Infosud (Suisse) – Une exclusivité dInfoSud – Saïd Mortazavi, considéré comme responsable de larrestation de dizaines de journalistes en Iran, a été vu à une réunion du Conseil des droits de lhomme mardi.
Douche froide mardi après-midi dans la Salle des Assemblées du Palais Nations, où se suivent les discours dinauguration du Conseil des droits de lhomme.
Certains délégués reconnaissent le procureur général de la ville de Téhéran, Said Mortazavi, au sein de la délégation iranienne (pays observateur, non membre du Conseil). Il est considéré par plusieurs ONG comme responsable de larrestation et de la détention dégradante de nombreux journalistes.
Une affaire avait particulièrement frappé lattention en 2003 : Zahra Kazemi, une journaliste canadienne dorigine iranienne aurait été torturée, violée et tuée en prison, après avoir été arrêtée lorsquelle prenait des photos lors dune manifestation détudiants à Téhéran.
Est-ce vraiment lui ? Des témoins nous montrent une photo tirée dInternet. Pour éviter tout malentendu, InfoSud sest évertué à vérifier que son nom figurait bien sur la liste officielle des délégués iraniens.
Dabord, les fonctionnaires onusiens sollicités nont cessé daffirmer que cette information nétait pas disponible. Finalement Guennadi Lebakine, du Haut Commissariat aux droits de lhomme, confirme que Said Mortazavi est sur la liste.
RSF choqué
George Gordon-Lennox, du bureau Reporters sans frontières (RSF) à Genève, sest dit choqué dapprendre la présence du procureur iranien à une conférence sur les droits de lhomme.
« Mortazavi est lié à larrestation et lemprisonnement de dizaines de journalistes et décrivains », indique-t-il. Huit journaux ont été suspendus cette année, indique RSF.
« Nous avons appris sa possible arrivée à Genève par lagence officielle de presse iranienne IRNA, poursuit Gordon-Lennox. Selon IRNA, Mortazavi a dit avant son départ que les droits de lhomme, dans leur vrai sens, sont un concept sacré auquel une attention spéciale est vouée dans les cultures et les religions divines. Un tel concept ne peut être utilisé de travers par certaines puissances hégémoniques.
Hamid Reza Eshaghi, du Conseil national de la résistance iranienne à Paris (représentant des groupes armés) a déclaré à InfoSud : « Je ne peux pas comprendre comment le gouvernement suisse a pu donner un visa à un tel tortionnaire. »
Eshaghi est parmi les opposants ayant reconnu Mortazavi à la Salle des Assemblées : « Il devrait être arrêté et expulsé immédiatement. Inclure quelquun comme cela dans une délégation est une humiliation et un défi pour lONU. » La présence de Mortazavis dans la salle a pu être vérifiée par InfoSud, mais le procureur a quitté les lieux avant quil soit possible de lui demander sa réaction.
Pamela Taylor, Juan Gasparini – InfoSud

