vendredi, mars 6, 2026
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Iran : Un document top secret révèle le plan prémédité de Khamenei pour massacrer les manifestants

Iran : Un document top secret révèle le plan prémédité de Khamenei pour massacrer les manifestants
Un nouveau rapport conjoint du CNRI révèle l’ordre prémédité à l’origine du massacre de janvier 2026, le rôle central des Gardiens de la révolution et l’urgence d’une action internationale

Mardi, le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) a dévoilé un ensemble de documents classifiés qui remettent en question la version selon laquelle les violences récentes du régime iranien étaient une réaction paniquée aux troubles civils. D’après les documents obtenus par le réseau de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) au sein de l’appareil sécuritaire du régime, les massacres perpétrés lors des manifestations de janvier 2026 constituaient l’exécution d’une stratégie de répression spécifique et progressive, approuvée personnellement par le Guide suprême Ali Khamenei des années auparavant.

La directive « en quatre étapes »

Lors d’une conférence de presse à Washington, le CNRI a révélé une directive du Conseil suprême de sécurité nationale, classée « très secret » et datée du 3 mars 2021. Ce document définit quatre niveaux croissants de « conditions de maintien de l’ordre et de sécurité », dictant précisément la manière dont l’appareil d’État réagirait à la dissidence.

PRESS BRIEFING: NCRI-US to Expose Iran Regime’s Pre-Planned Orders behind Jan. Massacre, IRGC Role

La directive décrit une transition de commandement visant à militariser rapidement les rues. Dans un premier temps, l’autorité est confiée à la police nationale (FARAJA), appuyée par le ministère du Renseignement (MOIS) et le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Toutefois, les documents précisent qu’une fois la situation qualifiée de « situation de sécurité armée », le commandement opérationnel est entièrement transféré au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).

Selon les évaluations internes révélées par le CNRI, ce transfert a eu lieu le 8 janvier 2026. À cette date, le régime est passé du confinement policier à la répression militaire, autorisant le CGRI à utiliser la force létale contre des civils non armés.

Par ailleurs, les documents réfutent l’idée que les coupures d’Internet survenues pendant le soulèvement étaient dues à des défaillances techniques ponctuelles. Les directives ordonnent explicitement au ministère des Communications de mettre en œuvre des « restrictions d’Internet », y compris des coupures totales, dès que certains seuils de sécurité sont atteints. L’objectif, tel que défini dans l’ordonnance de 2021, était d’isoler les manifestants et d’empêcher que des preuves en temps réel de la répression ne parviennent à la communauté internationale.

« Cette directive du Conseil national de sécurité a été obtenue par le réseau des Moudjahidine du peuple (MEK), qui a accès à des sources au sein du régime iranien », a déclaré Alireza Jafarzadeh, directeur adjoint du bureau du CNRI à Washington. « Ces documents révèlent… des plans opérationnels clairs alloués aux Gardiens de la révolution pour utiliser la force létale afin de tuer autant de personnes que nécessaire pour se maintenir au pouvoir. »

Ciblage et surveillance préventifs

Parmi les documents divulgués figurait un dossier de 129 pages intitulé « Plan de sécurité global de Téhéran », compilé à l’automne 2024 par le quartier général Sarallah du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Ce document confirme que le régime avait élaboré une stratégie de répression plusieurs mois avant le début du soulèvement de janvier 2026.

Le plan Sarallah détaille l’identification systématique des citoyens « à haut risque ». Il catégorise spécifiquement les membres de l’opposition de l’OMPI et les familles des dissidents exécutés comme ennemis de « niveau numéro un ». La stratégie prévoyait une surveillance étendue de ces individus afin de neutraliser préventivement le noyau organisé de tout soulèvement potentiel.

Malgré un enregistrement audio d’avril 2025 – également obtenu par le CNRI – dans lequel le ministre du Renseignement se vantait auprès de hauts responsables que toutes les menaces potentielles avaient été neutralisées, l’ampleur des manifestations de janvier laisse supposer une grave défaillance des services de renseignement quant à la détermination de la population.

Anatomie du massacre

L’application du plan de Khamenei a engendré la dévastation dans plus de 400 villes et 31 provinces. Les manifestations, initialement déclenchées par une inflation galopante, l’effondrement de la monnaie et la flambée des prix du carburant, se sont rapidement transformées en une révolution politique. Des slogans tels que « Mort à Khamenei » et « Mort au dictateur » ont retenti.

La Résistance iranienne a confirmé l’identité d’au moins 2 257 manifestants tués par les forces de sécurité du régime lors de la répression, bien que le bilan réel soit beaucoup plus lourd. Parmi les victimes confirmées figurent 150 enfants et 245 femmes.

Les tactiques employées allaient bien au-delà du simple contrôle des foules. Les forces du régime ont tiré sans discernement sur la foule à balles réelles et à l’aide de mitrailleuses lourdes. Comble de l’injustice, le CNRI a rapporté que les familles endeuillées étaient contraintes de payer l’État pour les balles ayant servi à tuer leurs proches avant de pouvoir récupérer les corps.

Outre la force brute, le régime a mené des opérations psychologiques. Des informations divulguées ont révélé que des agents en civil étaient infiltrés parmi les manifestants. Leur mission : perturber les slogans anti-Khamenei en les détournant vers une rhétorique pro-monarchique, une tactique visant à briser l’unité de l’opposition et à brouiller le message public.

Un tournant pour la légitimité

Les documents indiquent que si le régime est parvenu à tuer des milliers de personnes, ce « plan » n’a pas permis d’instaurer la stabilité recherchée par Khamenei. L’ampleur même du soulèvement – qui a touché les régions kurdes, baloutches et azerbaïdjanaises et a impliqué la prise de contrôle temporaire de quartiers par des habitants non armés – témoigne d’une population qui a dépassé la peur.

Jafarzadeh a soutenu que les documents prouvent que le régime considère sa propre population comme une menace existentielle à gérer par la force militaire plutôt que par la gouvernance. L’enregistrement audio divulgué et le plan Sarallah révèlent un régime profondément paranoïaque à l’égard de la résistance organisée, et plus particulièrement de l’influence de l’OMPI sur la jeune génération.

« Ce massacre n’a pas intimidé le peuple », a conclu Jafarzadeh. « Il a convaincu des millions de personnes qu’il n’y a qu’une seule solution : mettre fin au règne des religieux. »