AccueilActualitésActualités: Terrorisme & intégrismeLe Paraguay désigne le CGRI comme organisation terroriste, invoquant une menace internationale

Le Paraguay désigne le CGRI comme organisation terroriste, invoquant une menace internationale

Le Paraguay désigne le CGRI comme organisation terroriste, invoquant une menace internationale
Des commandants du CGRI scandent des slogans lors d’une cérémonie organisée par l’État en Iran

Dans le cadre de mesures antiterroristes, le gouvernement paraguayen a officiellement désigné le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) du régime iranien comme organisation terroriste, invoquant ses violations systématiques de la paix et la sécurité internationale et des droits humains.

Le président Santiago Peña a fait cette annonce jeudi via X, précisant que cette décision découle des « violations systématiques de la paix, des droits humains et de la sécurité de la communauté internationale » commises par le CGRI. Cette mesure étend également les désignations terroristes existantes du Hamas et du Hezbollah par le Paraguay à l’ensemble des deux organisations, et pas seulement à leurs branches armées.

Les décrets présidentiels, numérotés 3758, 3759 et 3760, ont été décrits comme faisant partie de la « position ferme et non négociable » du Paraguay dans la lutte contre le terrorisme, selon un communiqué officiel de la présidence.

Cette désignation marque une avancée significative dans la position de l’Amérique latine face aux menaces militantes transnationales. Le Département d’État américain a salué cette décision, la qualifiant d’« étape cruciale » qui « contribuerait à empêcher le régime iranien et ses mandataires de planifier des attentats terroristes et de lever des fonds pour leurs activités malveillantes et déstabilisatrices, notamment dans la zone des trois frontières, partagée par le Paraguay, l’Argentine et le Brésil ».

La zone des trois frontières (ZT) est connue pour son commerce licite et ses activités financières illicites, et est depuis longtemps citée par les services de renseignement comme une zone vulnérable pour les réseaux extrémistes.

Les États-Unis ont également réitéré leur position selon laquelle « l’Iran demeure le principal État soutenant le terrorisme au monde » et ont exhorté les autres pays à demander des comptes au régime en freinant les opérations de ses agents, financiers et réseaux affiliés à l’étranger.

En élargissant sa désignation au-delà des éléments armés pour inclure les branches politiques et sociales de ces groupes, le Paraguay rompt avec un précédent plus limité établi en 2019 et envoie ce que le président Peña a décrit comme un « message clair » en faveur des principes démocratiques, du droit international et de la souveraineté nationale.

Depuis des années, le CGRI et le Hezbollah ont discrètement étendu leurs opérations à toute l’Amérique latine, utilisant des ambassades, des centres religieux et des sociétés écrans comme plateformes de collecte de renseignements, de recrutement et de financement illicite. Le régime clérical iranien a utilisé ces réseaux pour établir une présence militaire et paramilitaire dans la région, exploitant la couverture diplomatique et la corruption des systèmes locaux pour implanter des agents dans des pays comme le Venezuela, la Bolivie et le Guyana. Cette pénétration stratégique, facilitée par les échanges culturels et les alliances politiques, a permis à Téhéran de mener des opérations de surveillance, de gérer la logistique et même de déjouer des complots d’assassinat en Colombie et en Argentine.

Alors que les tensions géopolitiques s’intensifient et que les préoccupations sécuritaires transnationales s’intensifient, l’initiative du Paraguay pourrait servir de précédent à d’autres pays d’Amérique latine envisageant des désignations similaires.