« Ce dont on a parlé ces derniers jours dans la campagne électorale c’est en effet comment saper la compétence de l’establishment de la République islamique, tout en [donnant l'idée qu’] un groupe de traîtres et de pilleurs a émergé de ce système (…) Si cette situation devait se poursuivre, que restera-t-il de la République islamique, sinon une coquille vide ? », écrivait le 7 juin le très officiel quotidien Djomhouri Eslami.
Voici des phrases clés du débat Ahmadinejad-Moussavi du 3 juin 2009 :
Ahmadinejad :
• Sous le mandat de Moussavi, on a envoyé des choses de l'aéroport [en Iran] vers l'Arabie saoudite qui a conduit à des arrestations [référence à l’envoi en Arabie saoudite d'explosifs et de gardiens de la Révolution, sous le couvert de pèlerins]. Nos relations avec l'Arabie saoudite ont été rompues.
• [Lors de l'attaque d'Israël au sud Liban] Moussavi a dit clairement que nous allions envoyer des forces militaires pour combattre du côté de la résistance palestinienne. Il a dit que le régime sioniste devait être éliminé.
• Sous Hachemi [Rafsandjani, président du Conseil de discernement du régime et faction rivale d’Ahmadinejad] … de multiples crises sociales ont englouti nos grandes villes, et de nombreuses personnes ont été tuées.
• Au cours du 18 Tir [protestations étudiantes de juillet 1999], le mouvement qui cherche à renverser le régime a voulu prendre Téhéran et a avancé vers le cœur du régime. Ils ont publié des déclarations publiques et ont été soutenus au-delà des frontières du pays.
• [Sous Moussavi], il y a eu un temps où des parlementaires ont voté contre Moussavi. Il s’agissait d’un vote à bulletin secret. Mais, leurs noms ont ensuite été établis et publiés. Ils ont été la cible de tant d’attaques qu’ils ont dû tous se retirer de la politique.
• [Sous Moussavi] 95 milliards de tomans ont été retiré de la Banque centrale par votre gouvernement sans l’aval du Majlis [Parlement].
• Vous [Moussavi] donnez du « Docteur » à Khatami (…) Mais, il n’a qu’une licence en philosophie [pas un doctorat].
• Beaucoup de dirigeants de votre gouvernement et de celui de M. Hachemi ont débuté avec les poches vides, mais sont ensuite devenus milliardaires grâce à l’import-export avec un dollar à 7 tomans. (Or le taux du marché était d’un dollar pour 1000 tomans)
• J'ai une liste de terrains qui ont été donnés à ces dirigeants, 400.000 m2, 500.000 m2, 800.000 m2, 4 km2. … A qui sont allés tous ces terrains ? A ceux qui vous soutiennent maintenant.
• Dans un cas, ils ont donné la [compagnie] Racht Electric aux amis de M. Karbaschi, à sa femme, et à l'épouse de M. Ghobeh. Ils ont détruit l'usine et vendu le terrain. Il y a eu des dizaines de cas similaires. Ils ont reçu 4 km2 de terres dans le Hormozegan.
• M. Moussavi, si vous voulez parler de comportement illégal, alors examinez le cas de Stat Oil. M. X a été jugé et condamné, mais il a été aidé et il s’est échappé, puis il est parti à l'étranger. La fin de l'histoire conduit au fils de M. Hachemi (Rafsandjani). Les comportements illégaux sont associés aux fils de ces hommes qui vous soutiennent aujourd'hui.
• Comment le fils de M. Nategh [Nouri, ancien président du Majis] est-il devenu milliardaire ? Comment vit M. Nategh aujourd’hui ? Ce sont vos supporters, et ils sont liés à un comportement illégal.
Moussavi :
• Nos gens ressentent les effets de cette politique [d’Ahmadinejad] parce qu’ils ne connaissent pas de tranquillité d’esprit, dans l'économie, dans la pénurie de pièces de rechange industrielles, dans le statut des échanges commerciaux avec le reste du monde, dans le manque de crédibilité de leurs passeports à l'échelle internationale, dans l’humiliation des Iraniens partout dans le monde.
• Quel mal avons-nous fait à notre personnel universitaire et aux étudiants, aux jeunes et à notre peuple pour voir des protestations partout où je vais ? Où que j'aille, ils disent qu'ils ont été la cible d’insultes. Nous avons attribué des étoiles [disciplinaire] aux étudiants, en avons arrêtés certains et expulsés d’autres.
• Pourquoi tous ces artistes sont-ils opposés au gouvernement ? Ils sont sous pressions et confrontés à des problèmes au niveau national.
• Nous voyons les relations du gouvernement avec les religieux. Est-ce que le gouvernement a réfléchi sur les raisons de ses mauvaises relations avec les dignitaires religieux ?
• Pourquoi les relations du gouvernement avec les intellectuels ont-elles été détruites ? Pourquoi a-t-il perdu le contact avec les jeunes ?
• L'industrie est presque au bord de l'effondrement, le taux d'inflation est à 25%, la masse monétaire a augmenté deux fois et demi depuis votre arrivée au pouvoir.

