
Lors d’une conférence internationale à Rome le 17 juillet 2026, l’ambassadeur Hans-Ulrich Seidt, ancien ambassadeur d’Allemagne en Afghanistan et en République de Corée, a abordé la crise croissante en Iran, soulignant qu’un véritable changement politique ne peut être obtenu par la seule action militaire étrangère ou un effondrement économique. Évoquant les réalités stratégiques dans les domaines militaire, économique et politique, l’ambassadeur Seidt a mis en lumière que, malgré le conflit en cours, le régime iranien est profondément divisé et vulnérable, tandis que le peuple iranien reste fermement opposé à toute intervention étrangère.
L’ambassadeur Seidt a affirmé que la véritable voie à suivre repose sur le mouvement démocratique interne mené par le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI). Il a explicitement rejeté les récentes tentatives extérieures de promouvoir Reza Pahlavi, qualifiant ces initiatives d’obstacle aux forces démocratiques légitimes au sein du pays plutôt que d’alternative viable.
Soulignant l’importance de la stabilité régionale et mondiale, l’ambassadeur Seidt a expliqué qu’un Iran démocratique et laïque, fondé sur les droits de l’homme et l’État de droit, correspond directement aux intérêts stratégiques de l’Europe. Il a approuvé le Plan en dix points de Mme Maryam Rajavi, le qualifiant de feuille de route réaliste et viable reflétant les aspirations du peuple iranien, et a notamment souligné son engagement à organiser des élections libres et équitables dans les six mois suivant la chute du régime. L’ancien haut diplomate a conclu en exhortant les États membres de l’Union européenne à soutenir activement cette vision et à s’engager de manière constructive pour garantir une paix durable.
Voici le texte intégral du discours de l’ambassadeur Hans-Ulrich Seidt :
Today in Rome, #MaryamRajavi was the keynote speaker at the European conference “Iran Beyond War: Human Rights and the Power of the People as the Solution,” where she addressed prospects for democratic change in Iran.
Participants included former 🇮🇹Prime Minister Paolo… pic.twitter.com/srlmb9pQyb
— Javad Dabiran (@JavadDabiran) July 17, 2026
Madame Rajavi, Mesdames et Messieurs, c’est un honneur et un plaisir pour moi de participer à cette conférence à Rome. Rome n’est peut-être plus la capitale mondiale, mais elle demeure l’un des centres névralgiques du monde au XXIe siècle. Cette conférence illustre donc également le rôle diplomatique de l’Italie dans le monde d’aujourd’hui.
Aujourd’hui, il ne fait aucun doute que les fondements du régime iranien sont ébranlés. À quoi faut-il s’attendre ? Pour répondre à cette question, j’aimerais me concentrer sur trois domaines stratégiques.
Le premier est le domaine militaire. Il y a dix jours, lors du dernier sommet de l’OTAN à Ankara, le président Donald Trump a dénoncé le mémorandum d’entente. Merci beaucoup, Monsieur Verhofstadt, pour cette remarque très importante. Le mémorandum d’entente et le cessez-le-feu ont pris fin, et la guerre a repris. Elle se poursuit aujourd’hui et s’intensifie. Cependant, les limites de la puissance aérienne sont évidentes, notamment au regard de la situation géopolitique de l’Iran. Il faut donc être réaliste : les campagnes aériennes américaines et israéliennes n’entraîneront aucun changement politique en Iran.
Passons donc au deuxième domaine stratégique : l’économie. L’économie demeure pour le régime le défi le plus urgent et le plus grave. Tout au long de l’année écoulée, l’Iran était déjà aux prises avec une forte inflation, la dépréciation de sa monnaie, le chômage, des pénuries d’électricité, d’eau et d’énergie, ainsi que les effets cumulatifs des sanctions internationales. Le déclin économique du régime va se poursuivre et, du fait de la guerre, il va s’accélérer. Cela a déjà déclenché la vague de protestations intérieures lors du soulèvement de janvier.
Ceci m’amène enfin au domaine politique. Les analystes s’accordent à dire qu’il est très difficile d’évaluer les effets psychologiques des frappes aériennes américaines et israéliennes. Combien d’Iraniens soutiennent la défense nationale du pays, même s’ils s’opposent au régime des mollahs ? Les Iraniens sont fiers et patriotes. Après avoir subi l’impérialisme des XIXe et XXe siècles, ils s’insurgent fortement contre toute ingérence étrangère.
Cependant, ce serait une grave erreur de croire que les dirigeants du régime sont aujourd’hui plus forts et plus unis qu’avant la guerre. Bien au contraire, la guerre les a ébranlés. L’analyse des événements récents révèle clairement des désaccords au sein de la direction quant à la gestion de la survie du régime. Les tensions au sein de l’élite politique sont apparues au grand jour lors des récentes funérailles d’Ismail Haniyeh. Des responsables politiques civils, dont le président Massoud Pezeshkian et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, ont été publiquement critiqués.
Alors, que peut-on faire, que doit-on faire ? Les soulèvements populaires successifs de la dernière décennie ont pris de l’ampleur et ont révélé un profond rejet du régime par la population. Le soulèvement de janvier dernier a démontré la volonté du peuple de s’opposer à la répression et de mettre fin au régime. Ainsi, si nous regardons au-delà de la guerre actuelle, nous réaliserons que l’avenir de l’Iran ne dépendra pas d’une intervention étrangère, mais de l’opposition démocratique au sein du pays – l’opposition menée par le CNRI. Cette opposition est authentique. Elle est prête à faire des sacrifices pour la liberté et la démocratie.
Il existe un adage latin : *Sanguis martyrum semen ecclesiae*. Le sang des martyrs est la semence de l’Église, de la communauté, de l’ecclesia. Toutefois, l’opposition iranienne ne doit pas être induite en erreur par des influences extérieures. Les récentes tentatives visant à présenter Reza Pahlavi comme un dirigeant diplomatique crédible n’ont pas constitué un atout ; au contraire, si l’on y regarde de plus près, elles ont représenté un obstacle pour les forces démocratiques à l’intérieur du pays. Les faux espoirs et les illusions entretenus par des tiers aux intérêts particuliers ne sont d’aucune utilité, c’est le moins que l’on puisse dire.
Ainsi, un Iran fondé sur un gouvernement laïc, le respect des droits de l’homme et l’État de droit sert au mieux les intérêts de l’Europe. Cela stabiliserait toute la région de l’Asie occidentale et contribuerait à un monde plus stable et plus pacifique. En conclusion, toutefois, l’impulsion d’un changement fondamental doit venir du peuple iranien, et non de puissances étrangères.
Le plan en dix points de Maryam Radjavi reflète les aspirations du peuple iranien. Dans le cadre de ce programme, des élections libres et équitables seraient organisées dans les six mois suivant la chute du régime actuel. Aujourd’hui, un tel scénario n’a rien d’utopique ; c’est une option réaliste pour l’avenir. Par conséquent, les États membres de l’Union européenne doivent le soutenir. Comme l’a déclaré Guy Verhofstadt, l’Union européenne doit s’engager de manière constructive en faveur de la seule solution susceptible de résoudre le problème — non seulement celui de l’Iran, mais aussi un problème majeur qui ébranle la paix mondiale.
Je vous remercie.

