Agence France Presse – La cour d’appel de Paris a allégé vendredi le contrôle judiciaire de 17 Moudjahidine du peuple d’Iran (opposants iraniens), dont leur chef Maryam Radjavi, mis en examen depuis juin 2003 pour des infractions en lien avec le terrorisme, a-t-on appris de source judiciaire.
Ces 17 personnes ont été autorisées "à communiquer entre eux", à "sortir du territoire national" et à se déplacer librement, selon cette même source.
"On a rarement vu un terroriste avoir le droit de prendre un billet d’avion pour l’étranger", a cependant confié une source proche du dossier.
Des avocats de la défense ont de leur côté demandé à la justice "d’ordonner un non lieu pour l’ensemble des mis en examen" en raison, selon eux, "du vide sidéral du dossier".
"On avait voulu faire plaisir à Téhéran il y a trois ans, la preuve avait été faite à l’époque de contreparties commerciales", ajoutent-ils dans un communiqué.
En accueillant une dizaine de ces opposants qui revenaient au siège du CNRI à Auvers-sur-Oise (ouest de Paris) pour la première fois depuis 3 ans, Maryam Radjavi, leader du conseil national de la résistance iranienne (CNRI), a estimé vendredi que le dossier financier du CNRI était "blanc".
"Les responsables concernés du CNRI sont prêts à témoigner dans tout tribunal mais ils n’ont jamais été convoqués", a-t-elle ajouté.
Une instruction avait été ouverte en avril 2001 mais l’enquête n’avait vraiment démarré que le 17 juin 2003 avec l’interpellation de 164 militants en banlieue parisienne, principalement à Auvers-sur-Oise.
Onze personnes avaient été placées en détention, dont Maryam Radjavi. Toutes ont été remises en liberté en juillet 2003. En réaction à cette incarcération, une dizaine d’Iraniens s’étaient immolés par le feu à Paris, Londres, Berne ou Rome. Deux en étaient morts.
Les Moudjahidine du peuple iranien, organisation d’opposition armée au régime de Téhéran, figurent sur les listes des organisations terroristes de l’Union européenne et du département d’Etat américain.

