mercredi, février 8, 2023
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Il est urgent d’exiger un retour à Achraf – Dominique Lefebvre

CNRI – « C’est vrai que, une fois encore, on retrouve la question du droit, votre organisation et la résistance iranienne ont été victimes depuis des années d’un déni de droit. Le droit des réfugiés doit s’appliquer, et chacun doit prendre ses responsabilités. Il en va à la fois de la vie de ces 3000 résistants iraniens », a déclaré Dominique Lefebvre, député du Val d’Oise.

Il présidait une réunion du Comité parlementaire pour un Iran démocratique le 20 février au palais Bourbon, portant sur « les perspectives en 2013 au Moyen-Orient et en Iran, le rôle de la France », a rassemblé de nombreux députés de tous bords et a invité Mme Radjavi la présidente de la résistance iranienne, à venir s’exprimer. Video

Voici les points forts de son intervention :

Je suis très heureux de vous accueillir aujourd’hui, Madame la Présidente, au nom du Comité Parlementaire pour un Iran Démocratique.

Vous êtes venue ici dans cette salle le 5 décembre dernier. L’ambiance était à la vigilance à propos de la situation des résidents d’Achraf dans le camp Liberty. L’ambiance était surtout à la fête et à l’espoir, puisque cette rencontre venait alors qu’au terme d’un processus long de combat pour le droit, le dernier obstacle à la reconnaissance officielle du CNRI comme instance légitime et représentative de la résistance iranienne avait été levé avec la levée de l’inscription de l’OMPI sur la liste des organisations terroristes aux États-Unis, après que le même mouvement ait été opéré l’année précédente en Europe.

Et nous avions alors évoqué cette victoire du droit, ce long combat, long combat justifié par le symbole à la fois que représente votre Conseil, que représente aussi Achraf dans la lutte contre le régime iranien. Un combat dont nous nous avions tiré toutes les leçons, puisque dans ce combat pour la démocratie, la première, la meilleure des armes reste le droit. Nous l’avions fait prévaloir.

Finalement, face aux pressions, face aux incertitudes, face parfois à des formes de complicité objective, si ce n’est totalement assumée, des gouvernements occidentaux, compte tenu de la complexité de la situation diplomatique. Et l’étape qui s’ouvrait, nous allons en reparler, c’était celle, après la fin de l’inscription sur la liste des organisations terroristes, le chemin qui doit mener, en France ici, en Europe, aux États-Unis, mais je crois que les choses avancent puisque vous avez rencontré pour la première fois officiellement une délégation officielle de la Commission des Affaires Étrangères de la Chambre des Représentants, à une reconnaissance du CNRI, qui est une étape indispensable. Elle n’est que justice en raison du combat que vous conduisez depuis trente ans, elle n’est que nécessaire au regard des messages qu’il faut faire passer auprès du peuple iranien qui souffre et qui doit, qui devra effectivement se mobiliser et agir pour le renversement du régime. Et nous avons parlé de cette étape.

Il se trouve que notre réunion d’aujourd’hui, prévue déjà de longue date dans ce cheminement, intervient dix jours après l’attaque violente dont a fait l’objet le camp Liberty où sont actuellement réfugiés près de 3000 résidents d’Achraf. Ce n’est d’ailleurs pas faute de votre part d’avoir alerté sur les risques que posait la conception même du camp Liberty, sur la sécurité des résidents. Ce n’est pas faute d’avoir alerté à minima sur l’incapacité du gouvernement irakien à assurer la protection des résidents d’Achraf. Ce n’est pas faute d’avoir y compris interrogé sur les complicités éventuelles dont des groupes terroristes en Irak directement liés au régime iranien pouvaient bénéficier de la part du gouvernement irakien pour mener ces attaques.

Ces attaques ont eu lieu, elles ont conduit à la mort de sept de vos camarades résistants iraniens, pour lesquels nous avons tous une pensée, également de nombreux blessés. Donc, c’est vrai qu’il y a la perspective et le cheminement. Il y a aujourd’hui l’urgence, et l’urgence, c’est partir du constat que je viens de décrire : l’incapacité du camp Liberty à permettre la sécurité de ceux qui y habitent, l’incapacité du gouvernement irakien, si ce n’est sa complicité, à assurer cette sécurité, les carences effectives aujourd’hui de l’Organisation des Nations Unies et du Haut-commissariat aux Réfugiés pour assurer la protection des réfugiés. Donc, c’est l’urgence, on en parlera beaucoup cet après-midi.

En tout cas, ce que je veux vous dire, c’est que pour notre Comité Parlementaire, il y a trois objectifs très clairs, urgents, immédiats. Faute de pouvoir trouver une meilleure solution au camp Liberty qui pose par ailleurs ses problèmes de vie quotidienne, ses problèmes sanitaires, c’est effectivement exiger le retour à Achraf, non pas comme un retour sur le passé mais parce que c’est là, objectivement, que les conditions de sécurité peuvent être le mieux organisées.

La deuxième, c’est obtenir la reconnaissance effective du statut de réfugié pour ces 3000 résistants iraniens, que nous considérons de fait comme des réfugiés, dont ils n’ont pas exactement la reconnaissance et le statut, à tel point qu’ils ne bénéficient pas de la part des organisations internationales de la protection qui est nécessaire. Et puis, et puis, l’accélération du processus de transfert, à commencer par celles et ceux qui sont blessés ou malades, cela peut se faire très rapidement, un certain nombre de pays l’ont dit, moi je me félicite du communiqué du Quai d’Orsay de dimanche dernier qui réaffirme que la France est prête aujourd’hui à accueillir des réfugiés iraniens.

Donc, il faut absolument que ces trois objectifs soient rapidement tenus. Vous pouvez, en tout cas, compter sur nous pour interpeller le gouvernement français et conduire cette action auprès des autorités compétentes, pour que ces mesures puissent être prises. C’est vrai que, une fois encore, on retrouve la question du droit, votre organisation et la résistance iranienne ont été victimes depuis des années d’un déni de droit. Le droit des réfugiés doit s’appliquer, et chacun doit prendre ses responsabilités. Il en va à la fois de la vie de ces 3000 résistants iraniens. Il en va aussi du combat, parce qu’une autre manière de prendre les choses, c’est se demander pourquoi le régime iranien, à ce point, souhaite la disparition d’Achraf. Tout simplement parce qu’il souhaite la disparition du symbole de la résistance extérieure pour pouvoir effectivement dans la situation intérieure continuer à agir.

Voilà Madame la Présidente, au nom du Comité, ce que je souhaitais dire des positions que nous prenons aujourd’hui. Soyez assurée de notre soutien en ces moments difficiles. Transmettez à vos camarades toute notre amitié, tout notre soutien.