
Les publicités manuscrites de vente d’organes sont souvent vues dans les villes d’Iran aujourd’hui, et le plus triste, c’est qu’elles proviennent pour la plupart de jeunes chômeurs ; subissant des pressions économiques si rudes, ils mettent en vente les organes de leurs propres corps (rein, foie, cornée et bien plus) juste pour pouvoir satisfaire leurs besoins quotidiens.
C’est devenu si largement répandu, surtout à Téhéran, que certaines régions sont considérées comme des pôles pour la vente d’organes.
Le journal Arman a écrit à ce sujet un article intitulé « La vente d’organes au prix de la vie » : « Ceux qui sont allés à Valiasr ont peut-être vu qu’il y a une rue juste en face de la Cour de justice, où les gens affichent leurs annonces de vente d’organes, du rein au foie, en passant par la cornée et plus encore.» (1er décembre 2018).
Dans une interview avec le journal Arman, l’un de ces vendeurs de reins déclare : « mon enfant a une maladie incurable. Tous les médecins que nous avons consultés n’ont pas été en mesure de diagnostiquer sa véritable maladie. Nous vivons actuellement dans la maison d’un de nos parents près de Suse. J’ai vendu mon rein le mois dernier. Le concessionnaire a pris la moitié de l’argent, et j’ai utilisé le reste pour couvrir les frais de voyage pour moi, mon partenaire et mes 3 enfants – à Téhéran et Bandar Abbas. Je suis actuellement vendeur ambulant à Bandar Abbas ainsi qu’à Téhéran, mais même cela est devenu très difficile pour moi, surtout à Téhéran, et j’en ai tellement marre de tout ça maintenant. »
Il y a beaucoup d’autres personnes comme cet homme, qui vendent leurs organes pour survivre.
Shia News, une agence de presse officielle, rapporte les propos d’un citoyen de Zahedan : « Je me suis séparée de mon mari et je vis actuellement avec mes deux sœurs dans une région rurale de Zahedan. Mes sœurs et moi n’avons aucune source de revenu, alors nous faisons tout ce qu’il faut pour satisfaire nos besoins. En vendant nos reins, nous espérons ouvrir un magasin et assurer un avenir à nos enfants. Nous espérons également fournir de l’argent à notre jeune sœur, qui n’a pas encore pu se marier. Nous voulons l’aider à éviter d’en arriver au point où nous en sommes aujourd’hui. » (1er décembre 2018)
Le plus triste, c’est que de nombreux représentants du gouvernement semblent légitimer la vente d’organes maintenant.
Hossein-Ali Shahriari, président de la Commission de la santé et des soins du Majlis (Parlement des mollahs), déclare : « Qu’y a-t-il de mal à cela (vendre des organes) alors que la personne dans le besoin peut investir 20 à 30 millions de tomans pour avoir une vie meilleure ? » (6 mars 2017 ; Bahar)
Ce que ce membre du Majlis n’admet pas, c’est que le gouvernement corrompu est lui-même la raison profonde de ces misères !
La tendance croissante à la vente d’organes a créé un créneau en ligne pour de nombreux courtiers, ce dont parle également le site Web officiel Shafaf : « De nos jours, Instagram est devenu l’une des principales plateformes sur lesquelles de nombreux courtiers exercent leurs activités ignobles de vente d’organes. Certaines personnes vendent leurs reins juste pour satisfaire leurs besoins les plus élémentaires. » (24 septembre 2018).
Ce dont nous sommes témoins aujourd’hui est le résultat des pillages incessants d’un régime corrompu en Iran.

