Reuters, le 11 janvier – Selon un diplomate d’une des trois premières puissances européennes, on s’attendait à ce que la troïka européen annule, lors de leur rencontre les négociations moribondes sur le nucléaire et préconise la transmission du problème devant le Conseil de Sécurité.Les ministres des Affaires étrangères d’Allemagne, d’Angleterre et de France ainsi que le chef de la politique étrangère de l’UE, Javier Solana, devaient se rencontrer à 15h30 (14h30 en temps universel) à Berlin pour s’entretenir sur la crise provoquée par la décision des Iraniens de rouvrir leur programme de production de combustible nucléaire mis en sommeil par un accord conclu avec les négociateurs européens en novembre 2004.
« Tout le monde s’accorde sur le fait que le point de non retour a été franchi », a déclaré ce diplomate, faisant référence à ce qu’il désignait comme un consensus informel auquel les 25 Etats membres étaient parvenus.
Les membres de la diplomatie européenne disent s’attendre désormais à ce que le bureau des gouverneurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique se réunissent au début du mois de février pour discuter de l’envoi de l’Iran devant le Conseil de Sécurité.
Ils disent qu’au bureau de l’AIEA, qui représente 35 pays, une majorité simple votera en faveur de cette décision. Mais ils ajoutent que les hauts responsables de l’Union européenne et des Etats-Unis travailleront autant que possible pour parvenir à un consensus.
La Russie et la Chine, qui ont les plus gros intérêts énergétiques en Iran, se sont auparavant opposé à ce que la querelle soit portée devant le Conseil de Sécurité, où tous deux détiennent un droit de veto.
Néanmoins, la dernière action de Téhéran semble avoir pris Moscou au dépourvu. Sergei Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a abordé la question avec la Secrétaire d’Etat Condoleezza Rice, lors d’un entretien téléphonique.
« Les deux parties ont … exprimé leur profond déception au sujet de la décision de Téhéran d’abandonner le moratoire », pouvait-on lire dans une déclaration du ministère russe des Affaires étrangères.
Les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité, y compris la Chine et la Russie, ont récemment envoyé des courriers à l’Iran, insistant pour qu’elle ne reprenne pas ses activités de production de carburant nucléaire.
Mercredi, les prix du pétrole brut ont augmenté de plus d’un dollar car comme le craignaient les distributeurs, les conflits sur le programme nucléaire iranien pouvaient amener le quatrième exportateur mondial de pétrole à interrompre l’approvisionnement.
Tout embargo sur l’exportation du pétrole iranien pourrait être une arme à double tranchant. L’Iran est le quatrième exportateur mondial.
Les Etats-Unis ont déjà imposé un embargo à l’Iran, mais l’UE pourrait introduire de plus grandes restrictions sur le commerce.
Le Conseil de Sécurité pourrait imposer des sanctions allant de la restriction des déplacements des hauts fonctionnaires gouvernementaux à l’embargo commercial total, analogues à ceux imposé à la Libye et à l’Irak auparavant.
Le Conseil de Sécurité pourrait imposer des sanctions allant de la restriction des déplacements des hauts fonctionnaires gouvernementaux à l’embargo commercial total, analogues à ceux imposé à la Libye et à l’Irak auparavant.

