Agence Télégraphique Suisse, Genève – Des députés suisses, britanniques et des personnalités françaises ont exprimé mardi 14 novembre à Genève leur soutien aux revendications d’opposants iraniens, menacés d’expulsion par l’Irak. Ils ont demandé au HCR et au CICR de garantir leur protection.
Rassemblés depuis le début du mois d’août, soit depuis cent jours devant le siège du Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), les sympathisants des Moudjahidine du peuple réclament la confirmation du statut de réfugiés des 3500 membres de leur mouvement vivant à Ashraf, près de Bagdad. Plus de 20 000 Genevois ont signé en trois mois une pétition en leur faveur.
Sous la pression des dirigeants de Téhéran, les autorités irakiennes les menacent d’être expulsés à la fin de l’année. Mardi, une délégation de parlementaires, menée par deux députés anglais, Lord Corbett de Castle Vale et Andrew MacKinley, sont intervenus en leur faveur auprès de représentants du HCR et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Lors d’une conférence de presse, le conseiller national Luc Barthassat (PDC/GE) a exprimé sa solidarité avec les opposants iraniens. Il les a aussi appelés à élargir leur soutien international en luttant pacifiquement, et non par des moyens terroristes, pour le respect des droits démocratiques en Iran.
Protégés par la IVe Convention
"Il est impératif que les institutions internationales se mobilisent et donnent des garanties pour qu’aucune exaction ne soit commise", a plaidé Erika Deuber-Ziegler.
Les Etats-Unis ont reconnu en juillet 2004 que les réfugiés iraniens à Ashraf, certains présents en Irak depuis 1986, sont des personnes protégées par la IVe Convention de Genève.
Un interrogatoire systématique par les Américains des 3500 habitants d’Ashraf n’avait permis de trouver aucune preuve d’activités terroristes, a rappelé Me Gilles Paruel, un avocat parisien qui a aussi témoigné en leur faveur aux côtés de Mgr Jacques Gaillot.
Un responsable des Moudjahidine, Mohammed Mohadessin, a expliqué que le régime iranien renforce son influence en Irak et cherche à éliminer les opposants. "S’ils devaient être rapatriés en Iran, ils seraient certainement exécutés", a averti le représentant du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI).
Le mouvement, dirigé par Maryam Radjavi, a fait recours devant la Cour de Luxembourg contre son inscription par l’Union européenne sur la liste des organisations terroristes. La France laisse pour sa part les opposants libres de leurs mouvements.

