mercredi, février 8, 2023
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Deux Iraniens sympathisants de la résistance acquittés par la justice française

Agence France Presse – Deux Iraniens sympathisants de l’Organisation des Moujahidine du peuple (OMPI, opposants au régime de Téhéran) qui étaient soupçonnés d’avoir encouragé à se suicider une compatriote immolée par le feu en juin 2003, ont été relaxés mercredi par la justice française.

Le tribunal correctionnel de Paris a considéré que la "provocation de suicide" – qui était le chef de poursuite – "ne pouvait s’entendre que dans l’hypothèse d’un dialogue entre la future victime et celui qui tente de la persuader d’un passage à l’acte", selon les attendus du jugement.

Deux ans de prison avec sursis avaient été requis le 16 octobre lors de l’audience à l’encontre de Mahmood Aalami, 55 ans, et Hossein Amini Gholipour, 51 ans.

Le Parquet avait estimé que le suicide de Sedighe Redjavi ne pouvait résulter d’"une décision purement individuelle".

"Ca n’est pas non plus une décision imposée par une hiérarchie à laquelle on ne peut résister, mais certaines personnes ont accepté de subir un sacrifice pour donner un retentissement international à leur protestation", avait-il ajouté.

La défense et la demi-douzaine de témoins qu’elle avait citée, dont un ancien ministre socialiste, avaient affirmé que la décision de s’immoler était "un acte personnel".

L’annonce de la relaxe a été accueillie par des applaudissements et aux cris de "félicitations", devant la 16e Chambre correctionnelle où s’étaient réunis une soixantaine de militants ou sympathisants de l’OMPI.

Les deux suspects avaient été renvoyés devant la justice en 2006, soupçonnés d’avoir incité cette Iranienne vivant en Europe, militante de l’OMPI, à se suicider en lui fournissant un bidon d’essence lors d’une manifestation le 18 juin 2003.

Ce jour-là, des dizaines d’Iraniens, membres ou sympathisants de l’OMPI, protestaient devant le siège parisien de la DST (contre-espionnage) contre une vaste opération de police ayant visé leur mouvement la veille et qui avait notamment abouti au placement en garde à vue de Maryam Radjavi, la présidente du Conseil national de la résistance iranienne, vitrine de l’OMPI.

La veille, le 17 juin, une vaste opération de police réalisée à la demande du juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière et qui a notamment visé le siège de l’OMPI à Auvers-sur-Oise (région parisienne) avait abouti à des dizaines d’interpellations. Elle avait été vécue par les opposants iraniens comme un signe d’allégeance de la France au gouvernement de Téhéran dans un contexte de réchauffement des relations diplomatiques.