vendredi, décembre 9, 2022
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L’Iran persiste à enrichir l’uranium sans vouloir coopérer, selon un rapport de l’AIEA

Le Monde – Malgré les menaces du Conseil de sécurité de l’ONU, l’Iran poursuit son programme de production d’uranium enrichi et refuse de coopérer avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour la résolution de problèmes clés posés par ce programme, selon un rapport confidentiel de cette agence onusienne, dont plusieurs agences de presse ont néanmoins obtenu copie mardi 14 novembre.

"L’Agence restera dans l’incapacité de progresser dans ses efforts visant à vérifier l’absence en Iran de matériaux nucléaires et d’activités non déclarés tant que l’Iran (…) ne fournira pas la transparence nécessaire", peut-on lire dans ce rapport. "Ces progrès sont nécessaires à l’Agence pour qu’elle soit en mesure de confirmer la nature pacifique du programme nucléaire de l’Iran", poursuit ce texte.

Entre le 13 août dernier et le 2 novembre, l’Iran a fourni "un total d’environ 34 kg" de combustible d’uranium dans les centrifugeuses de son usine de Natanz, ce qui selon l’AIEA a permis de produire une petite quantité d’uranium enrichi. L’AIEA confirme que l’Iran a commencé à assembler une deuxième chaîne expérimentale de 164 centrifugeuses en cascade, un procédé qui permet d’enrichir l’uranium. Selon une source onusienne proche du dossier, l’Iran produit de l’uranium enrichi à moins de 5 %, nécessaire pour le combustible d’une centrale nucléaire. Les Occidentaux craignent que Téhéran augmente cet enrichissement à plus de 80 % en vue de se doter de l’arme nucléaire.

"CHOC RÉVÉLATEUR"

"Nous voulons produire du combustible [nucléaire], il faut donc aller jusqu’à 60 000 centrifugeuses, nous sommes au début du chemin", déclarait, un peu plus tôt dans la journée, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Il est ainsi allé plus loin que le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Mohammad Ali Hosseini, qui avait déclaré dimanche que son pays cherchait à "atteindre" l’objectif des 3 000 centrifugeuses d’ici à la fin de l’année. Selon Téhéran, ce nombre est nécessaire pour passer d’un stade de recherche à un stade industriel, dans la production de combustible pour les centrales nucléaires civiles.

Mais pour le porte-parole du département d’Etat américain, Sean McCormack, cet objectif de 60 000 centrifugeuses est la preuve que l’Iran cherche bien à de se doter de l’arme atomique ; le porte-parole, qui a exprimé le souhait que ce "choc révélateur" convainque l’ONU de la "nécessité d’une résolution pour envoyer un message fort aux Iraniens", a indiqué que la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice aborderait la question avec ses homologues russe et chinois au cours d’un déplacement, cette semaine, à Hanoï.
Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne) et l’Allemagne débattent depuis trois semaines d’un projet de résolution, préparé par les Européens, visant à imposer des sanctions contre les programmes nucléaire et balistique de l’Iran. Mais les six pays peinent à s’entendre sur un texte en raison de l’opposition de la Russie et la Chine. Leurs ambassadeurs ont décidé lors d’une brève réunion lundi de laisser leurs experts clarifier certains aspects très techniques du projet. Ils doivent se retrouver mercredi.

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