samedi, février 4, 2023
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Irak : « Nous manquons de temps », selon un officier

Irak : « Nous manquons de temps », selon un officierCNRI – Ce qui suit est un article de Richard Norton et Taylor de Bassora qui évoque l’intervention du régime iranien en Irak. Cet article a été publié samedi dans le Guardian :

L’Irak est sur des charbons ardents. On le ressent lorsque le pilote de l’hélicoptère Puma fait brusquement virer l’appareil et tire automatiquement en réponse à une attaque provenant du sol. On le perçoit sur le visage des jeunes soldats britanniques se préparant pour une nouvelle patrouille de nuit. On l’entend certainement lorsque l’on parle aux commandants militaires britanniques à Bassora et à Bagdad.

« Tout ce qui a été fait jusqu’à présent a servi à préparer ce gouvernement », a déclaré le lieutenant général Sir Rob Fry, le plus haut officier britannique en Irak, en référence à la décision attendue du Premier ministre Nuri al-Maliki aujourd’hui de présenter son cabinet au parlement irakien. « Les trois à six prochains mois vont être cruciaux, absolument vitaux. »

Les soldats britanniques ont de lourdes responsabilités ici à Bassora, politiques, diplomatiques ainsi que militaires. Cependant, comme le dit le lieutenant général Fry : « Tout ce que fait la force militaire, c’est de tenir la bouée ». Il a qualifié la présence de troupes étrangères en Irak de « sage-femme ».

L’analogie est pertinente. Les commandants britanniques espèrent désespérément que le gouvernement d’ « unité nationale » promis par M. Maliki va remplir le dangereux vide exploité par les milices chiites (certaines soutenues par l’Iran) dans le sud, et ailleurs par des insurgés sunnites et des combattants d’al Qaïda qui, selon les services de renseignements britanniques, atteindraient le nombre de 1000, bien plus que l’estimation donnée il y a un an.

Le Guardian a accompagné le général Sir Mike Jackson, chef de l’armée, à Bassora après l’une des pires semaines pour les troupes britanniques ici. Cinq personnes on été tuées, dont la première femme à mourir au combat en Irak, lorsqu’un hélicoptère Lynx a été abattu. Quelques jours plus tard, deux soldats du deuxième bataillon du Royal Anglian Regiment ont trouvé la mort pendant qu’ils patrouillaient dans une Land Rover blindée.

De jeunes soldats du premier bataillon de l’infanterie légère nous ont raconté comment ils ont repoussé une foule de près de 300 Irakiens célébrant le crash du Lynx en se servant d’abord de matraques et de boucliers avant de répondre à leurs cocktails Molotov et mortiers par des tirs.
 
Pendant ce temps, les patrouilles de rue poursuivent leur travail comme avant. « Nous sommes partout dans la ville tous les jours », a affirmé le lieutenant colonel Johnny Bowron, commandant de la première infanterie légère. « C’est particulièrement atroce en ce moment. »

Les commandants militaires britanniques font une distinction marquée entre les insurgés de Bagdad et les milices représentant une menace de plus en plus grande pour leurs troupes près de Basra. « Dans le sud-est, il n’y a pas d’insurrection mais des groupes armés en quête de pouvoir politique et économique », a affirmé le général John Cooper, commandant des forces britanniques dans le sud de l’Irak. Le lieutenant général Fry, basé à Bagdad, est venu confirmer cet argument. « Les rebelles dans le sud ne cherchent pas à renverser le gouvernement mais se disputent le pouvoir économique et les richesses », a-t-il dit.

Ils ont évoqué les brigades Badr, l’aile militaire du Conseil suprême pour la révolution islamique en Irak (CSRII), qui a des liens étroits avec l’Iran et deux bases provinciales dans la région, ainsi que des éléments en marge tels que l’armée Mahdi, milice du religieux radical Moqtada al-Sadr.
La milice prospère, selon les hauts responsables britanniques, au moment où la corruption et la criminalité chez les hommes politiques locaux, sur lesquels les gouvernements centraux faibles or non existants n’ont aucun contrôle depuis l’invasion, s’amplifient. Les officiers britanniques sont frustrés par l’absence de progrès économiques, renforçant l’insécurité particulièrement parmi les pauvres et faisant de ces derniers un public réceptif aux offres de nourriture et de soins médicaux de la milice Mahdi.

Les problèmes dans cette région d’Irak sont aggravés par l’influence de son voisin. « L’Iran se considère véritablement comme une puissance régionale », selon un haut responsable du renseignement militaire britannique à Bassora. On pense que l’Iran veut provoquer une guerre d’usure afin de précipiter le retrait des troupes britanniques et américaines d’Irak sans causer de chaos.

Les Iraniens « ne veulent certainement pas des USA ici, ni d’une nation en proie aux troubles », d’après le lieutenant général Fry. On suspecte que l’Iran, ou au moins ses Gardiens de la Révolution, soit derrière l’usage extensif d’engins explosifs improvisés, de bombes de bord de route qui causent de plus en plus de pertes humaines, pas seulement à Bassora, mais dans tout l’Irak. Il y a maintenant plus de 80 attaques chaque jour causant 600 morts par semaine, selon les dirigeants militaires britanniques.

Pour les Britanniques, la formation d’un gouvernement central est aussi importante que la construction d’une armée irakienne nationale. Des instructeurs britanniques entraînent des élèves officiers dans une école militaire dans l’objectif d’obtenir une force de sécurité irakienne forte de 325000 soldats et d’une police avant décembre. La capacité des institutions nationales à fonctionner d’elles-mêmes va provoquer une réduction de l’effectif de 8000 soldats britanniques, ont affirmé les commandants militaires cette semaine. Ceci serait soumis à des conditions, et non à un agenda prédéfini, selon le général Jackson.

Quant à la Grande-Bretagne, il semblerait que cette période en Irak soit cruciale. « Tout est en train de se jouer », d’après un haut officier britannique. « Nous manquons de temps », selon un autre.

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