mercredi, novembre 30, 2022
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Durban II, la conférence de tous les dangers ‘ Radio Cité (Suisse)

 CNRI – Radio Cité en Suisse invitait le 20 avril diverses personnalités pour débattre de la conférence contre le racisme, dite de Durban II. Parmi les invités, figuraient Behzad Naziri, membre du CNRI et ancien journaliste et prisonnier politique :

Question : Monsieur Behzad Naziri, vous êtes membre de la Commission des affaires étrangères du Conseil national de la Résistance iranienne. Présentez-nous ce conseil national de la résistance, parce que c’était le nom qu’avait donné de Gaulle à un organisme présidé par Jean Moulin en 1943.

Behzad Naziri : Exactement. C’est la coalition qui regroupe l’opposition démocratique au fascisme religieux qui est actuellement au pouvoir en Iran. Cela recoupe l’histoire : on se rappelle qu’à un moment il y avait une résistance contre le fascisme qui occupait la France. Et actuellement, depuis 30 ans il y a une résistance en Iran. Je voudrais donc en venir là, sur un facteur qui est absent dans ce débat, c’est-à-dire les Iraniens eux-mêmes. Puisqu’il s’agit d’un « président » de l’Iran, donc je pense qu’il y a une voix iranienne à entendre et cette voix c’est la voix de 70 millions d’Iraniens qui ne veulent pas d’une théocratie. Par ce qu’Ahmadinejad n’est pas représentatif de la nation iranienne mais c’est un homme de main, un représentant du Guide suprême, donc d’une théocratie, d’une dictature religieuse qui s’impose par la voie de la répression.

Question : juste pour qu’on sache bien qui vous êtes, d’où vous venez, êtes-vous un homme du chah, un homme de l’ancien régime ? Pour qu’on sache bien qui est en train de nous parler.

Behzad Naziri : Le Conseil national de la Résistance iranienne a une clause très claire : ni Chah, ni Mollah ! C’est-à-dire qu’on ne veut pas un retour à l’ancienne dictature monarchiste, dont la répression qui en émanait a donné pour résultat une théocratie encore pire. Par ce que c’est au nom d’une religion. Il faut savoir que 98 % des Iraniens sont musulmans (d’après les statistiques). Mais pense que tout ce que fait le régime iranien et M. Ahmadinejad n’a rien à avoir avec l’Islam. Les lapidations, les tortures, les massacres…

Il y a [d’anciens] prisonniers politiques qui vont témoigner aujourd’hui au Club de la presse dans une conférence de presse. Ce sont des victimes directes des tortures d’Ahmadinejad du début des années 80. Puisqu’il était tortionnaire à la prison d’Evine. Moi-même j’ai été prisonnier politique, ancien journaliste de l’AFP à Téhéran.  J’ai été pendant trois années dans les prisons de Khomeiny où j’ai été torturé et j’ai été témoin des atrocités commises par ce régime. Je voudrais dire en premier lieu que l’équation ne se pose pas entre ce monsieur et la communauté internationale. L’équation se pose entre ce régime et le peuple iranien. Et l’on ne peut que déplorer, que s’indigner, que condamner l’accueil réservé par les autorités genevoises et par la Confédération au représentant d’un tel régime. Parce que c’est se mettre aux côtés d’une dictature au détriment de la démocratie et des droits de l’homme en Iran. C’est vrai que ce régime et ce monsieur nient la Shoa, mais avant tout il faut savoir qu’il y a eu en 1988 un massacre sur une fatwa de Khomeiny.  Ahmadinejad et ses milices étaient parmi les exécutants de ce massacre de 30.000 membres des Moudjahidine du peuple qui ont été exécutés.

Question : On a bien compris que cette venue du président iranien provoque en vous une grande colère. Dans ces conditions, selon vous, est-ce que c’est à cause d’un manque de renseignements de la Suisse sur l’état exact de l’Iran ou est-ce que c’est la pragma et la Real politique, du fait qu’on a des affaires de pétrole et de gaz avec l’Iran et qu’il faut bien vivre au fond ?

Behzad Naziri : il est déplorable qu’on regarde toujours en partant d’ici mais pas d’un point de vue à 5000 km, c’est-à-dire de l’Iran et des Iraniens. Il faut comprendre qu’il y a une population qui souffre quotidiennement et qui est victime de discriminations. Il s’agit d’une conférence contre la discrimination ! Or en Iran, il y a un apartheid sexuel. Il y a pire !  Les femmes subissent en Iran pire que ce que les noirs subissaient dans l’ex-régime d’apartheid en Afrique du Sud. Les minorités ethniques, les minorités religieuses sont victimes de discrimination. Et ce, dans un pays qui s’appelle république islamique.

Question : Votre conclusion Behzad Naziri, opposant iranien ?

Behzad Naziri : Le régime actuel de l’Iran nie l’universalité et l’indivisibilité des droits de l’homme, c’est-à-dire la Déclaration universelle des droits de l’homme. C’est le fruit de la complaisance des pays occidentaux et en l’occurrence de la Suisse et de l’Union européenne vis-à-vis de l’Iran. C’est la raison pour laquelle le régime se maintient toujours au pouvoir et je pense que la première chose serait d’interdire à l’ONU une personne qui non seulement n’est pas représentative du peuple iranien mais qui mérite, d’être jugée devant un tribunal international pour crimes contre l’humanité.

 

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