AccueilActualitésActualités: Iran & MondeLe voyage désespéré de Pezeshkian au Qatar

Le voyage désespéré de Pezeshkian au Qatar

Au lendemain de l’attaque de missiles de Téhéran contre Israël le 1er octobre, le président du régime, Masoud Pezeshkian, s’est lancé dans une mission diplomatique d’un jour et demi au Qatar. Alors que les médias d’État ont présenté ce voyage comme un triomphe diplomatique, il semble n’être guère plus qu’une tentative de remonter le moral des forces mandatées par Téhéran et de sa base de pouvoir interne, que les récents revers militaires et économiques ont ébranlée.

La visite de Pezeshkian est présentée dans les médias officiels comme une avancée significative pour Téhéran. Nour News, affiliée au Conseil suprême de sécurité nationale, a décrit ce voyage comme un « succès diplomatique » qui a « renforcé le soutien à la Palestine » et aligné le Qatar sur la position de Téhéran après l’attaque de missiles. Cependant, ce récit occulte les véritables intentions derrière la poussée diplomatique du régime : obtenir l’intervention d’autres nations et éviter de nouvelles représailles militaires.

Les médias d’État se sont concentrés sur une rhétorique dure, masquant les appels urgents du régime à un soutien. Pendant que Pezeshkian était au Qatar, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a parcouru la région, cherchant également du soutien. Pendant ce temps, le guide suprême Ali Khamenei a prêché aux nations musulmanes de s’unir contre ce qu’il appelle « l’ennemi ». Cette vague d’activité diplomatique est présentée comme une démonstration de force, mais en réalité, elle reflète le désespoir croissant du régime alors qu’il lutte pour maintenir le contrôle sur son territoire et à l’étranger.

Une citation du journal d’État Donya-e-Eqtesad souligne la dimension sécuritaire de la visite de Pezeshkian : « Ce voyage, ainsi que le message de dissuasion envoyé après l’opération True Oath 2, ajoute une valeur considérable, en particulier compte tenu du fait qu’il coïncide avec la réunion historique des ministres des Affaires étrangères de l’Iran et du Conseil de coopération du Golfe après des décennies de tensions. » Cela souligne qu’au-delà des efforts économiques et diplomatiques, le voyage visait à répondre aux préoccupations sécuritaires du régime dans un contexte d’escalade des tensions régionales.

Malgré la rhétorique du succès, les résultats économiques du voyage de Pezeshkian ont été minimes. Mustafa Salehinejad, secrétaire général de la Chambre de commerce conjointe Iran-Qatar, a admis que même la création d’un bureau de change serait considérée comme « une réussite significative » compte tenu des difficultés auxquelles les commerçants iraniens sont confrontés pour faire des affaires avec le Qatar en raison des sanctions. Il a noté que la Turquie a déjà « pris le contrôle » d’une grande partie de la part de marché de l’Iran au Qatar, malgré les coûts plus élevés associés aux produits turcs. Cela contraste fortement avec la représentation exagérée des résultats du voyage par les médias d’État.

L’agence de presse Mizan, gérée par le pouvoir judiciaire, a fait écho au récit du régime, citant Pezeshkian à propos de ses réalisations diplomatiques : « L’un des principaux résultats de ce voyage a été la réunion conjointe des ministres arabes des Affaires étrangères avec Araghchi, au cours de laquelle des discussions constructives et fructueuses ont eu lieu sur les questions régionales, en particulier Gaza et le Liban, et sur le renforcement des relations bilatérales. »

Si les directives éditoriales détaillées d’entités telles que le ministère du Renseignement, l’organisation du renseignement du CGRI ou le ministère de l’Orientation et de la Culture restent cachées, l’uniformité des médias contrôlés par l’État révèle un effort orchestré pour contrôler ce qui est autorisé à être publié et ce qui ne l’est pas.

Alors que Pezeshkian et Araghchi parcourent la région à la recherche d’alliés diplomatiques, les médias d’État continuent de diffuser un récit de victoire et de détermination. En réalité, Téhéran se démène pour contrer les conséquences militaires et diplomatiques de sa propre initiative. Le recours du régime aux coups de pub pour soutenir le moral de ses forces mandataires en difficulté et de sa base loyaliste dans le pays ne fait que souligner la précarité de sa position.