive l’interdiction.

Et nous apprenons par voie de presse que quelques instants avant, le ministre des Affaires étrangères français s’est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères iranien et le Quai d’Orsay dit ces mots : « Nous n’avons jamais demandé l’interdiction de cette manifestation ».
Mais bien sûr, encore heureux Jean-Noël Barrot que vous n’ayez pas demandé l’interdiction de cette manifestation. Vous ne l’avez pas demandé parce que ce sont les Iraniens qui l’ont demandé. C’est les mollahs qui l’ont demandé mais vous, l’avez décidé.
Et franchement, aujourd’hui dans la situation dans laquelle se trouve le peuple iranien, interdire une telle manifestation pour soutenir ce peuple que les mollahs veulent briser en Iran, c’est véritablement à la fois humainement et je le dire diplomatiquement irresponsable.
Parce que la France devra renouer des liens diplomatiques avec l’Iran. Et il est évident que ce n’est pas avec le régime des mollahs que la France va devoir renouer des liens diplomatiques, quand bien même la guerre s’arrête. La France devra nouer et porter et aider toutes celles et ceux qui réunis il n’y a pas très longtemps à l’Assemblée nationale, bien que eux-mêmes ne parlant pas forcément la même langue, ne défendant pas forcément les mêmes valeurs, se sont réunis malgré leurs différences, se sont réunis pour faire front commun face à ce régime sanguinaire.
Alors la France, ma patrie, va devoir regarder autrement et va de toute façon devoir s’incliner face à la résistance en œuvre et toutes celles et ceux qui sont là et qui l’incarnent parce que demain, après-demain, en tout état de cause, c’est vous qui serez au pouvoir.
Alors je dis demain, après-demain, mais en réalité je pense que c’est dès aujourd’hui vous y êtes déjà. Et c’est parce que vous y êtes déjà, que le régime des mollahs le sait, que dans sa fébrilité face à un gouvernement faible – je le dis, et je pèse mes mots – a essayé et essaie d’interdire toutes vos manifestations.
Donc soyez-en assurés, je le sais au fond de moi-même, vous êtes au pouvoir, et que bientôt on pourra vous accompagner et vous pourrez nous recevoir en Iran. Je vous remercie. »