mardi, février 7, 2023
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Iran : L’histoire nous a montré ce que la complaisance a donné, dit Sid Ahmed Ghozali

CNRI –  « A quoi bon négocier avec un régime dont la raison d’être est d’utiliser l’islam et l’idéologie fasciste à des fins expansionnistes, à des fins de s’imposer dans la région comme un interlocuteur obligé. Donc il s’agit de trouver la troisième voie », a déclaré l’ancien Premier Ministre algérien Sid Ahmed Ghozali, lors d’une réunion à l’Assemblée nationale à Paris.

CNRI –  « A quoi bon négocier avec un régime dont la raison d’être est d’utiliser l’islam et l’idéologie fasciste à des fins expansionnistes, à des fins de s’imposer dans la région comme un interlocuteur obligé. Donc il s’agit de trouver la troisième voie », a déclaré l’ancien Premier Ministre algérien Sid Ahmed Ghozali, lors d’une réunion à l’Assemblée nationale à Paris.

Le 25 octobre, le Comité Français pour un Iran démocratique invitait un Think-tank américain, Iran Policy Committee. Parlementaires et personnalités politiques françaises et américaines ont débattu des solutions devant la menace que constitue le régime iranien. Le sénateur Jean-Pierre Michel, le député Pascal Terrasse, l’ancien magistrat et député François Colcombet, le président du Conseil français des démocrates musulmans Abderrahman Dahmane, l’ancien secrétaire du Conseil des gouverneurs de l’AIEA Georges Le Guelte, et le Pr. Raymond Tanter de l’université de Georgetown aux USA sont intervenus.

Voici des extraits de l’intervention de M. Ghozali :

Face à la problématique iranienne qui nous interpelle tous, en Europe et dans le monde musulman, toute démarche qui ne se fondrait pas sur le passage par la récupération par le peuple iranien de son propre destin serait vaine.

A partir du moment où l’on emprunte des chemins qui font fi de ce nécessaire passage par le peuple iranien, on s’enferme davantage et on laisse les problèmes se compliquer. C’est une sorte de politique de l’autruche qui annonce des lendemains encore plus lugubres que ce que nous vivons aujourd’hui.

Eliminez donc l’histoire de la guerre à laquelle beaucoup de gens pensent au sein de l’administration américaine. D’abord la guerre à l’irakienne est impossible. L’opinion américaine ne donnera jamais l’autorisation à l’administration d’intervenir à l’irakienne. Et puis la guerre, c’est à terme le renforcement d’un régime qui se nourrit d’expansionnisme, d’augmentation de sa capacité de nuisance.

La complaisance, l’histoire nous montre ce qu’elle a donné, l’expérience contemporaine, algérienne par exemple. L’Algérie a été un pays qui a tout le temps été du coté de la révolution islamique, il a toujours eu une position amicale et solidaire avec la république islamique. C’est notamment à travers l’Algérie que le problème de la prise d’otage dans les ambassades et toutes ses conséquences a été résolu par l’intervention de l’Algérie à la veille de l’arrivée de Reagan  à la Maison Blanche.

Et j’ai été moi-même ministre des Affaires étrangères, j’ai entretenu des relations très amicales avec Velayati. Cela n’a pas empêché qu’en 1989 – 1990 quand l’islamisme s’est déclenché en Algérie, l’Iran a soutenu les islamistes terroristes chez nous et c’est ce qui m’a poussé en tant que chef du gouvernement à rompre les relations diplomatiques avec le gouvernement iranien.

Alors pourquoi les relations ont été reprises à l’arrivée de Boutéflika ? Il a pensé qu’en reprenant les relations diplomatiques avec l’Iran, il était en train d’entrer dans une politique de réconciliation nationale avec les islamistes. Il pensait avoir un peu l’amitié et le soutien du régime iranien  en reprenant les relations diplomatiques. Huit ans après re rupture et les nouvelles qui nous arrivent de l’Algérie malheureusement ces années-ci montrent que malgré tout cela, l’Algérie est encore aux prises avec le terrorisme d’Al Qaïda. 

A quoi bon négocier avec un régime dont la raison d’être est d’utiliser l’islam et l’idéologie fasciste à des fins expansionnistes, à des fins de s’imposer dans la région comme un interlocuteur obligé. Donc il s’agit de trouver la troisième voie. Celle qui se fonde sur ni guerre – impossible et source de désordre –  ni complaisance, parce que ça conduit au contraire au renforcement [du régime].

On parle de soutien à la résistance et je suis entièrement d’accord avec le Pr. Tanter quand il souligne cette différence capitale entre l’Irak et l’Iran. En Irak, il n’y a jamais eu d’opposition. Ici nous avons affaire à une résistance qui a 40 ans d’existence. Elle ne demande pas à être soutenue comme l’a dit le professeur Tanter, elle ne demande pas d’armes, elle ne demande pas d’argent, elle demande simplement qu’on ne l’affaiblisse pas.

Moi je crois qu’il y a un moyen. Il y a un nouveau président, il y a un nouveau pouvoir et qui veut apporter une plus value. Il faut le convaincre que s’il veut apporter une plus value à la problématique dans la région, notamment à une solution au problème irakien, il faut qu’il valide avec quelque chose de nouveau. Et ce quelque que chose de nouveau, nous avons en France un cas qui se présente immédiatement, c’est lever cette hypothèque qui est très gênante sur la résistance et les Moudjahidine du peuple par l’affaire d’Auvers-sur-Oise.

Il faut arriver à clore définitivement ce dossier. Et je pense qu’on peut être en mesure d’apporter une plus value à tous ces problèmes qui sont très liés les uns les autres, comme ce qui se passe en Irak.