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Le Majlis iranien renforce la répression face aux luttes intestines et à la multiplication des crises internes

Le Majlis iranien renforce la répression face aux luttes intestines et à la multiplication des crises internes
Les médias d’État reconnaissent l’ampleur de la pauvreté : des familles achètent nourriture et produits de première nécessité à crédit

Le 4 novembre, le Parlement iranien s’est penché sur la sécurité intérieure, en faisant progresser une législation contre les infiltrations étrangères présumées et en révisant la réglementation relative aux armes à feu et aux rassemblements publics. Parallèlement, des parlementaires ont publiquement mis en garde contre les divisions au sein du pouvoir, et les autorités ont signalé un nouvel affrontement armé au Sistan-et-Baloutchistan. Ces événements illustrent comment les préoccupations sécuritaires intérieures entrent de plus en plus en concurrence avec les efforts du régime pour projeter sa puissance militaire, tant à l’étranger qu’à l’intérieur du pays.

Le Parlement renforce la répression face à la montée des tensions

Lors de la session parlementaire du 4 novembre, les députés ont examiné des amendements visant à étendre les pouvoirs des forces de sécurité en matière d’usage d’armes à feu, y compris lors de certaines manifestations, parallèlement à une législation encadrant les rassemblements publics. La proposition relative aux armes à feu prévoit également un renforcement des protections institutionnelles pour les agents impliqués dans des tirs mortels. Bien que ces mesures n’aient pas encore été adoptées, leur examen témoigne d’une volonté de donner aux forces de sécurité une plus grande marge de manœuvre pour réprimer la dissidence.

Les députés ont également approuvé des dispositions législatives visant à lutter contre l’infiltration présumée de services de renseignement étrangers, prévoyant des peines de prison, des sanctions financières et des interdictions d’exercer certaines professions pour certains contacts non autorisés avec des entités étrangères. Ces mesures prévoient également la centralisation des informations issues des bases de données gouvernementales, renforçant ainsi la capacité des autorités à surveiller les activités considérées comme des menaces pour la sécurité.

Ensemble, ces initiatives suggèrent une volonté de prévenir toute dissidence et de renforcer l’appareil répressif dans une société déjà fragilisée par les difficultés économiques, les manifestations récurrentes et une méfiance croissante envers le pouvoir en place. Face à la colère populaire qui risque de dégénérer en troubles plus importants, le régime semble de plus en plus soucieux d’empêcher toute mobilisation avant qu’elle ne se transforme en une menace politique majeure.

Des parlementaires mettent en garde contre les divisions internes qui menacent le régime

Lors de la session parlementaire du 4 novembre, la députée Sara Fallahi a averti que les divisions au sein de la haute fonction publique pourraient servir ce qu’elle a qualifié de stratégie ennemie en vue d’un coup d’État. Elle a accusé les responsables d’exploiter les ressources nationales et a exigé des comptes pour des années de mauvaise gestion. Ses propos reflètent une surenchère de reproches au sein du pouvoir, les factions rivales cherchant à se défausser de leur responsabilité dans les crises qui alimentent la colère populaire.

Un autre parlementaire, Ahmad Aryaeinejad, a mis en garde contre le désenchantement idéologique et l’insécurité qui règnent dans les universités. Il a critiqué les inégalités salariales, les problèmes de retraite non résolus et le mercantilisme. Leurs interventions suggèrent que les préoccupations du pouvoir dépassent la simple précarité économique pour englober les conséquences politiques d’une répression et de difficultés prolongées.

Face aux pressions internes, le pouvoir renforce sa politique de confrontation

Dans un message du 4 novembre, le Guide suprême Mojtaba Khamenei a appelé à la mise en œuvre de ce qu’il a qualifié de « dissuasion absolue », réaffirmant ainsi la position conflictuelle du régime envers les États-Unis. Cette insistance sur la puissance militaire intervient alors que le régime fait face à un mécontentement populaire croissant et à des désaccords internes sur la manière de gérer la confrontation en cours.

Le commandant de la Force Qods des Gardiens de la révolution iraniens, Esmail Qaani, a relayé ce message, affirmant que les forces régionales alignées sur l’Iran étaient prêtes à affronter leurs adversaires sans restriction géographique.

Les autorités ont également instrumentalisé les manifestations anti-américaines annuelles du 4 novembre pour afficher une image d’unité nationale, les comptes rendus officiels faisant état de rassemblements dans plus de 900 villes. Les autorités éducatives ont demandé aux établissements scolaires et aux organisations étudiantes de coordonner la participation.


Par ailleurs, il semblerait que les autorités éducatives aient demandé aux écoles d’organiser la participation des élèves, tandis que des enseignants et des familles ont affirmé que certains élèves avaient été menacés de sanctions disciplinaires pour avoir refusé d’y participer. Ces informations suggèrent que les autorités cherchaient à garantir une participation visible dans un contexte de mécontentement populaire croissant.

Répression dans un contexte de difficultés extrêmes
À Zarand, la police a fait fermer deux salles de sport réservées aux femmes, invoquant des violations présumées des règles sur le port obligatoire du hijab ainsi que l’organisation de célébrations d’Halloween. À Qayenat, les autorités ont également fermé un café-restaurant et une autre salle de sport pour des motifs liés à ces mêmes restrictions culturelles. Des poursuites judiciaires ont été engagées contre ces établissements.

Par ailleurs, le ministre du Pétrole par intérim a reconnu qu’environ un quart de la capacité de production de gaz du pays est hors service, conséquence des dommages subis en temps de guerre. Il a appelé à une réduction de 20 % de la consommation des ménages et du secteur industriel afin de faire face aux pénuries hivernales, sans toutefois préciser de calendrier pour le rétablissement des capacités perdues.

La journée du 4 novembre a mis en lumière une classe dirigeante de plus en plus préoccupée par la préservation de son autorité, alors que les pressions intérieures s’intensifient. Tandis que les législateurs cherchent à obtenir des pouvoirs étendus pour réprimer toute dissidence et que les factions rivales se rejettent mutuellement la responsabilité des crises que traverse le pays, les dirigeants continuent de privilégier la confrontation militaire et les démonstrations publiques de loyauté.

Pourtant, la précarité croissante, la résistance idéologique et la dégradation des infrastructures pèsent sur un système déjà fragilisé par des divisions internes. La vulnérabilité fondamentale réside dans la difficulté du régime à gérer ces pressions simultanément : ses efforts pour projeter une image de force à l’étranger et imposer l’obéissance à l’intérieur du pays sont de plus en plus entravés par des crises non résolues qui sapent son autorité.