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L’après-guerre masque une crise interne qui s’aggrave en Iran, écrit Franz Josef Jung dans RealClearDefense

L’après-guerre masque une crise interne qui s’aggrave en Iran, écrit Franz Josef Jung dans RealClearDefense
Des Iraniens épris de liberté et des partisans du CNRI tiennent un grand rassemblement à Berlin, le 7 février 2026

Dans un article publié par RealClearDefense, l’ancien ministre allemand de la Défense Franz Josef Jung affirme que les gouvernements occidentaux continuent de mal interpréter la résilience du régime iranien, avertissant que la survie de Téhéran après le récent conflit militaire ne doit pas être confondue avec un regain de force.

Écrivant dans RealClearDefense sous le titre « L’Iran n’est pas une crise sans solution », Jung soutient que la politique occidentale à l’égard de l’Iran est depuis longtemps prisonnière de deux approches vouées à l’échec : l’apaisement et la confrontation militaire. Selon lui, ni les négociations destinées à modifier le comportement du régime ni le conflit armé n’ont réussi à résoudre la crise fondamentale entourant la République islamique.

Jung affirme que malgré les efforts de Téhéran pour se présenter comme renforcé par sa survie à la récente guerre, le régime fait face à ce qu’il décrit comme sa plus profonde crise de légitimité depuis son arrivée au pouvoir. Il souligne une combinaison de déclin économique, de dépréciation monétaire, de corruption, de pénuries d’eau et d’énergie, de chômage et de mécontentement social généralisé comme preuve que les causes fondamentales des récents soulèvements nationaux demeurent non résolues.

L’ancien ministre allemand rejette les affirmations selon lesquelles le régime serait sorti renforcé du conflit simplement parce qu’il a évité l’effondrement. Au contraire, il soutient que la guerre a révélé et aggravé des vulnérabilités déjà existantes, notamment les conflits entre factions internes, les tensions liées à la succession et les pressions croissantes au sein de l’appareil répressif de l’État.

Jung affirme que même un futur accord entre Téhéran et Washington ne résoudrait pas le défi fondamental du régime clérical car, selon lui, le principal problème du régime n’est pas son programme nucléaire mais sa perte de légitimité auprès d’une grande partie de la société iranienne.

Comme preuve de l’insécurité du gouvernement, il met en avant une récente vague d’exécutions politiques. Jung note que des dizaines de prisonniers politiques auraient été exécutés depuis mars, y compris des membres de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK) et des participants aux manifestations de 2026. Il soutient que de telles mesures reflètent la peur de troubles internes plutôt que la confiance ou la stabilité.

« La direction sait très bien que le principal danger n’est pas une attaque venant de l’extérieur, mais la possibilité d’un soulèvement interne », écrit Jung, soulignant ce qu’il considère comme l’inquiétude du régime face à des réseaux d’opposition organisés capables de mobiliser des manifestations.

L’article présente ce que Jung décrit comme une « troisième solution » au-delà de la guerre et de l’accommodement avec Téhéran. Il affirme qu’un changement significatif doit venir de l’intérieur même de la société iranienne, en désignant les jeunes militants, les femmes, les mouvements de protestation des travailleurs et les mouvements d’opposition organisés comme de possibles moteurs de transformation politique.

Jung met également en avant le Plan en dix points proposé par la Présidente élue du CNRI, Maryam Radjavi, qu’il décrit comme une alternative démocratique fondée sur des élections libres, la séparation de la religion et de l’État, l’égalité entre les sexes, l’abolition de la peine de mort et un Iran non nucléaire.

Au-delà des développements à l’intérieur de l’Iran, Jung avertit que les activités de Téhéran affectent de plus en plus la sécurité européenne. Il note que les autorités européennes ont à plusieurs reprises exprimé leurs préoccupations concernant de présumées campagnes d’intimidation, la répression transnationale et des opérations visant des dissidents iraniens sur le sol européen.

L’ancien ministre de la Défense souligne également le rassemblement de l’opposition iranienne du 20 juin à Paris, qui devrait attirer des dizaines de milliers de participants, comme preuve que de nombreux Iraniens continuent de rechercher un changement démocratique et rejettent ce qu’il qualifie de faux choix entre dictature et guerre.

Jung conclut que la plus grande erreur de l’Europe serait d’interpréter la stabilité apparente du régime comme une véritable force, soutenant au contraire que la République islamique demeure profondément vulnérable malgré sa survie à la récente confrontation militaire.