
Lors de la deuxième journée du Sommet mondial « Iran libre 2026 » à Paris, le 21 juin, l’ancien Premier ministre islandais Geir Haarde a condamné la politique de complaisance occidentales à l’égard de Téhéran et a exprimé un soutien à l’opposition iranienne. M. Haarde a également critiqué les autorités françaises pour avoir entravé le rassemblement des opposants iraniens à Paris, déclarant que de telles actions ne feraient que renforcer la détermination de la Résistance iranienne.
Voici des extraits du discours de Geir Haarde :
Chère Madame Radjavi, Mesdames et Messieurs, amis présents dans cette salle et ailleurs, c’est un grand honneur d’être à nouveau parmi vous.
Je tiens à préciser que je ne suis arrivé qu’aujourd’hui ; j’ai donc manqué les événements survenus hier dans le centre de Paris, lorsque le rassemblement a été annulé. Toutefois, j’ai été profondément déçu et choqué d’apprendre ce qui s’est passé et de voir comment les autorités françaises ont agi.
Mais permettez-moi de vous dire une chose : ce type de comportement de la part des autorités françaises — et de tout autre pays choisissant d’agir ainsi — ne fera que renforcer la détermination des personnes présentes dans cette salle et celle de la Résistance iranienne dans son ensemble.
Depuis des années, nombre d’entre nous participent à ces conférences pour alerter le monde sur la véritable nature du régime de Téhéran.
Nous avons soutenu qu’un système fondé sur la terreur, dépourvu de la moindre légitimité populaire, ne pouvait se maintenir indéfiniment. Aujourd’hui, nous voyons cette effondrement structurel se produire sous nos yeux, comme l’ont souligné d’autres intervenants.
Face à une crise existentielle majeure, les mollahs ont agi comme ils le font toujours : ils ont intensifié leur brutalité.
La vague effroyable d’exécutions observée depuis la fin du mois de mars — incluant la pendaison ciblée de dizaines de prisonniers politiques et de membres courageux de l’OMPI — ne témoigne pas d’une démonstration de force. C’est l’aveu ultime de la peur, comme l’ont dit plus tôt Ingrid Betancourt, David Jones et d’autres.
Les gouvernements sûrs d’eux ne gouvernent pas par la potence. Les mollahs sont terrifiés car les soulèvements persistants à travers l’Iran ne sont plus de simples protestations isolées. Ils représentent un rejet durable, profond et irréversible de toute cette dictature corrompue ; et, bien entendu, ce régime finira par tomber et le CNRI l’emportera.
Pendant des décennies, les dirigeants occidentaux ont mené une politique d’apaisement profondément erronée, offrant imprudemment des bouées de sauvetage au régime tout en ignorant le peuple iranien et sa résistance organisée.
Pire encore, ils ont cru au mensonge favori du régime selon lequel il n’existe aucune alternative viable et que tout changement ne mènerait qu’au chaos. Alors que le régime s’effondre sous le poids de sa propre corruption et des récents bouleversements géopolitiques, le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) a démontré au monde qu’une transition démocratique ne serait pas source d’instabilité. Au contraire, c’est la seule voie vers la paix.
Grâce au cadre provisoire structuré du CNRI, la vision d’une république libre, démocratique et laïque ne relève pas de la simple théorie. Elle est concrète. Elle est prête. Et c’est une réalité qui n’attend qu’à se concrétiser, Mesdames et Messieurs.
Le peuple iranien a exprimé sa volonté avec une clarté absolue dans la rue. Il rejette toute forme de tyrannie, et il a raison de le faire.
Il ne retournera pas à la dictature du Shah, pas plus qu’il ne restera pris au piège sous la botte des mollahs.
C’est pourquoi le peuple iranien se tourne vers l’avenir. Son droit à l’autodétermination doit être absolu.
Et nous savons qu’il existe un plan pour cet avenir. Il s’agit du plan en dix points de Madame Rajavi, qui offre une voie claire et cohérente, fondée sur les valeurs mêmes que nous chérissons dans nos propres démocraties — d’autres les ont énumérées, je ne le ferai donc pas.
Mais l’un des points les plus importants, bien entendu, est la garantie d’un Iran sans armes nucléaires à l’avenir.
Soyons donc directs : il n’y a pas d’autre alternative. Ceux qui, en Occident, ne le comprennent pas encore se placent du mauvais côté de l’histoire.
L’extraordinaire courage du peuple iranien exige bien plus qu’une simple admiration passive de notre part. Il exige une lucidité absolue, de la cohérence et un soutien indéfectible.
La lutte a été longue, mais la lumière au bout du tunnel est plus proche que jamais, comme d’autres l’ont déjà souligné.
Soutenons le peuple iranien jusqu’à ce qu’il reconquière sa liberté et sa patrie. Ce jour approche. Merci.

