mercredi, février 1, 2023
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Iran : Forger le consensus des «Grands»

Iran : Forger le consensus des «Grands»La Libre Belgique – Par Gérald Papy – Américains et Européens vont multiplier les contacts diplomatiques pour répondre au défi nucléaire de Téhéran. La Russie et surtout la Chine seront l’objet de toutes les attentions. De leur accord dépend l’adoption de sanctions.
Les cinq «Grands» du Conseil de sécurité des Nations unies sont entrés dans une période de consultations larges et multiples pour statuer sur l’attitude à adopter à l’égard de l’Iran après sa décision de reprendre ses activités d’enrichissement d’uranium, prélude possible à la confection d’une arme nucléaire que certains experts américains ont situé, vendredi, en 2009.

La décision, la veille, des médiateurs européens de mettre fin aux négociations avec Téhéran et de recommander la saisine du Conseil de sécurité de l’Onu a été perçue comme «logique» par le président George Bush, qui recevait à la Maison-Blanche la chancelière allemande Angela Merkel. Les deux dirigeants ont constaté la convergence de leurs analyses sur le risque de voir l’Iran des ayatollahs acquérir l’arme nucléaire.

«Je veux vous rappeler que l’actuel Président iranien a annoncé que la destruction d’Israël était un point important de son programme. Et cela est inacceptable», a déclaré George Bush, faisant référence aux appels de Mahmoud Ahmadinejad à «rayer Israël de la carte». Et le Président américain d’évoquer comme une «obligation» le souci de «pays comme les nôtres» d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.

Aussi, les Américains s’attellent-ils à préparer la procédure qui mènerait à des sanctions de l’Onu. Celle-ci passe par une réunion prévue fin janvier – début février, selon certains diplomates – du conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique, organe de l’Onu qui veille au respect des engagements découlant notamment du Traité de non prolifération nucléaire auquel l’Iran adhère. L’AIEA est habilitée à renvoyer le dossier au Conseil de sécurité qui peut alors statuer sur la réponse à apporter aux manquements constatés dans le chef de l’Iran, éventuellement des sanctions.

Mais ces sanctions, même les Européens se sont refusés à les considérer comme acquises, vendredi. Comme s’ils voulaient atténuer la portée de leur coup de semonce de la veille, ils ont affirmé dans toutes les langues de l’UE-3 (Allemagne, France, Grande-Bretagne, Union européenne) que le processus était encore long.

L’enjeu réside en fait dans le souci de ne pas sembler forcer la main aux Russes et aux Chinois, les plus réticents à punir l’Iran. Car si Moscou a paru rejoindre la position européenne de renoncement aux négociations, la Chine s’est montrée très discrète sur ses intentions. Vendredi, elle a même mis en garde contre l’impact de mesures de rétorsion. «Nous voulons une solution» à la crise, a affirmé l’ambassadeur chinois aux Nations unies, Wang Guangya, «mais la renvoyer devant le Conseil de sécurité pourrait compliquer les choses». Notons que si l’unanimité n’est pas requise au sein de l’AIEA pour renvoyer un dossier au Conseil de sécurité, bien que le consensus soit toujours recherché, la Chine, comme membre permanent, dispose d’un droit de veto à l’Onu pour s’opposer à une résolution imposant des sanctions. Mais la Chine n’a pas pour tradition d’agiter seule une telle arme. Une adhésion russe à un projet occidental pourrait donc forcer, au moins, une abstention chinoise, jugent les spécialistes.

Les contacts diplomatiques déclenchés par la décision européenne sont donc cruciaux et Pékin sera au centre de ceux-ci. Dès vendredi, la secrétaire d’Etat américaine Condoleeza Rice devait avoir un entretien téléphonique avec son homologue, Li Zhaoxing. Lundi, à Londres, les directeurs politiques des ministères des Affaires étrangères des Etats-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, de la Russie et de la Chine se rencontreront pour répondre au projet nucléaire iranien, que Mahmoud Ahmadinejad a dit vendredi ne pas vouloir modifier d’un iota…

 

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