BBC 5 Cette semaine, le président Bush a décrit lIran comme une grande menace pour la sécurité nationale en raison de ses projets tenaces de développement darmes nucléaires.
A la veille de la réunion du Conseil de Sécurité de lONU qui doit discuter de cette affaire, une délégation de députés britanniques des trois principaux partis politiques rencontrait à Paris Maryam Radjavi, dirigeante de lopposition iranienne en exil. A la suite des entretiens, une déclaration conjointe a été faite. Mais quespère vraiment réaliser la délégation britannique ? Le pair travailliste Lord Robin Corbett était présent et je lui ai demandé ce quil espérait.
Lord Corbett : Le monde fait face à un défi posé par les extrémistes au pouvoir en Iran. Ils veulent de plus ajouter à cet intégrisme des armes nucléaires. Et ce mélange meurtrier se situe dans une région très explosive du monde. Si cela devait se produire, ce ne serait bénéfique pour personne.
Lénergie nucléaire pacifique, oui, sous contrôle international strict. Mais la possibilité dun développement darmes nucléaires, non.
Mme Radjavi est à la tête dune coalition proposant au peuple dIran un changement démocratique par des élections supervisées par les Nations Unies. Pas la force, comme elle la dit explicitement, et nous sommes daccord avec cela. Un autre Irak nest pas une solution à ce problème grave. Et cest pourquoi nous sommes venus discuter.
Q : Pouvez-vous nous parler un peu plus delle en tant que femme politique ?
Corbett : Le mouvement, la coalition quelle préside essaie damener un changement démocratique en Iran depuis environ deux ans après la chute du chah lorsque les mollahs sont arrivés pour imposer leur intégrisme islamique, au point de voler la démocratie au peuple iranien. Mme Radjavi et les personnes qui soutiennent la coalition quelle dirige veulent rendre la diplomatie au peuple iranien et lui donner la chance de voter pour cette démocratie.
Q : A-t-elle beaucoup dinfluence en Iran ?
Corbett : Je ne connais pas la réponse à cette question, mais ce que je sais, cest quil y a de plus en plus de manifestations contre le régime. Cest pourquoi lhomme, imposé comme président dans ce pays, se comporte dune manière aussi extrémiste, parlant de rayer Israël de la surface de la terre, et ce genre de choses. Ce régime est en grande difficulté. Nous devons rappeler quenviron un tiers de la population iranienne a moins de 30 ans. Ce peuple est lun des peuples les plus instruits du Moyen-Orient. Et ils sortent des universités sachant quil ny a pas de travail. Parce quil y a ces mollahs qui disent diriger léconomie, alors quils devraient être dans les mosquées et quils devraient laisser des politiciens élus diriger léconomie.
Q : Quest-ce qui est alors spécifiquement à lordre du jour ?
Corbett : Nous allons parler des efforts à entreprendre pour persuader non seulement notre gouvernement mais ceux de lUnion Européenne et les Américains quils font une grave erreur en taxant un membre de cette coalition, lOMPI, dorganisation terroriste. Notre ministre des Affaires Etrangères Jack Straw a reconnu deux ou trois fois ces derniers mois que cette décision avait été prise uniquement à la demande des mollahs pour tenter de faciliter les négociations avec les Iraniens avec qui nous avons gâché trois années, car tout ce que ça nous a rapporté, cest de leur faire gagner du temps pour développer leur programme darmes nucléaires.
Q : Comment allez-vous faire pour que tout ceci ne passe pas pour un coup de pub ? Que va-t-il réellement se passer ?
Corbett : Il ne sagit pas dun coup de pub. Je peux vous lassurer. Cest du sérieux.
Q : Mais vous sortez de la réunion avec une déclaration, et quest-ce qui se passe après ?
Corbett : Nous devons faire comprendre au monde que ce mélange dintégrisme islamique et darmes nucléaires est mortel et que le monde doit sen débarrasser. Nous devons tout faire pour essayer de lempêcher, dans notre propre intérêt et ne pas laisser seuls les gens qui vivent dans cette région. La réponse est la démocratie. Sil y a bien une chose que les mollahs ne veulent pas en Iran, cest la démocratie. Cest leur talon dAchille. Et cest ce pourquoi nous sommes ici, pour aider à la faire émerger.
Q : Puisque Mme Radjavi est contre lidée dun changement de régime par la force, comment allez-vous établir une démocratie dans un pays contrôlé par des personnes qui nen veulent pas ?
Corbett : Nous devons mobiliser la communauté internationale afin dessayer de persuader les mollahs quils ne bénéficient plus du soutien de la population et de faire pression sur eux non seulement sur le nucléaire, mais aussi sur leurs violations constantes des droits humains. Ils arrachent les yeux, amputent, pendent en public, fouettent à mort et lapident. Cest un régime médiéval. Et la communauté internationale doit dire, si elle en a la volonté politique, quelle ne le tolère pas. Nous allons obtenir un mandat des Nations Unies dans le pays et organiser des élections justes et libres supervisées par lONU pour que le peuple dIran puisse avoir le choix. Cest ce pourquoi nous luttons tous, alors je vous en prie, ne qualifiez pas cela de coup de pub.
Q : Ces discussions ont-elles lieu avec la bénédiction de Tony Blair et allez-vous lui présenter vos conclusions ?
Corbett : Je ne suis pas sûr que nous ayons sa bénédiction. Mais oui certainement. Nous faisons tout le tapage que nous pouvons dans les deux chambres du parlement pour que le gouvernement reconnaisse quils ont attendu trois ans que les mollahs se conduisent comme tous les êtres humains. Il est temps maintenant que la coalition dirigée par Mme Radjavi soit reconnue comme étant du côté de ceux qui veulent le respect de la liberté et des droits humains en Iran. Ce sont nos alliés dans cette campagne.
Lord Robin Corbett, chef de la délégation des députés et des pairs ayant rencontré lopposition iranienne en exil à Paris.

