AccueilActualitésActualités: Droits humainsUn procès-spectacle cible la Résistance iranienne et menace les démocraties occidentales

Un procès-spectacle cible la Résistance iranienne et menace les démocraties occidentales

Un procès-spectacle cible la Résistance iranienne et menace les démocraties occidentales
Un simulacre de procès à Téhéran, Iran

Le 27 mai, lors d’une audience qui a mis en lumière à la fois la paranoïa du régime iranien, Téhéran a tenu la 34e session de son procès par contumace visant 104 membres du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) et de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK). Les débats, plein de griefs historiques et de menaces envers les gouvernements étrangers, ont révélé un régime plus soucieux de faire taire la dissidence que de rendre justice.

Le procès, qui s’est tenu à Téhéran, marque la poursuite d’une campagne qui remonte à près de quatre décennies, avec les exécutions massives de prisonniers politiques de 1988. « Aujourd’hui, cette organisation et ses principaux dirigeants sont jugés comme terroristes », a déclaré le soi-disant président du tribunal. Appelant à l’éradication de l’OMPI, le juge a ajouté : « Tant que la personnalité juridique de cette organisation ne sera pas dissoute, ces crimes continueront. »

Un tribunal comme plateforme de propagande
Plutôt que d’établir les faits, l’audience semblait viser à lancer des ultimatums aux gouvernements européens. « Les gouvernements allemand, français et britannique ne peuvent accueillir les accusés cités dans cet acte d’accusation », a proclamé le juge. « Agir ainsi constituerait une violation des conventions internationales et engagerait la responsabilité pénale de ces pays. »

Il a affirmé qu’en offrant protection ou asile aux membres de l’OMPI, les États européens violaient leurs obligations en vertu du droit international. « Accueillir des personnes accusées de terrorisme alors qu’un tribunal compétent examine leur dossier constitue un crime au regard du droit international », a averti le juge, sans citer de référence juridique spécifique.

Dans une menace particulièrement acerbe, le représentant légal du régime a averti : « Aux citoyens iraniens résidant dans ces pays – et même aux ressortissants français, allemands et anglais – sachez qu’accueillir ces individus, en vertu des conventions applicables, engage la responsabilité pénale de vos propres responsables et expose vos propres responsables à des poursuites. » Cette escalade surprenante est intervenue en réponse au large soutien international que le CNRI a continué de recevoir lors de conférences, d’auditions parlementaires et de rassemblements de haut niveau.

Ces dernières années, des législateurs, des défenseurs des droits humains et des citoyens ordinaires du monde entier se sont régulièrement rangés aux côtés des dissidents iraniens, exigeant que le régime rende des comptes pour les crimes commis.

Revisiter la résistance des années 1980 comme du « terrorisme »
Une grande partie des poursuites s’est focalisée sur des événements historiques qui continuent de hanter le régime, notamment la défection de militaires au profit de l’OMPI. Un autre représentant légal affilié au régime a déclaré avec amertume : « En février 1983, le major Mohammad Hassan Mansouri a fait défection au Canada à bord d’un avion F-4 Phantom. Il a ensuite fourni des renseignements militaires à l’organisation. Ces actes témoignent de l’infiltration systématique de l’armée par ce groupe.»

L’accusation n’a pas considéré ces actes comme des trahisons isolées, mais plutôt comme une menace sécuritaire persistante. « Ces détournements et ces défections ne sont rien d’autre que du moharebeh [guerre contre Dieu] et de l’efsad fel-arz [corruption sur Terre] », a averti un avocat de l’État, exigeant la peine capitale. La fureur du régime a clairement montré que sa crainte ne concernait pas seulement le passé de la Résistance, mais aussi son influence persistante au sein des rangs de ceux qui avaient jadis juré de la défendre.

Le désespoir du régime face à l’effondrement économique s’est manifesté par sa demande d’indemnisation financière de la part des accusés pour défections et sabotages présumés. « Nous demandons que les dommages financiers causés par les actions de l’organisation soient calculés à leur valeur actuelle et inclus dans la condamnation », a déclaré le représentant de l’aviation du régime, citant les pertes d’avions. Cette décision illustre non seulement la panique politique, mais aussi un régime en faillite qui tente désormais de donner un prix à la dissidence.

Un soi-disant tribunal qui juge le mauvais côté de l’histoire
Ce soi-disant tribunal est devenu le symbole de la peur du régime : peur de l’opposition organisée.

Comme l’a annoncé un porte-parole de l’OMPI sur Simaye Azadi : « Ce n’est pas un tribunal. C’est une tribune pour un régime en déclin qui tente de se convaincre qu’il a toujours le contrôle. Mais le véritable verdict est déjà tombé, et il sera appliqué par le peuple iranien. »