jeudi, décembre 8, 2022
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Iran/Ompi – Me William Bourdon: Cette sinistre farce est aujourd’hui terminée

CNRI – « C’est une tâche qui n’honore pas l’histoire judiciaire de la France. Cette tâche qui fait que c’est en France que s’est menée une des opérations les plus absurdes, les plus paradoxales, les plus aberrantes à l’encontre d’un mouvement qui méritait la célébration, le respect et qui s’est trouvé du jour au lendemain jeté au pilori de la diabolisation et de la stigmatisation. « , a déclaré Me William Bourdon.

Il participait le 24 septembre à une conférence organisée à la salle Wagram à l’occasion du non-lieu prononcé par le juge Marc Trevidic dans l’affaire instruite contre la Résistance iranienne en France.

Dans son intervention, le célèbre avocat et défenseur des droits de l’homme a ajouté : « Je voulais vous dire à quel point nous sommes heureux, fiers, honorés d’avoir été vos avocats, vos accompagnateurs, vos alliés pendant toutes ces années difficiles.

Aujourd’hui, nous pouvons dire que les énergies, vos énergies, vos consciences, vos compétences, vos intelligences, qui ont été inutilement confisquées, entravées par ces années à se mobiliser pour combattre l’injustice qui vous a été faite, vont se mobiliser, se coordonner pour tracer le chemin de la justice, de l’espérance, de la démocratie et de l’état de droit.

« Il faut donc tourner la page, mais comme le disait très joliment un poète Cambodgien : « pour tourner la page, encore faut-il la lire un petit peu ». Je vais revenir brièvement sur les événements qui se sont passés il y a plus de onze ans.

Ce qui s’est passé à Auvers-sur-Oise ce 17 juin à 6h du matin est une opération aussi exceptionnelle que paradoxale, il n’y a pas d’autre exemple depuis des décennies d’une opération policière, judiciaire menée avec autant de théâtralisation, autant de bruit, autant d’orchestration à l’encontre d’un mouvement qui méritait célébration et non pas l’ostracisme.

À l’encontre d’un mouvement qui méritait – comme ça avait été le cas pendant des années – de rester l’interlocuteur privilégié au plus haut niveau des autorités françaises.

« C’est une tâche qui n’honore pas l’histoire judiciaire de la France. Cette tâche qui fait que c’est en France que s’est menée une des opérations les plus absurdes, les plus paradoxales, les plus aberrantes à l’encontre d’un mouvement qui méritait la célébration, le respect et qui s’est trouvé du jour au lendemain jeté au pilori de la diabolisation et de la stigmatisation.

Cette opération a été menée parce qu’un homme s’est prêté avec complaisance, avec docilité à cette espèce de sang-mêlé funeste, incestueux, ce sang macabre qui est la réunion de la raison d’État et de la raison du marché. C’est la réunion jugulée de la raison d’État et de la raison du marché qui fait qu’à Auvers-sur-Oise ce jour-là et pendant des années, le cynisme a triomphé sur la justice, la raison du marché et la raison d’État sur tout simplement l’état de droit.

« Et malgré vous Mme Radjavi – et tout votre mouvement et tous vos amis – vous avez été les victimes collatérales arbitraires et injustes de cette sinistre parodie de justice. Il a fallu de nombreuses années pour que nous obtenions ces deux ordonnances qui successivement vous ont rendu votre honneur, votre intégrité injustement outragé et méprisé.

Vous avez eu raison de rappeler que ces décisions n’ont été possibles que parce qu’en France a été restaurée l’indépendance de la justice. Certes toujours fragile, certes toujours menacée, mais sans la restauration de cette indépendance de la justice, ces décisions n’auraient pas été possibles.

« Elles sont à l’envers des propos qui ont été tenus le jour de cette sinistre opération d’Auvers-sur-Oise, qui ont été tenus par un homme qui disait pour qualifier votre mouvement qu’il s’agit « d’une des sectes les plus brutales et les plus cruelles d’islamistes intégristes doublés des derniers vestiges du marxisme le plus intégriste ».

Cet homme c’était Nicolas Sarkozy, c’était le ministre de l’Intérieur de l’époque, c’est lui qui est venu accorder sa validation, son blanc sein à ce qui était en apparence une opération judiciaire, mais qui en fait n’était qu’un sinistre cadeau fait aux sinistres mollahs de Téhéran. Aujourd’hui, il faut tourner la page, il faut aller de l’avant, il faut que nous tirions ensemble collectivement les enseignements de cet incroyable paradoxe.

« Votre mouvement moins que quiconque méritait une quelconque diabolisation judiciaire, une quelconque stigmatisation, qui avez été jetée dans l’infamie de la diabolisation médiatique, à la requête et à l’initiative des seuls qui eux méritaient de se retrouver dans le box d’une justice internationale, c’est-à-dire ceux qui règnent en maitre aujourd’hui à Téhéran.

Où ils développent de façon sinistre une politique de torture à grande échelle, une politique qui chaque jour fait de plus en plus de martyrs. Quel étrange paradoxe que la situation dans laquelle vous avez été jetée injustement.

« Cette sinistre farce aujourd’hui est terminée, vous allez aller tous collectivement de l’avant pour tracer ce chemin vers l’espérance, vers la justice, vers la démocratie.

« En disant ça, permettez-moi de partager avec vous un rêve, peut-être une prémonition. Ce rêve c’est qu’un jour, ensemble nous marchions dans les rues de Téhéran pour aller au-devant du peuple iranien qui vous attend, et que vous incarniez alors cette alternative qui manque aujourd’hui au monde, l’alternative d’une opposition fondée sur un islam tolérant, un islam bienveillant, un islam modéré, un islam républicain, un islam amoureux des droits de l’homme. C’est cette alternance que vous représentez, c’est justement ce dont a besoin aujourd’hui le peuple iranien et au-delà tout l’humanité. »

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