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Iran : Ne laissez pas les mollahs iraniens désespérés s’en tirer sans frais

Par Ali SAFAVI
 
McClatchy-Tribune News Service –  7 décembre 2013 – Les États-Unis et cinq autres puissances mondiales ont signé un accord avec l’Iran le mois dernier par lequel gouvernement iranien a accepté de geler une partie de son programme nucléaire contre un allègement des sanctions. L’accord a été conclu en principe pour une durée de six mois afin de laisser plus de temps aux négociations diplomatiques pour un accord nucléaire plus vaste.
 
Selon les dispositions de l’accord provisoire, l’Iran doit geler l’enrichissement d’uranium à son niveau actuel, arrêter certaines activités associées à un réacteur qui produit du plutonium et cesser la poursuite des travaux sur les centrifugeuses. En contrepartie, l’accord prévoit la suspension de certaines sanctions économiques imposées par les États-Unis et l’Union européenne, qui s’engagent à ne pas envisager de nouvelles sanctions pendant les six mois de l’accord.

Selon certains, le régime iranien, en signant l’accord, a renoncé temporairement et contre son gré à la fabrication d’une arme nucléaire. Cette décision, prise à reculons et de manière provisoire, est due en partie à l’effet paralysant des sanctions internationales, mais surtout au mécontentement populaire dans le pays, qui ne cesse de croître.
 
Cette évolution importante présente à la fois des opportunités et des menaces graves. Tout d’abord, il est important de se rappeler que le régime iranien n’a décidé d’arrêter l’avancement de son programme nucléaire qu’après avoir ressenti l’effet des sanctions internationales qui devaient se durcir davantage. L’Iran n’a pas renoncé à son intention de développer l’arme nucléaire.
 
Le régime se retrouve également dans une impasse au niveau national. Le peuple iranien cherche des occasions pour recommencer les protestations sociales, à l’image de celles qui, en 2009, avaient fait tressaillir le régime jusqu’à ses fondations. Certains éléments au sein du système au pouvoir sont très divisés et soucieux de tout rapprochement avec l’Occident.
 
Le régime iranien est faible, isolé et fracturé. Dans ce contexte, les puissances internationales auraient pu obtenir beaucoup plus de concessions de la part du régime s’ils avaient su adopter une stratégie plus ferme, basée sur des positions de principe. Face à des menaces existentielles, les mollahs n’étaient pas en mesure d’imposer des conditions. Ils savaient très bien qu’ils pouvaient s’attendre à un durcissement des sanctions, ainsi qu’à des protestations sociales. Mais, malheureusement, les puissances occidentales ne se sont pas montrées assez fermes.
 
L’accord provisoire conclu à Genève n’exige pas l’arrêt du réacteur de plutonium. Le site, situé à Arak, est destiné au développement d’armes. L’accord n’exige pas non plus le démantèlement de l’usine d’enrichissement, ni la ratification des protocoles nucléaires additionnels, ni l’accès libre et sans entrave à des sites suspects pour les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique.
 
Le régime peut continuer à construire l’usine d’eau lourde d’Arak, qui pourrait produire du plutonium pour une bombe atomique. Le plutonium et l’uranium hautement enrichi sont les deux matières fissiles qui peuvent servir à la fabrication d’une arme nucléaire.
 
Tout cela soulève la question: Où allons-nous maintenant ? Il ne faut pas faire confiance à l’Iran. Le régime a caché son programme nucléaire pendant des décennies et, confronté à de multiples révélations de l’existence de différents sites nucléaires par la principale opposition iranienne, le Conseil national de la Résistance iranienne, n’a fait que tromper, nier et se moquer. Les États-Unis et les autres puissances internationales doivent mettre en œuvre des dispositions de contrôle rigoureuses afin de s’assurer que l’Iran n’est pas en mesure de violer l’accord provisoire.
 
Pour résumer, le monde doit montrer sa volonté d’agir avec fermeté lorsqu’il est question du programme nucléaire iranien. Sous la pression de sanctions internationales et du mécontentement social généralisé, le régime a dû signer l’accord car il se trouvait en position de faiblesse et de désespoir. C’est une opportunité qui se présente, mais son impact ne sera que temporaire si les puissances internationales ne maintiennent pas la pression.
 
Dans la mesure où les sanctions ont été allégées, les États-Unis ont perdu de l’influence vis-à- vis de l’Iran. Il faut y remédier, en ménageant un espace pour l’opposition iranienne et en ne montrant aucune tolérance vis-à-vis de la forte hausse des exécutions depuis l’arrivée d’Hassan Rouhani et vis-à-vis des attaques par procuration contre les dissidents iraniens en Irak, qui ont fait 62 morts jusqu’à présent.
 
La seule option valable aujourd’hui se trouve dans une politique ferme pour punir les infractions du régime iranien, visant à démanteler la totalité de sa capacité nucléaire tout en soutenant le peuple iranien, qui cherche un changement fondamental. Adopter une position moins ferme ne ferait qu’encourager le régime dans sa course folle vers la bombe, avec des conséquences catastrophiques pour la paix et la sécurité dans la région et au niveau international.
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Ali Safavi est le porte-parole de la représentation aux États-Unis du Conseil national de la Résistance iranienne, une coalition d’opposants iraniens engagés en faveur d’un Iran démocratique, laïque et non-nucléaire. Il a écrit cet article pour McClatchy-Tribune.

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