
La grève de la faim des « Mardis non aux exécutions » a atteint sa 131e semaine consécutive le mardi 28 juillet 2026, touchant désormais 59 établissements pénitentiaires à travers l’Iran. Les prisonniers protestent contre la recrudescence des exécutions et la répression systémique.
Dans un communiqué publié le 28 juillet, les membres du mouvement ont commémoré l’anniversaire des exécutions de Behrouz Ehsani et Mehdi Hasani, deux prisonniers politiques et militants exécutés un an auparavant. Dénonçant la violence des forces de sécurité de l’État, le communiqué souligne que le 26 juillet 2025, « ces deux prisonniers politiques ont été battus lors d’une descente de gardiens dans le quartier des prisonniers politiques de la prison de Ghezel Hesar, puis transférés pour être exécutés ». La campagne ajoute que lors de cette descente, « d’autres prisonniers politiques de ce quartier ont subi des violences extrêmes, et leurs familles ignorent toujours où ils seront enterrés ».
Exécution d’Abolfazl Sepahi Badjani et d’Amirhossein Safari Hosseinabadi à Ispahan 😭😭
Le mardi 28 juillet 2026, Abolfazl Sepahi Badjani et Amirhossein Safari Hosseinabadi, arrêtés lors des manifestations de décembre 2025 – janvier 2026, ont été exécutés publiquement sur la… pic.twitter.com/wJotQ5eYlR— csdhi.org (@CSDHI) July 28, 2026
Exécutions en forte hausse et nouvelles condamnations à mort
La campagne condamne le recours persistant du régime iranien à la peine capitale pour réprimer la dissidence intérieure, soulignant que depuis le début de l’année iranienne en cours (mars 2026), au moins 303 personnes ont été exécutées.
Selon le communiqué, « l’État oligarchique de Velayat-e Faqih, ignorant les protestations contre les exécutions, continue d’ériger quotidiennement des potences et d’ôter la vie à ses citoyens ». Parmi les personnes récemment exécutées figurait le prisonnier politique Mehdi Khanki, pendu « dans le plus grand secret et sans droit à un procès équitable », aux côtés de dizaines de prisonniers condamnés pour des délits de droit commun.
🚨PENDAISONS PUBLICS de jeunes insurgés arrêtés lors du soulèvement de janvier 2026 à Isphahan…
le silence et l’inaction de la communauté internationale constituent un feu vert donné au régime pour poursuivre et intensifier les exécutions !@jnbarrot @francediplo… https://t.co/3PWkoGBPaw— Behzad Naziri (@BehzadNaziri) July 28, 2026
Le communiqué mettait également en garde contre une nouvelle vague de condamnations à mort visant les dissidents politiques, confirmant que des peines capitales avaient récemment été prononcées contre Issa Chari, Amir-Hassan Akbari-Monfared, Sepehr Amirzadeh, Akbar Arabzadeh et Mehdi Arabzadeh.
Réaction internationale et grèves en cours
L’escalade des exécutions a suscité une vive condamnation internationale. La semaine dernière, la Mission d’établissement des faits des Nations Unies a lancé un avertissement urgent exigeant l’arrêt des exécutions imminentes de prisonniers liés à l’affaire de la « place Alikhani » à Ispahan. Parallèlement, l’Union européenne a imposé des sanctions à cinq juges iraniens directement impliqués dans le prononcé de condamnations à mort et l’ordonnance de peines inhumaines.
Au sein du système pénitentiaire, la résistance continue de s’amplifier. La grève menée par environ 1 500 détenus de l’unité 2 de la prison de Ghezel Hesar entre dans sa deuxième semaine. Le communiqué de la campagne souligne qu’« aucune autorité pénitentiaire ni aucun responsable de ce régime d’exécution n’a répondu à leurs revendications ».
Exprimant sa solidarité avec les détenus grévistes, la campagne affirme « se tient aux côtés des prisonniers de l’unité 2, soutient leurs revendications légitimes et leur grève, et appelle les personnes conscientes et la communauté internationale à se faire la voix de ces prisonniers ainsi que de tous les condamnés à mort ».
Mouvement national
La 131e semaine de la grève de la faim des « Mardis non à l’exécution » a mobilisé des détenus dans 59 prisons à travers le pays, notamment la prison d’Evin (quartiers des hommes et des femmes), la prison de Ghezel Hesar (unités 2, 3 et 4), la prison du Grand Téhéran, la prison de Qarchak et les centres pénitentiaires des principales villes, dont Shiraz, Ispahan, Tabriz, Ahvaz, Mashhad, Rasht et Zahedan.

