
L’ancienne sénatrice et candidate à la présidence colombienne, Ingrid Betancourt, a profité de son discours du 21 février 2026, lors d’une réunion célébrant la Journée internationale des femmes 2026, pour présenter le leadership des femmes comme l’enjeu décisif de tout avenir démocratique pour l’Iran. Débutant son discours par un hommage à « une résistance forgée dans le feu », Mme Betancourt a déclaré que les Iraniennes avaient transformé « la douleur en force, la répression en détermination », et a insisté sur le fait que l’égalité des sexes n’a jamais été une question secondaire à négocier après un changement de régime.
Elle a vivement critiqué les régimes monarchique et clérical, arguant que sous le Shah déchu, « l’égalité sans démocratie n’était qu’une façade, conditionnelle, fragile et réversible », tandis que sous la théocratie, la misogynie était érigée en loi et la violence institutionnalisée.
#IWD2026 Conference – Women’s Leadership, an Imperative for a free Iran, a Democratic Republic
.@IBetancourtCol, Former Colombian Senator and Presidential Candidate#WomenForce4Change#ForAllWomenAndGirlshttps://t.co/w2yDwj4hJs… pic.twitter.com/81w194Gcyr
— Women's Committee NCRI (@womenncri) 21 février 2026
Betancourt a rejeté la restauration dynastique, déclarant que « la lignée n’est pas synonyme de légitimité » et avertissant que toute plateforme politique ne garantissant pas les droits des femmes constitue « un effacement pur et simple » des sacrifices des Iraniennes. Elle a présenté le CNRI et la direction de Maryam Radjavi comme l’alternative la plus évidente, saluant un mouvement qui a « inscrit l’égalité dans sa structure » bien avant que l’émancipation des femmes ne devienne un slogan.
Qualifiant le Plan en dix points de cadre éprouvé, elle a conclu que soutenir le leadership des femmes n’est « pas symbolique ; c’est stratégique, c’est essentiel ». Elle a affirmé qu’une république sans femmes décisionnaires ne serait qu’une « domination recyclée sous un nouveau nom ».
Voici le discours d’Ingrid Betancourt :
Chère Maryam Radjavi, chères amies, chères sœurs dans ce combat,
Je suis profondément touchée par les paroles de mon amie Michèle Alliot-Marie, de Carla Sands et d’Anneli Jäätteenmäki. Je reconnais parmi vous tant de visages que je connais et que j’admire : Rosalía Arteaga, Linda Chavez, Dominique, mon amie Dominique Attias.
Aujourd’hui, nous sommes réunies non seulement pour célébrer la Journée internationale des femmes, mais aussi pour honorer une résistance forgée dans l’épreuve. Nous sommes solidaires des femmes iraniennes, ces femmes qui ont transformé la douleur en force, l’oppression en détermination et le silence en un cri qui résonne à travers le monde.
La lutte pour l’égalité des sexes en Iran n’a jamais été une question secondaire. Elle n’a jamais été une revendication de second ordre, un sujet à négocier après un changement politique. Depuis les premiers chapitres de l’histoire iranienne moderne, les droits des femmes sont indissociables de la lutte du peuple iranien pour la liberté, la dignité et l’indépendance nationale.
.@IBetancourtCol: Iranians overthrew a one-party, corrupt system in 1979. We cannot replace one dictatorship nostalgia with another. Any platform that does not clearly guarantee women’s rights cannot represent Iran’s future. In the Shah’s son’s plan, women are mentioned only in…
— NCRI-FAC (@iran_policy) 21 février 2026
Sous la dictature du Shah, les femmes étaient érigées en symboles de modernisation tandis que leurs libertés politiques étaient impitoyablement réprimées. L’égalité sans démocratie n’était qu’un leurre, conditionnel, fragile et éphémère. Elle ne servait guère plus qu’à orchestrer la propagande, à masquer la corruption et la violence politique visant à s’attirer les faveurs des démocraties occidentales.
Sous le régime théocratique actuel, la répression a pris une forme encore plus sombre. L’État s’est arrogé le droit de contrôler le corps des femmes, leur tenue vestimentaire, leur parole, leurs choix, leur vie. La discrimination est devenue loi, la misogynie politique, la violence institutionnalisée.
Mais, sous les deux régimes, une vérité est restée constante : le despotisme iranien, quelle que soit l’idéologie dont il se réclame, est incompatible avec l’égalité des sexes. Et pourtant, les Iraniennes n’ont pas reculé. Elles se sont soulevées. Le soulèvement national de janvier [2026] a mis en lumière cette réalité avec une brutalité saisissante.
Les femmes n’étaient pas de simples participantes ; elles étaient des catalyseurs, des organisatrices, des dirigeantes. Leur courage en première ligne n’était pas symbolique ; il a engendré une transformation politique et morale profonde.
Le monde n’oubliera jamais les rangées de sacs mortuaires noirs entassés dans d’immenses entrepôts, des milliers de corps de femmes plongés dans l’anonymat. C’est un symbole poignant de génocide sexiste, le fruit mortel d’une idéologie misogyne qui a plongé l’Iran dans un bain de sang.
La présence des femmes en première ligne a démontré une leçon cruciale : l’égalité des sexes en Iran n’est pas une réforme future à négocier après coup. C’est la condition sine qua non d’une véritable liberté et du rétablissement des droits humains.
Lorsque de jeunes femmes se sont dressées, inébranlables, face aux forces armées, un nouveau Tiananmen s’est déroulé sous nos yeux. Cela a révélé non seulement le rôle central des femmes dans la lutte pour renverser le régime iranien, mais aussi les défaillances de nos prétendus leaders d’opinion progressistes occidentaux.
Aucun rassemblement, aucun appel à la fin du génocide, aucune marche dans les rues de nos capitales. Comme si le fait de voir des femmes combattantes était trop radical, trop révolutionnaire pour les limites du politiquement correct ?
Ou peut-être cela a-t-il révélé avec clarté qu’aujourd’hui, l’argent et les intérêts économiques exercent une influence bien plus grande sur le monde que nos principes et valeurs démocratiques. À l’ère des drones et de l’intelligence artificielle, les Iraniennes ont démontré que, plus que jamais, l’éthique féminine doit guider l’humanité.
Face à la mort, les Iraniennes ont affirmé avec une clarté profonde : l’égalité des sexes en Iran n’est pas une simple réforme à reporter à plus tard, après un changement politique. Bien plus, leur combat pour l’indépendance est le fondement même d’une révolution humaniste pour ce nouveau millénaire.
La préservation de la dignité humaine, et par là même la survie de notre liberté, notre quête de vérité et de justice, et la protection de nos valeurs familiales, dépendent de notre capacité à tirer les leçons du martyre des Iraniennes.
Ingrid de Betancourt spreekt haar steun uit voor de Iraanse vrouwen die strijden voor een vrij en democratisch Iran olv Maryam Rajavi. 🧵 pic.twitter.com/eMeZMuuyoM
— Dorien Rookmaker (@RookmakerDorien) 21 février 2026
Les Iraniennes montrent au monde que tant que la dictature religieuse perdurera, l’égalité entre les femmes et les hommes restera structurellement impossible. Un système fondé sur le contrôle des femmes ne peut garantir la liberté à personne.
De cette réalité découle une conclusion claire et sans équivoque : deux éléments sont indispensables, non optionnels, non négociables.
Premièrement, le renversement de la dictature religieuse.
Deuxièmement, l’instauration d’une république démocratique où les femmes ne sont ni de simples participantes décoratives, ni des ministres symboliques, ni des représentantes de façade, mais des décideuses aux plus hauts niveaux du pouvoir politique.
Toute vision de l’avenir de l’Iran qui reporte l’accès des femmes au pouvoir n’est pas une libération ; c’est simplement une domination recyclée sous un nouveau nom. C’est pourquoi la revendication du peuple iranien pour un changement politique et la revendication des femmes pour l’égalité ne sont pas des luttes parallèles ; elles ne font qu’une seule et même lutte.
Les Iraniennes ne demandent pas la protection des hommes. Elles ne cherchent pas la charité. Elles ne demandent pas à être incluses dans la lutte d’autrui ni à être intégrées à une vision patriarcale de l’avenir remaniée.
Par leur martyre, elles affirment leur droit de façonner cet avenir, non seulement pour l’Iran, mais pour nous tous, pour le monde, pour la nouvelle ère qui se dessine sous nos yeux. C’est pourquoi la question des alternatives politiques est si cruciale.
Ces dernières années, certains, hors d’Iran, ont tenté de promouvoir le fils de l’ancien Shah comme la solution à la crise iranienne. Vraiment ?
Mais la lignée n’est pas synonyme de légitimité ; l’héritage n’est pas un gage de démocratie, comme Carla Sands nous l’a si brillamment démontré sous nos yeux. La dictature que les Iraniens ont renversée en 1979 était un système corrompu à parti unique qui bafouait les libertés politiques. On ne peut pas remplacer la nostalgie d’une dictature par une autre.
Plus important encore aujourd’hui, toute plateforme politique qui ne garantit pas clairement, spécifiquement et de manière contraignante les droits des femmes ne peut prétendre représenter l’avenir de l’Iran. Lorsque les femmes sont mentionnées en passant dans la propagande et le programme du fils du Shah, noyées dans de vagues allusions à des forces sociales, ce n’est pas l’égalité.
C’est une omission délibérée, et dans le cas de l’Iran, après ce que nous avons vécu, vu et constaté, c’est un effacement pur et simple de l’héritage des femmes en Iran. En cette Journée internationale des femmes, il est impératif d’être clair : les droits des femmes ne sauraient être relégués au second plan, ni en Iran, ni ailleurs dans le monde. Ils doivent constituer le pilier central de tout programme politique, de tout projet, de toute vision pour le XXIe siècle.
C’est pourquoi le mouvement au sein de la Résistance iranienne, mené par Maryam Radjavi, revêt une importance si profonde. C’est le sens de son Plan en dix points, fruit de son expérience unique, car son mouvement n’a pas fait de l’égalité des sexes un simple slogan à la mode. Il a bâti l’égalité au cœur même de sa structure. Nous pouvons le constater ici.
Des décennies avant que le monde ne s’empare du sujet de l’émancipation des femmes, ce mouvement a hissé les femmes à des postes de responsabilité – non pas comme une exception, un symbole, mais comme la norme.
Malgré les conditions les plus extrêmes – emprisonnement, exil, viols, tentatives d’assassinat, propagande infâme et incessante –, les femmes de cette résistance n’ont pas reculé ; elles ont avancé.
La vision de Maryam Radjavi est claire : l’égalité pleine et entière entre les femmes et les hommes sur les plans juridique, politique, économique et social ; l’abolition des lois discriminatoires ; l’égalité de participation aux instances dirigeantes ; la liberté vestimentaire, la liberté d’expression, la liberté de choix ; la tolérance zéro face aux violences sexistes.
Tout ce que nous tenons pour acquis dans notre monde occidental, mais dont nous savons qu’il est si fragile. C’est pourquoi nous sommes là, et c’est pourquoi nous prenons la parole.
Maryam Radjavi ne fait pas de promesses abstraites. Ses principes sont éprouvés par la pratique, et ils constituent notre revendication en tant que femmes du monde. C’est ce qui rend ce mouvement unique. Il a prouvé que le leadership des femmes n’est pas seulement moralement juste ; il est stratégiquement indispensable.
Le leadership des femmes renforce la résistance. Le leadership des femmes approfondit la légitimité. Le leadership des femmes ancre la démocratie dans le vécu, et non dans une rhétorique vide.
La transformation est inscrite dans l’essence même de l’être féminin. Le changement est inscrit dans notre histoire. Aller de l’avant, c’est ce que nous faisons en tant que femmes. C’est pourquoi le pouvoir des femmes a toujours été craint et si souvent réprimé.
La lutte contre la tyrannie religieuse et la lutte pour la libération des femmes sont indissociables. Elles s’attaquent en effet à la même structure de domination, un système qui craint les femmes précisément parce qu’il craint le changement, la vérité et la justice.
Soyons honnêtes : l’avenir de l’Iran ne se construira ni par la nostalgie, ni par des revendications dynastiques. Nous n’accepterons pas qu’il soit négocié à huis clos par des élites déconnectées des sacrifices du peuple.
Il sera construit par des femmes qui ont payé le prix de la résistance et par des hommes qui reconnaissent ce combat, car ensemble, nous nous lèverons et nous impulserons le changement. Et aucun groupe, nous le savons, n’a payé ce prix avec autant de constance et de courage que la Résistance iranienne menée par Maryam Radjavi.
Des mères qui pleurent leurs filles exécutées et continuent d’exiger vérité et justice, aux étudiantes qui risquent l’expulsion, les coups, le viol et l’emprisonnement, des militantes qui endurent la torture et refusent de mentir, aux femmes exilées qui poursuivent leurs manifestations et organisent la résistance à travers les continents :
Elles nous ont montré ce que signifie véritablement le leadership féminin : inébranlable, inflexible, incorruptible, sans capitulation, sans trahison, sans compromis. C’est pourquoi un Iran démocratique sans égalité des sexes n’est pas seulement insuffisant ; il est impossible. Et l’égalité des sexes sans démocratie n’est qu’une illusion.
Aujourd’hui, le choix qui s’offre à nous est clair. Soutenir le leadership des femmes n’est pas un geste symbolique ; c’est un choix stratégique, essentiel. C’est la voie vers une république où le pouvoir ne repose pas sur la peur mais sur le consentement, où la loi protège au lieu de punir. C’est une république où la foi est un choix personnel, non imposée, où les filles grandissent en sachant que leurs rêves ne sont pas un crime.
En cette Journée internationale des femmes, engageons-nous non seulement à admirer, mais aussi à agir. Faisons entendre la voix de la Résistance iranienne. Remettons en question les discours qui la marginalisent.
Exigeons que tout avenir pour l’Iran se construise avec les femmes au cœur des décisions et du pouvoir, et non en marge.
Car lorsque Maryam Radjavi prend la parole, l’Iran gagne en liberté. Lorsque les Iraniennes s’élèvent, l’Iran tout entier s’élève avec elles. Et lorsque les Iraniennes seront libres, nous toutes, femmes du monde entier, serons libres avec elles.
Merci.

