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Le séminaire de Qom, en Iran, revient sur 50 ans de lutte contre l’OMPI et révèle l’inquiétude face à un ennemi en constante évolution

Le séminaire de Qom, en Iran, revient sur 50 ans de lutte contre l'OMPI et révèle l'inquiétude face à un ennemi en constante évolution
À Téhéran, des membres des Unités de résistance dirigées par l’OMPI portent le drapeau de l’Armée nationale de libération d’Iran – 20 février 2026

Dans le paysage médiatique étroitement contrôlé de la dictature cléricale, les rétrospectives officielles sont rarement de simples leçons d’histoire. Ce sont des signaux soigneusement élaborés qui reflètent les angoisses immédiates des religieux au pouvoir. Un papier par Hawzah News, l’agence officielle du séminaire de Qom, offre un aperçu révélateur de cette posture défensive. Fait notable, au lieu d’employer le terme péjoratif habituel du régime, « Monafeqin » (hypocrites), le rapport utilise le nom officiel : l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI). Loin d’être une simple condamnation, ce long traité constitue un aveu flagrant de la vulnérabilité actuelle du régime et de sa conscience aiguë de l’adaptation stratégique constante de la Résistance aux circonstances et aux contextes géographiques changeants depuis près d’un demi-siècle.

Pour comprendre le moment choisi et les raisons de cette analyse de l’évolution de la Résistance iranienne, il est indispensable d’examiner les crises sans précédent qui secouent Téhéran. Le pouvoir clérical est actuellement confronté à une situation extrêmement difficile : un effondrement économique paralysant, de profondes luttes intestines au sein de l’élite radicale et un moral au plus bas parmi sa base de fidèles, autrefois inébranlable. La crainte permanente d’un soulèvement national imminent plane sur le cercle restreint du Guide suprême. En ces temps désespérés, le régime ressent le besoin existentiel d’expliquer son adversaire le plus organisé à une base électorale fracturée qui perd rapidement confiance. Pour ce faire, il doit reconnaître la sophistication de la menace.

Hawza News retrace l’histoire de l’OMPI, de ses premières opérations urbaines après la révolution de 1979 à la mise en place d’une force militaire classique, puis à son passage à une campagne moderne et multiforme. Si les propagandistes du régime tentent de présenter cette histoire avec leur hostilité habituelle, le texte révèle involontairement une peur profonde de l’agilité de l’opposition. Reconnaissant la puissance tactique moderne de l’OMPI, la publication du séminaire de Qom observe que la stratégie de la Résistance s’est transformée en « un modèle combinant activités politiques, militaires, de renseignement et cybernétiques, ainsi qu’en exploitant les troubles internes ».

Les aveux les plus frappants du rapport concernent l’impact intérieur des « Unités de Résistance » de l’OMPI. Le régime abandonne son attitude habituellement méprisante pour affirmer clairement l’impact social profond de ces réseaux sur le terrain. Reconnaissant leur efficacité, les médias d’État écrivent : « Il convient de mentionner que ces unités ont toujours joué un rôle majeur dans les manifestations nationales.»

Cette reconnaissance est particulièrement significative au regard de l’expansion des activités des Unités de Résistance et, surtout, du rôle décisif qui leur est attribué lors des soulèvements nationaux successifs. Malgré les vagues d’arrestations, les lourdes peines de prison et les exécutions destinées à intimider la jeune génération et à la dissuader de rejoindre ou de soutenir ces réseaux, le nombre et l’influence des Unités de Résistance n’ont cessé de croître. La campagne répressive du régime semble avoir produit l’effet inverse de celui escompté, tandis que ses propres médias sont désormais contraints, dans le langage caractéristique du régime, de reconnaître l’influence et la portée opérationnelle de ces réseaux. Un tel aveu est révélateur : il témoigne de l’inquiétude croissante des autorités face à la présence grandissante de ce qu’elles considèrent comme leur principale force d’opposition organisée à l’intérieur du pays.

« Les activités attribuées à ces unités s’étendaient au-delà des opérations sur le terrain pour englober la sécurité, la cybersécurité et les médias », indique le rapport. « Le groupe de pirates informatiques « Uprising till Overthrow », affilié à l’organisation, a notamment revendiqué la cyberattaque du 7 mai 2023 contre les serveurs du ministère des Affaires étrangères, entraînant la fuite de documents classifiés. » Le rapport conclut donc que la stratégie de l’OMPI a évolué, passant de la guerre conventionnelle des années 1980 et des assassinats urbains des années 1990 à un « modèle combiné » englobant les opérations politiques, militaires, de renseignement et cybernétiques, ainsi que l’exploitation des troubles sociaux.

Par ailleurs, la publication de ce rapport coïncide avec des conflits régionaux instables, incitant les médias d’État à examiner comment l’organisation adapte son approche en fonction des circonstances et des zones géographiques. Reconnaissant cette évolution constante, le rapport de Hawza News note : L’analyse de l’évolution des activités de combat de l’OMPI, de la fin de la « guerre imposée » (guerre contre l’Irak) à la « guerre du Ramadan » (guerre de 40 jours contre Israël et les États-Unis), révèle que, loin d’adopter une méthode de lutte unique et figée, l’organisation a toujours cherché à adapter sa stratégie aux développements politiques, sécuritaires et régionaux.

Soulignant le positionnement stratégique de la Résistance lors des récents conflits au Moyen-Orient, le rapport ajoute : « L’organisation a tenté de présenter la guerre non comme une action étrangère contre l’Iran, mais comme un signe de la faiblesse du gouvernement et une occasion de mobiliser les forces d’opposition. »

Le régime reconnaît par ailleurs la sophistication de cette approche : « En évitant de soutenir ouvertement les opérations militaires étrangères, l’organisation a tenté de se présenter comme un mouvement indépendant qui considère le changement de régime non comme le produit d’une attaque étrangère, mais comme le résultat de l’activité de la « résistance organisée ». » En publiant ces mots exacts, Téhéran révèle sa frustration face à un adversaire qui refuse de tomber dans les pièges géopolitiques prévisibles, préférant exploiter les développements régionaux pour frapper la dictature cléricale.

Pour une partie désabusée et majoritairement iranienne, l’obsession du régime pour un ennemi supposément vaincu ne fait que confirmer la pertinence et la capacité organisationnelle de l’OMPI. Si l’opposition était véritablement neutralisée, le centre névralgique religieux de Qom ne consacrerait pas autant de ressources à analyser chacun de ses mouvements et à fournir autant d’explications à son auditoire.

Plus important encore, pour la base loyale du régime – les Gardiens de la révolution, la milice Bassidj et les religieux eux-mêmes – ce récit sonne comme un cri de ralliement urgent et paniqué. En illustrant la nature multiforme des opérations de l’OMPI et en citant les succès stratégiques de l’opposition, l’État tente de sortir ses rangs démoralisés de leur torpeur. C’est un appel désespéré à l’unité face à un adversaire qui, de l’aveu même du régime, a su s’adapter à tous les obstacles stratégiques qui se sont dressés sur son chemin au cours des quarante dernières années. En fin de compte, la décision de Téhéran d’étudier le long combat de son principal rival révèle un pouvoir en déclin, terrifié par son propre pouvoir. Le destin ultime, lire l’écriture sur le mur en temps réel.