CNRI Le 7 juin, un colloque parlementaire sur un changement démocratique en Iran rassemblait de nombreux élus et personnalités politiques à Paris. Ils étaient venus écouter les propositions de Maryam Radjavi, présidente élue de la résistance iranienne, pour sortir de la crise actuelle. Elle prône linstauration dune démocratie laïque par les Iraniens et leur résistance. Dans son intervention, Edith Cresson, ancien Premier ministre français, a tenu à la féliciter pour lefficacité de son action et lassurer de son soutien :
Dabord je voudrais vous remercier de mavoir invitée, nous nous connaissons maintenant depuis quelques temps et jai eu la possibilité de comprendre ce mouvement de la résistance iranienne qui en France rencontre beaucoup déchos, ne serait-ce que parce que dans notre histoire, la résistance, nous lavons vue, nous lavons vécue et nous avons su ce que cétait. Nous savons aussi que la résistance a eu du mal à simposer à létranger et fait toujours lobjet plus ou moins dattaques sournoises.
Alors aujourdhui, un nombre important de parlementaires sest déplacé, cest un succès dautant plus que nous sommes dans une période de la politique française où les partis politiques ont beaucoup dautres choses à penser et dont beaucoup pensent quelles sont très importantes. On ne peut pas leur en vouloir.
Cest à lhonneur de la France de voir un nombre de parlementaires de la majorité comme de lopposition qui, unis, veulent honorer le fait que la France est la patrie des droits de lhomme, et que nous avons toujours cherché au cours de notre histoire à défendre ces droits de lHomme. Je me souviens, puisquil a été fait allusion tout à lheure à lAfrique du sud, davoir reçu moi-même au siège du parti socialiste des représentants de lanti-apartheid, à un moment où ils nétaient guère reconnus, où chacun notamment dans la vie politique, pensait quon avait tout autre chose à faire que de soccuper de ces gens là qui étaient loin et qui ne concernaient pas les résultats électoraux en France.
Donc vous voyez que même si dans le passé on peut dire que la France a eu telle ou telle attitude, elle a peut-être été lente à réagir, mais aujourdhui laction que vous avez entreprise, laction de la résistance iranienne sur place, les excès épouvantables auquel se livre le régime, et peut-être plus encore le fait que lIran réclame le droit davoir la bombe atomique il ne faut pas sous-estimer leffet que cette annonce peut avoir dans le monde occidental alors on peut le regretter bien sûr, mais dun autre coté pour sensibiliser lopinion publique, je crois que cest un élément majeur.
A coté de cette émotion qui a gagné les pays occidentaux à la suite de cette annonce, on peut se rendre compte que les dispositifs diplomatiques dont nous disposons, ne sont probablement pas à la hauteur : ni le Conseil de Sécurité des Nations Unies, ni lUnion Européenne qui ont pris le problème en main ne sont arrivés à des résultats bien pertinents. Pendant ce temps en Iran, on sait quil y a une certaine accélération du mouvement et les récentes investigations de lAIEA montrent queffectivement il y a de quoi sinquiéter.
Les attaques tout à fait choquantes contre Israël et les déclarations selon lesquelles Israël devrait être détruit, rencontrent en France aussi des échos qui sont très profonds, il ne faut pas les sous-estimer.
Même si on pense que le mouvement est lent, il existe et cest ça qui compte. Il existe dans une très large mesure grâce à votre action et à celle de la résistance iranienne et cest quelque chose qui est tout à fait majeur. Encore une fois, nous ne sommes pas dans la bonne période pour le problème de ce type en France, mais malgré tout, votre action a rencontré un large écho. Donc je voudrais massocier à cette action.
La France a montré tout parti confondu, en ce qui concernait la guerre en Irak, que nous nétions pas partants et nous avions raison. Et on ferait mieux quelque fois découter lEurope et en particulier la France, avant de se lancer dans des expéditions dangereuses.
Donc ce que nous pouvons et devons faire, cest effectivement de soutenir la Résistance iranienne. Devant les excès insupportables que la presse nous relate et que tout le monde autour de cette table a pu constater, cest de voir comment un dialogue fructueux peut s’amorcer et se développer pour aider la Résistance iranienne à mettre en place un régime qui soit vraiment démocratique et que nous apportions dans cette affaire une aide, une coopération efficace à ce mouvement.
Je pense que cette réunion donnera lieu probablement à des propositions sur lesquelles nous devrons nous déterminer. Je pense que vous avez réussi, Madame, à amorcer un mouvement très important, vous l’avez fait avec un très grand désintéressement. C’est souvent de la Résistance que viennent les meilleures idées.
En France, puisque vous vous êtes reporté à l’histoire de la France, le Conseil national de la Résistance avait amorcé un mouvement de reconstruction qui était important. Ce n’est pas directement de lui quest sorti le vote des femmes, mais enfin il est sorti quand même. Et nous avons pu faire faire franchir à une société comme la société française qui est très loin des excès du régime iranien, nous avons pu effectivement amorcer un système et une démocratie indépendante.
Je crois il faut vous remercier et vous féliciter de l’action que vous menez, vous dire, et les parlementaires qui sont ici, vous le diront, que le soutien des Français dans cette affaire vous sera certainement acquis de façon qu’on puisse instaurer en Iran un régime démocratique où comme vous l’avez dit en supprimant la peine de mort, ce qui sera quelque chose de remarquable et qui ferait que cette grande civilisation iranienne, cette grande histoire, toutes ces qualités d’innovation, d’inventivité, tout ce passé, trouvera sa place dans le monde moderne.
Merci de votre action.

