lundi, novembre 28, 2022
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Iran nucléaire : Le plus grand péril politique en 2006

ImageUPI, Washington – par CLAUDE SALHANI – Au risque que la crise s’intensifie pour se transformer en guerre majeure avec les puissances de l’Occident, l’Iran a levé les scellés à son usine d’enrichissement d’uranium et a annoncé que la recherche nucléaire reprendrait mardi. Pendant ce temps, un groupe de pression de Washington réclamant un changement de régime à Téhéran a divulgué que l’Iran détenait désormais 5000 machines centrifugeuses dans son usine nucléaire de Natanz.

« Il faut dix mille machines centrifugeuses pour produire de l’uranium enrichi », a déclaré Paul Leventhal, président fondateur du Nuclear Control Institute et membre de l’Iran Policy Committee. Il a ajouté que de l’uranium de qualité inférieure pouvait être obtenu avec 5000 ou même 2000 machines, ce qui serait suffisant pour fabriquer une bombe nucléaire.

L’initiative de l’Iran est perçue comme un défi aux exigences internationales lui imposant un moratoire de deux ans sur son programme nucléaire. La décision de mardi a provoqué de vives réactions aux États-Unis et en Europe, surtout en France, où le président Jacques Chirac a délivré un message particulièrement vif.

Dans son discours annuel aux ambassadeurs de France au palais de l’Élysée, Chirac a adressé un ultimatum sévère à l’Iran, les avertissant qu’ils pouvaient faire face à un blâme du Conseil de Sécurité de l’ONU s’ils refusaient de coopérer et ne réinstaurait pas le gel de ses activités nucléaires.

Chirac a bien fait comprendre qu’il perdait patience avec l’Iran.

« Aujourd’hui, je demande aux autorités iraniennes de choisir la voie de la coopération et de la confiance en examinant attentivement cette offre et en s’engageant de nouveau à suspendre ses activités liées à la production de matériels fissiles », a déclaré Chirac.

« Le dialogue et la négociation sont encore possibles. Nous en appelons à l’esprit de responsabilité de l’Iran pour restaurer la coopération et la confiance ; dans le cas contraire, le Conseil de Sécurité n’aura pas d’autre choix que de prendre le problème en main », a affirmé le président français.

La position de la France concernant les manigances nucléaires de l’Iran va dans le sens du point de vue de Washington, selon lequel on ne doit pas autoriser l’Iran, et son régime théocratique instable, à accéder à la capacité nucléaire.

La prochaine étape, si l’Iran refuse de laisser les inspecteurs de l’agence de surveillance nucléaire de l’ONU, l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique, accéder à ses installations, sera de renvoyer le dossier devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies. L’Iran pourrait alors se voir imposer des sanctions économiques.

L’Iran insiste pour dire qu’en vertu du Traité de Non-prolifération, il a le droit d’accéder à la capacité nucléaire pour des usages pacifiques, ce que le pays prétend vouloir faire.
En Grande-Bretagne, le ministre des Affaires Étrangères, Jack Straw, a affirmé que l’Iran avait enfreint les résolutions de l’AIEA. Se faisant l’écho du discours du président français, Straw a déclaré que la communauté internationale « perdait patience » avec Téhéran.

Alireza Jafarzadeh, président de Strategic Policy Consulting et ancien porte-parole à Washington du parlement iranien en exil, le Conseil National de la Résistance Iranienne, a avancé que le dialogue entre les 3 Européens (la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne) avec l’Iran « était mort ».

Jafarzadeh a déclaré que « le régime iranien est en train de construire et d’installer rapidement des centrifugeuses dans le sous-sol de son site de Natanz ».

« Le régime iranien a pris la décision délibérée d’acquérir et d’imposer le cycle du combustible nucléaire complet à la communauté internationale, que le régime qualifie d’une façon narquoise de ‘puissance diplomatie’. L’objectif du régime de Téhéran, selon Jafarzadeh, est d’avancer pas à pas, jusqu’à ce que la communauté internationale se retrouve face au fait accompli. »

Les hauts responsables américains ont dénoncé la décision de l’Iran, la décrivant comme un pas en avant vers la création de matériel pour des bombes nucléaire. « La crise nucléaire avec l’Iran est très fluide pour le moment », a déclaré Leventhal. Mais il est absolument clair que l’Iran est « en violation de son accord de novembre 2004 avec les 3 Européens sur la suspension de ses activités liées à l’enrichissement ».

« Tous les regards sont maintenant tournés vers Natanz », a dit Leventhal.

Eurasia Group, société de recherche et de conseil basée à New York et qui est spécialisée dans les risques politiques mondiaux, prévoit que l’impasse nucléaire où l’on se situe avec l’Iran sera « la source la plus importante de risque politique en 2006 ».

Raymond Tanter, ancien membre du Conseil national de la sécurité pendant l’administration Reagan, a souligné que « la violation [de l’Iran] des accords internationaux provoquait un processus d’action-réaction dans l’escalade des discours et la course aux armements dans la région… »

Tanter met en avant trois options dans le conflit avec l’Iran. La première option est la diplomatie, qu’il préfère aux autres options, mais les dernières tentatives diplomatiques n’ont mené nulle part.

« L’Iran joue la partie de telle façon que le temps est de son côté », a déclaré Leventhal. « L’Iran est en train de gagner du temps. »
 
La seconde option est une frappe militaire aérienne : mais cette option est irrationnelle pour plusieurs raisons. Premièrement, retenant les leçons de la guerre en Irak, l’Iran a dispersé ses sites nucléaires et installations de traitement à environ 200 ou 300 endroits différents à travers le pays. Ceux-ci sont bien protégés, presque entièrement situés en sous-sol et sous la protection des Gardiens de la Révolution. Deuxièmement, une attaque extérieure contre l’Iran rapprocherait le peuple du gouvernement. Troisièmement, une attaque de l’Iran par les USA et/ou Israël aurait des conséquences néfastes sur les troupes américaines actuellement en Irak.

La troisième option est un changement de régime, ce que prône l’Iran Policy Committee. Tanter et l’IPC tentent de persuader l’administration Bush de retirer les Moudjahiddin-e-Khalq, ou MeK, de la liste des organisations terroristes du département d’État. 

L’IPC affirme que le MeK est l’un des groupes d’opposition iraniens les mieux équipés aussi bien en termes d’organisations que de renseignements.

Des experts d’Eurasia Group considèrent que la volonté de l’Iran de mener à bien le cycle du combustible nucléaire va mener à « une impasse au sujet de l’Iran ». Ils ont ajouté : « Il est fortement probable que la confrontation entre d’un côté les USA et Israël et de l’autre l’Iran prenne de l’ampleur en 2006 ».

 

 

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