CNRI – Le député de lArdèche, Pascal Terrasse présidait le 7 juin à Paris un colloque parlementaire sur le changement démocratique en Iran. Il avait pour cela réuni de nombreux parlementaires de tout léventail politique et des personnalités de premier plan comme Edith Cresson, ancien Premier ministre, et Maryam Radjavi, présidente de la République élue du CNRI. Il insiste dans son discours sur lalternative iranienne qui soffre à la crise nucléaire :
Je tiens en préambule à remercier lensemble de celles et ceux qui ont contribué à lorganisation de cette journée. Je remercie également les parlementaires qui ont fait leffort de venir ici ce matin. On sait combien leur emploi du temps est particulièrement chargé.
A cet égard je constate avec soulagement que la gravité de la situation iranienne actuelle mobilise largement au-delà des clivages partisans et comme cela a été rappelé dans la brève rencontre que nous avons eu avec Mme Edith cresson et Mme Radjavi il y a un instant, tous les courants, toutes les tendances politiques de léchiquier national sont aujourdhui présents ou le seront.
Je tiens également à remercier et à saluer les personnalités présentes et les membres de la communauté iranienne en exil, vous êtes nombreux ici dans cette salle, au premier rang desquels évidemment Maryam Radjavi qui honore notre rencontre de sa présence.
Cest avec un sentiment contrasté, mêlant inquiétude et espoir que nous nous retrouvons donc ici aujourdhui. Inquiétude car le sujet du nucléaire iranien, notamment la menace que la détention prochaine de larme atomique par le régime en place fait peser sur nos relations internationales est de plus en plus préoccupante, et ce aussi bien pour les gouvernements que pour les élus, voire même pour nos concitoyens.
Pas un jour ne se passe sans que les médias ne relatent lévolution des négociations et les risques dune déstabilisation de cette région. Aujourdhui chacun se pose des questions sur les perspectives et les solutions à envisager vis-à-vis de lIran. Espoir, et vous en êtes la preuve évidement concrète, car nous sommes de plus en plus nombreux à penser que dautres alternatives à la posture actuelle à légard de Téhéran sont possibles. En la matière, toute perspective permettant au peuple iranien daccéder à un régime démocratique mérite évidemment dêtre étudiée. Nous élus, nous pouvons faire bouger les choses en informant des enjeux complexes et les différentes options qui se posent dans ce dossier.
Face à ce constat, où en sommes-nous précisément aujourdhui et que devons-nous espérer de cette rencontre ? Tous saccordent à reconnaître la nature dictatoriale du régime iranien actuel et tous dénoncent le non respect par ce gouvernement des engagements internationaux dans le domaine du nucléaire. Mais le blocage des discussions, notamment le conseil de sécurité de lONU, profite avant tout aux dirigeants iraniens qui ont besoin de temps pour mettre au point larme nucléaire. Par ailleurs, la situation de droits de lhomme en Iran devient de plus en plus alarmante : pendaisons publiques, répression des protestations il y en a eu encore le premier mai dernier et des journalistes, discrimination à légard des femmes ou des minorités ethniques ou encore religieuses.
Limportance du dossier nucléaire ne doit donc pas éclipser les exactions commises contre le peuple iranien, qui est, ne loublions pas, la première victime de cette situation.
De plus, les récentes déclarations inadmissibles de M. Ahmadinejad, à lencontre dIsraël, lopposition de ce dernier à tout processus de paix au Proche-Orient, ainsi que la situation irakienne constituent dautres sources dinquiétude pour la stabilité et la paix dans cette région.
Le problème iranien, vous laurez compris, est multiforme. Economique au regard des ressources importantes de ce pays que vous connaissez tous. Démocratique encore, puisque la population iranienne est muselée. Diplomatique et politique à la fin, car la volonté internationale ne pourra aboutir quen sappuyant sur une participation du peuple iranien à la résolution de la situation.
Nous le savons, lIran est un grand pays qui pose aujourdhui problème. Mais cest aussi de ce pays que viendra une partie des réponses à la crise. Cest pourquoi nous avons souhaité inviter à ce jour Mme Maryam Radjavi qui symbolise lopposition au régime actuel et dont nous espérons quelle nous fera profiter de son éclairage et bien évidement de ses propositions. Ses idées dont lobjet dune attention toujours plus grande sur le plan européen. Que ce soit évidemment au sein du Parlement européen, ou encore au sein du Conseil de lEurope.
Le débat qui nous réunit aujourdhui doit nous permettre dappréhender le cas iranien à laune de nouvelles considérations. Face à des obstacles bien connus et au-delà des réponses traditionnelles, une troisième voie semble aujourdhui sesquisser. Nous lobservons quotidiennement. Les négociations avec le régime iranien ne sont plus suffisantes. Une intervention militaire contre ce même régime risquerait de souder le peuple iranien contre ceux quil considérerait comme une agression internationale. Ne reproduisons pas le cas de lIrak.
Cest ce quattendent les dirigeants iraniens pour asseoir encore davantage leur domination sur la population en jouant la fibre nationaliste.
La troisième voie réside ailleurs. Elle pourrait sinspirer notamment de lexemple sud africain qui a conduit à leffondrement du régime dApartheid. Elle consiste principalement à un soutien fort aux forces démocratiques intérieures afin que le changement ne se fasse pas au détriment, mais au profit du peuple iranien.
Mais par souci de brièveté, afin que chacun puisse sexprimer, je laisserai à Maryam Radjavi, le soin de développer les arguments qui plaident en la faveur dune telle solution. En tout état de cause la situation iranienne ne pourra perdurer encore longtemps. Il est de notre devoir à tous duvrer afin quun régime démocratique et stable puisse voir le jour. Il est temps que le peuple iranien puisse sexprimer et sortir dune impasse économique, sociale, politique et diplomatique dont il fait les frais depuis maintenant bien trop longtemps.
Mes chers collègues, Mesdames et Messieurs
Je souhaite que les échanges de cette matinée contribuent bien évidement à lévolution de la question iranienne et que nous puissions nous faire l écho au travers dune mobilisation des souffrances et des aspirations démocratiques des iraniens et des iraniennes.
Je vous remercie

