
Intervenant lors du Sommet mondial « Iran libre 2026 » à Paris le 21 juin, l’ancien secrétaire d’État adjoint américain aux affaires politico-militaires, l’ambassadeur Lincoln Bloomfield, a vivement critiqué la diplomatie occidentale, appelant à mettre fin immédiatement à la politique de complaisance envers Téhéran. L’ambassadeur Bloomfield a évoqué l’annulation récente du rassemblement des opposants iraniens à Paris en raison d’une alerte à la bombe, soulignant l’ironie du fait que le régime complote régulièrement des attentats terroristes meurtriers en Europe — comme le complot de Villepinte en 2018 — sans se soucier des accords nucléaires en cours. Il a également critiqué les médias et les gouvernements occidentaux pour avoir, par le passé, relayé sans discernement les faux récits fabriqués par Téhéran afin de diaboliser l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) et le CNRI, simplement pour maintenir ouverts les canaux diplomatiques avec Téhéran.
L’ambassadeur Bloomfield a soutenu que la dictature cléricale, en place depuis 47 ans, touche à sa fin, laissant derrière elle un « cercle de terroristes chevronnés » qui devraient être poursuivis en justice pour leurs campagnes de terreur mondiale et leurs massacres internes, notamment l’exécution de 30 000 prisonniers politiques en 1988. Il a exhorté Washington, Londres, Paris et Berlin à cesser de craindre cette junte non élue et à concentrer plutôt leurs efforts politiques sur le soutien aux 92 millions de citoyens iraniens. Plus précisément, il a appelé les nations occidentales à fournir des moyens de communication essentiels pour aider la population locale à contourner les coupures d’Internet imposées par le régime. L’ambassadeur Bloomfield a conclu en exhortant les dirigeants internationaux à ouvrir officiellement un dialogue avec Maryam Radjavi, soulignant que son plan en dix points pour un Iran démocratique, laïc et non nucléaire bénéficie déjà du soutien d’une majorité parlementaire dans 34 pays.
Voici le texte intégral du discours de l’ambassadeur Lincoln Bloomfield :
Bonjour à tous. Je salue Mme Radjavi, les membres et sympathisants du CNRI, les membres des Moudjahidines du peuple en Albanie, les Iraniens de la diaspora, les amis de la résistance organisée ainsi que les courageux partisans de la résistance à travers tout l’Iran.
Permettez-moi de dire quelques mots sur la salle où nous sommes réunis. Elle a été construite il y a quelques années, lorsqu’un autre rassemblement à Paris avait été annulé par les autorités. C’est un lieu où les membres de la résistance et leurs amis peuvent se retrouver dans une atmosphère de confiance et de bienveillance.
C’est un endroit où l’on s’exprime en toute vérité sur la situation en Iran, et une tribune à partir de laquelle nos messages peuvent atteindre le peuple iranien. Dans cette salle, nous entendons non seulement des hommes, mais aussi des femmes — des figures de proue venues de nombreux pays — partager leurs analyses et leurs priorités pour l’avenir.
Voir une organisation d’une grande efficacité et de portée mondiale, dirigée à tous les niveaux par des femmes musulmanes et soutenue par les hommes de la résistance ; voir Mme Maryam Radjavi mener des centaines de discussions sur l’Iran en compagnie d’anciens chefs de gouvernement, de commandants de nos grandes alliances militaires, de diplomates et de législateurs éminents venus de tous horizons : c’est un spectacle magnifique, porteur d’un immense espoir.
Et, mes amis, c’est un lieu où la résistance et ses partisans peuvent se réunir en toute sécurité. Il est de notoriété publique que les agents du régime de Téhéran traquent, depuis 47 ans, les membres et sympathisants des Moudjahidines du peuple et du CNRI. Les membres de la résistance ne forment pas une secte ; ils vivent ensemble, dans des lieux sûrs, pour échapper aux tueurs de Téhéran.
Il a été troublant d’apprendre hier, par la justice française, que le rassemblement avait été interdit en raison d’une alerte à la bombe reçue par la police. Comment oublier qu’en 2018, des agents du ministère iranien du Renseignement et de la Sécurité ont été arrêtés et condamnés à 22 ans de prison pour avoir planifié un attentat à la bombe contre le rassemblement de la résistance à Villepinte ? Pourtant, un fait semble avoir échappé à l’attention des deux bords politiques à Washington : le régime de Téhéran a passé des mois à planifier un attentat terroriste meurtrier au cœur de l’Europe alors que l’accord sur le nucléaire (le JCPOA) était encore pleinement en vigueur – avant que le président Trump ne retire les États-Unis de cet accord. Il n’y a aucune gloire partisane à tirer, à Washington, de 47 années de tentatives infructueuses pour réformer le régime le plus réfractaire à l’État de droit au monde.
Selon le tribunal français, le rapport de police attribuait cette menace terroriste à des vestiges du redoutable service de sécurité SAVAK, datant du régime des Pahlavi — une monarchie corrompue et brutale chassée par le peuple iranien il y a un demi-siècle, pour ne plus jamais revenir. Reste à voir si les autorités françaises mèneront une enquête et tiendront pour responsables tous ceux qui ont orchestré ce crime.
Aux côtés de nombreux compatriotes américains qui soutiennent le CNRI et le plan en dix points de Mme Radjavi pour l’avenir de l’Iran, j’ai cosigné une lettre concernant la situation actuelle en Iran. Nous soutenons nos courageuses forces armées qui cherchent à nous protéger des menaces émanant de l’Iran. Nous espérons que la diplomatie permettra d’atteindre les objectifs de sécurité que nous partageons tous.
Toutefois, si l’on en croit les enseignements de ces 47 dernières années, il est peu probable que les terroristes non élus qui se présentent aujourd’hui comme le gouvernement de l’Iran s’engagent sur la voie des réformes préconisée par le vice-président américain.
Comme le souligne la lettre américaine, il existe une alternative politique encore accessible aux États-Unis — et, de fait, à tous les gouvernements occidentaux — ; une alternative qui, depuis plus de vingt ans, prône un Iran dénucléarisé ne représentant aucune menace pour la paix mondiale.
Nous savons pourquoi Washington, Londres, Paris, Berlin et d’autres capitales ont évité tout engagement diplomatique avec le CNRI en tant qu’organisation politique iranienne reconnue. C’est parce que Téhéran a exigé avec insistance que l’Occident qualifie le MEK et le CNRI d’organisations terroristes, empêchant ainsi leur message de liberté de recueillir un soutien officiel.
L’Occident a cédé à ces exigences à partir du milieu des années 1990 ; rapidement, des responsables ont commencé à répéter — et ont fini par croire — des récits fallacieux élaborés à Téhéran pour discréditer la résistance. Cette politique de complaisance était le prix exigé par Téhéran pour toute discussion concernant la libération d’otages ou la limitation de son programme d’enrichissement nucléaire.
La BBC, le New York Times, Bild et d’autres grands médias savaient que leurs journalistes ne pourraient ni entrer en Iran, ni être certains d’en ressortir, s’ils disaient la vérité sur la résistance organisée.
Mais aujourd’hui, ce cauchemar de 47 ans touche à sa fin. Le rêve de Khomeini d’un royaume chiite médiéval s’étendant de Kerbala à Qods s’est évanoui. Il ne reste à Téhéran qu’un cercle de terroristes chevronnés tentant désespérément de se maintenir au pouvoir ; des individus qui devraient être poursuivis en justice pour leur rôle dans des attentats terroristes — de Beyrouth à Berlin en passant par Buenos Aires — ainsi que pour les massacres de leurs propres citoyens.
Je pose donc la question à Washington, Londres, Berlin et Paris : craignez-vous toujours de froisser cette junte non élue en engageant un dialogue sérieux avec la résistance iranienne organisée ? La réponse doit être « non » : nous n’avons pas peur. Il est temps de concentrer tous nos efforts politiques sur le soutien aux 92 millions de citoyens iraniens. De quoi ont-ils besoin ? Ils ont besoin de moyens de communication pour échapper au black-out imposé par le régime sur Internet.
Ils ont besoin d’entendre la vérité sur les atrocités et le génocide perpétrés par le régime tout au long des années 1980, sur le crime massif contre l’humanité que fut l’exécution de près de 30 000 prisonniers politiques en 1988, ainsi que sur des années d’attaques terroristes, de guerre hybride, de cyberattaques, de prises d’otages, d’assassinats, de menaces de meurtres commandités et d’activités d’agents d’influence infiltrés dans le monde entier — le tout financé par les ressources pétrolières et gazières qui auraient dû servir les intérêts du peuple iranien.
Il est temps pour l’Occident de tourner le dos à ce régime malveillant et d’ouvrir la voie au dialogue avec Mme Maryam Radjavi, dont le plan en dix points bénéficie déjà du soutien d’une majorité parlementaire dans 34 pays, y compris à la Chambre des représentants des États-Unis.
Depuis cette tribune, portons un message qui donnera de la force au peuple iranien. Pas de peur, pas de politique de complaisance, pas de compromis sur nos principes fondamentaux. Il est temps de faire entendre la voix de la résistance organisée à travers le monde.
Ainsi, notre message est : OUI au plan en dix points, OUI à la révélation de la vérité, OUI au dialogue avec le CNRI, OUI au soutien du juste combat du peuple iranien pour des droits que nous considérons comme universels, et OUI à un Iran libre.

