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Iran : Les mollahs utilisent les universités pour leurs recherches nucléaires

Alireza Jaffarzdeh et Raymond TanterCNRI – Lors d’une conférence de presse au Club national de la presse à Washington le 20 mars dernier, Alireza Jafarzadeh, président du Strategic Policy Consulting a révélé le rôle du corps des gardiens de la révolution et des organes militaires pour faire avancer le programme d’armement nucléaire. Sur la base d’informations précises et vérifiables, il a révélé que les gardiens de la révolution menaient  clandestinement leurs travaux de recherches dans les universités et les institutions académiques.

Le corps des gardiens de la révolution se sert  des universités pour ses recherches sur la bombe atomique

L’université Imam Hossein du CGR impliquée dans un programme d’armes nucléaires clandestin

Intervention d’Alireza Jafarzadeh
Président de Strategic Policy Consulting, Inc.
au National Press Club, Washington, DC
Le 20 mars 2006

Mesdames et Messieurs,

En me basant sur des informations que j’ai reçues de mes sources en Iran, dont les informations se sont avérées exactes par le passé, le corps des gardiens de la révolution (CGR) et les organes militaires du régime iranien jouent un rôle significatif et extensif dans l’avancement du programme d’armes nucléaires du régime. J’ai exposé dans le passé comment le CGR avait gagné le contrôle du programme nucléaire du régime iranien.

Aujourd’hui, selon des informations précises et vérifiées provenant d’Iran, je révèle que le CGR contribue à l’avancement de son projet nucléaire militaire en se servant d’universités et d’institutions académiques comme couverture. Les institutions académiques sont une méthode commune utilisée par le CGR pour se procurer l’arme nucléaire et pour assurer la clandestinité des projets nucléaires du régime.

Une de ces institutions qui joue un rôle central dans le programme nucléaire du régime est l’Université Imam Hossein, gérée par le CGR.

Université Imam Hossein

Un grand nombre de tests et de recherches sur la production d’armes nucléaires ont lieu à l’Université Imam Hossein, qui a été établie dans le nord-est de Téhéran en 1986 pendant la guerre Iran-Irak.

L’Université Imam Hossein est l’institution principale où a lieu la formation des troupes, des commandants du CGR et des membres des services de renseignements et de sécurité du régime. L’Université Imam Hossein, contrairement à d’autres universités, est organisée selon une structure militaire. Spécifiquement, elle a une brigade d’étudiants et tous les étudiants sont sous le commandement de cette brigade. La hiérarchie du commandement dans cette université est capitaine de compagnie, capitaine de section et capitaine d’équipe.

L’Université Imam Hossein à Téhéran se situe près de Fourth Square, Tehran Pars, Shahid Babaie Highway, près de Hakimiyeh et Mini-city.

Actuellement, le général de brigade du CGR Ahmadian, qui est aussi président des chefs d’état-major du CGR, est le commandant de l’Université de l’Imam Hossein. Son délégué est le commandant du CGR Majid Soleimanpour. L’ancien commandant de l’Université Imam Hossein est le général de brigade Ahmad Fazaeli, qui a occupé cette fonction pendant six ans et qui a actuellement le poste de conseiller du commandant en chef du CGR.

L’Université Imam Hossein possède un groupe scientifique et un département de physique nucléaire. Le fait qu’une unité de physique nucléaire existe au sein d’une université militaire liée au CGR donne une idée des objectifs du régime en se procurant l’arme nucléaire. 

Le programme de physique nucléaire de l’Université Imam Hossein est aussi important que celui de l’Université de Technologie Sharif, qui a le programme de physique nucléaire le plus ancien et le plus étendu du pays.

Les deux commandants de compagnie du programme de physique nucléaire sont les commandants Seyyed Hassan Hosseini et Reza Haj Beiglou du CGR.

Personnel et Recherches de l’Université Imam Hossein

D’après des informations vérifiées fournies par des sources à l’intérieur du régime iranien, un des tests nucléaires conduits à l’Université Imam Hossein a impliqué l’utilisation d’un générateur de neutrons pour l’émission de neutrons à grande puissance. Les tests ont été menés sous la supervision d’une personne nommée Fereydoun Abbassi.

J’ai ici le nom de 21 professeurs et chercheurs de l’Université Imam Hossein qui sont en majorité des commandants et des membres du CGR.

L’un d’entre eux, Fereydoun Abbassi, que j’ai mentionné plus tôt, est responsable de la section physique à l’Université Imam Hossein. Depuis les premiers jours de la révolution de 1979, il est membre du CGR. Il était présent au front pendant la guerre Iran-Irak. Après la guerre, il a obtenu un doctorat en physique nucléaire.

Depuis 1993, il est membre du conseil scientifique de la faculté de physique de l’Université Imam Hossein du CGR. Il est devenu ensuite chef de département de la faculté de physique. Parallèlement, Abbassi a commencé à travailler sur des recherches nucléaires au ministère de la Défense.

Un certain nombre d’experts nucléaires ont été transférés à l’Université Imam Hossein suite à la réorganisation du centre de recherches nucléaires du régime. Un des hauts experts du CGR, Mohammad Tavala’i, travaille au centre de recherches de l’Université Imam Hossein.

Le programme nucléaire du ministère de la Défense est également sous le contrôle du CGR. Les plus hauts responsables nucléaires au sein du ministère de la Défense sont des commandants et des officiers du CGR. Voici des détails sur ces individus :

● Mohsen Fakhrizadeh est membre du conseil scientifique de la faculté de physique de l’Université Imam Hossein depuis 1991. Il donne des cours un jour par semaine dans cette faculté. Il est le directeur du programme nucléaire du Centre de préparation et des nouvelles technologies de défense.

● Mansour Asgari est membre du CGR. Il a obtenu son diplôme en 1990 et est membre du conseil scientifique de la faculté de physique de l’Université Imam Hossein du CGR où il enseigne une journée et demie par semaine. Actuellement, il est un des experts en laser au Centre de préparation et des nouvelles technologies de défense et travaille sous la supervision de Fakhrizadeh.

● Mohamad Amin Bassam est membre du CGR. Actuellement il est un des experts en laser de la division nucléaire du ministère de la Défense. Il travaille sous la supervision de Mohsen Fakhrizadeh. Il est basé et travaille au complexe militaire de Parchine à Téhéran, où il mène des recherches sur des tests laser.

Participation de longue date du CGR dans la recherche et le développement nucléaire

Le rôle du CGR dans le programme nucléaire du régime date de 1983. Ainsi, la plupart des experts qui ont reçu une formation et qui ont fait leurs études au Centre de Recherches nucléaires de l’Organisation de l’Energie Atomique d’Iran ont été engagés par le CGR à la suite de la validation de deux années de programme de formation.

Afin d’accéder à la science et à la technologie nucléaires, le centre de recherche du CGR a mis en place des relations actives avec d’autres pays tels que la Russie et le Pakistan. Ils négocient et coopèrent avec ces deux pays.

En 1987, trois hauts responsables du CGR ont rencontré Abdulghader (A.Q.) Khan (père du programme d’armes nucléaires du Pakistan) au moins deux fois à Téhéran. La délégation du CGR au meeting était dirigée par Mohammad Eslami, chef du centre de recherches du CGR.

Dès 1987, le CGR a créé plusieurs bureaux de recherches nucléaires dans différentes universités iraniennes. Les plus importants étaient situés à l’Université de Téhéran et à l’Université de Chiraz
En 1993, en raison d’une visite de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, et dans le but de fusionner toutes les recherches nucléaires, le régime a transféré tous les centres de recherche nucléaires du CGR et d’autres centres militaires et universitaires au ministère de la Défense.

Suite à cette fusion, le centre de recherches du CGR qui travaille sur le nucléaire, a pris le nom de « Centre de recherches et d’enseignement du ministère de la Défense ». De plus, tous les experts nucléaires du CGR ont été transférés dans ce centre. Ainsi, le centre de recherches nucléaires du ministère de la Défense a été mis sous le contrôle et le commandement total du CGR.

Le principal centre de recherches du ministère de la Défense est intitulé « Centre pour la préparation et les nouvelles technologies de défense ». Il travaille en coopération avec l’Université Imam Hossein, l’Université Malek Achtar du centre d’enseignement du ministère de la Défense, ainsi que le complexe de recherches de Parchine, dans le but de faire avancer les projets nucléaires du régime. Son personnel, comme un grand nombre des experts de ce complexe, sont majoritairement des commandants et des membres du CGR.

Un haut dignitaire religieux admet utiliser les universités pour dissimuler les projets nucléaires
Le religieux Hassan Rohani, ancien secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale du régime iranien, était le négociateur nucléaire en chef avec les trois pays de l’Union Européenne (la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne) de 2003 à 2005. Il s’est adressé au Conseil suprême pour la révolution culturelle en octobre 2005 et a concédé la dissimulation du programme et la duperie du régime. Ce discours a été publié plusieurs mois plus tard dans le magazine Rahbord (N° 37, automne 2005), qui appartient au centre de recherches stratégiques du Conseil de discernement des intérêts de l’Etat.

Dans ses propos devant le Conseil suprême pour la révolution culturelle, Rohani a reconnu que le régime avait conduit plusieurs tests sous couvert de recherches universitaires et avait essayé de les dissimuler à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA).

Rohani a déclaré : « L’AIEA est au courant de certains tests clandestins menés il y a des années. Par exemple, nous avons fait un test à Téhéran et la personne en charge de ce projet était un professeur d’université. Un des ses étudiants avait écrit une thèse sur ce test et la thèse a été publiée. Par accident, l’AIEA s’est procurée une copie de cette thèse sans que nous ne le sachions. Plus tard, l’AIEA nous a montré une copie de la thèse et a avancé que nous avions fait ce test. Dans un autre exemple que nous pensions être resté secret, un professeur d’université a participé à un projet et a écrit un article scientifique à ce propos. Plus tard, il l’a publié dans une revue internationale et l’AIEA s’en est procurée une copie. »

Dans le même discours, Rohani a stipulé que l’intention du régime derrière les négociations était de gagner du temps afin d’achever les détails de son programme atomique.

Concernant le gel négocié entre l’Union Européenne et l’Iran, Rohani a déclaré : « Un nouvel événement s’est produit ; les Européens se sont graduellement rendus compte que dans les domaines où nous avions des problèmes technologiques, nous n’avons pas accepté la suspension. Nous n’avons accepté la suspension uniquement dans les domaines où nous n’avions aucun problème technique. Ils nous ont récemment dit la même chose dans les négociations : le site de conversion d’uranium d’Ispahan, nous avons achevé les travaux sur ce site pendant la période de suspension [suspension de toutes les activités liées à l’enrichissement] qui transforment le yellowcake en UF4 et UF6. Pendant ce temps, lorsque nous discutions avec les Européens à Téhéran, nous étions en train d’installer les équipements dans certaines parties d’Ispahan et il restait encore beaucoup de travail avant de finir le projet. En fait, nous sommes parvenus à finir le projet d’Ispahan en créant un environnement serein. »

A une autre occasion, Rohani a déclaré : « Je dois expliquer que nous avons besoin d’une opportunité pour transformer nos capacités en réalité pratique. Je veux dire par là, si un jour nous maîtrisons le cycle complet du combustible nucléaire, le monde serait devant le fait accompli et l’équation toute entière se verrait bouleversée ».

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais terminer en résumant et en expliquant la signification des révélations d’aujourd’hui.

1. Le régime iranien se sert d’universités et d’institutions académiques comme couverture pour la recherche et le développement de son programme d’armes nucléaires. Etant donné le passé de mensonges et de tromperies de Téhéran, l’utilisation d’institutions universitaires pour développer la bombe nucléaire rend encore plus difficile de faire stopper le développement secret de l’arme nucléaire par l’Iran.

2. Le programme nucléaire de l’Iran tombe de plus en plus sous le contrôle des gardiens de la révolution, indication supplémentaire de l’existence d’un programme d’armes nucléaires, et non d’un programme civil.

3. L’Iran est en train de transférer son programme d’armes nucléaires sous terre et dans des sites militaires, le dissimulant ainsi des yeux de tous et le rendant inaccessible aux inspecteurs de l’AIEA, tout en promettant transparence dans les négociations ; il y a un fossé entre les actes du régime iranien et ses paroles.

Plusieurs sites nucléaires impliqués dans la recherche et le développement du programme d’armes nucléaires de l’Iran n’ont jamais été contrôlés par les inspecteurs de l’AIEA. Parmi ces sites qui n’ont jamais été inspectés :

● L’Université Imam Hossein du CGR à Téhéran

● Les sites de Lavizan II à Téhéran, découverts en novembre 2004

● De grandes parties du complexe militaire de Parchine près de Téhéran, découvert en mars 2005, impliqué dans des activités d’enrichissement par laser

● Des tunnels souterrains secrets à Téhéran

● Un grand nombre de commandants du CGR ainsi que d’experts nucléaires iraniens impliqués dans le programme d’armes nucléaires n’ont pas été interrogés par l’AIEA.

Le guide suprême Ali Khamenei a effectivement déclaré la guerre à la communauté internationale et a intensifié la guerre avec la population iranienne. Il a mené au pouvoir le nouveau président radical, Mahmoud Ahmadinejad, ancien commandant terroriste du CGR, qui essaie de supprimer tous les obstacles bureaucratiques et pratiques afin d’obtenir la bombe nucléaire et de l’influence en Irak.

Le régime est en train de conduire la communauté internationale à la crise et le temps vient à manquer pour le nucléaire de Téhéran. Mais comme le Professeur Tanter l’a dit dans cette conférence de presse, le problème iranien a une solution iranienne. La solution ultime au changement de régime en Iran est entre les mains du peuple d’Iran et de l’opposition iranienne. Les Iraniens sont prêts pour ce changement. L’année dernière, nous avons été témoins de 4000 manifestations, grèves et actes de résistance dans tout l’Iran, une augmentation sévère comparée à l’année précédente.

J’approuve l’appel de Professeur Tanter à des sanctions multilatérales sur le pétrole et les armes et des sanctions technologiques et diplomatiques devant être immédiatement mises en œuvre contre le régime iranien par le Conseil de Sécurité de l’ONU afin de contrer la menace iranienne.

De plus, la communauté internationale doit tendre la main au peuple iranien et retirer toutes les restrictions pesant sur tous les groupes de l’opposition iranienne et les rendre plus forts en leur fournissant soutien politique et reconnaissance. Un Iran libre et démocratique est la condition préalable et la garantie d’un Moyen-Orient pacifique et stable.

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