vendredi, décembre 2, 2022
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Comment ne pas dialoguer avec le CNRI qui affirme les valeurs de notre république ? – Alain Vivien

CNRI – « Comment ne pas dialoguer avec le CNRI dès lors que celui-ci affirme un certain nombre de valeurs qui sont les fondements mêmes de notre république ? Pour lesquelles tant d’entre nous ont combattu, et certains y ont laissé leur peau ? », a demandé Alain Vivien, ancien secrétaire d’Etat aux affaires européennes, à l’Assemblée nationale le 20 février dans une conférence. Video

Organisée à l’initiative du Comité parlementaire pour une Iran démocratique, la conférence sur « les perspectives en 2013 au Moyen-Orient et en Iran, le rôle de la France », a rassemblé de nombreux députés de tous bords, notamment Bruno Leroux, président du groupe SCR,  et des personnalités de premier plan. Elle a également invité Mme Radjavi la présidente de la résistance iranienne, à venir s’exprimer.

 Voici les moments forts de l’intervention d’Alain Vivien :

Voici à peu près dix ans que nous sommes rangés aux côtés du mouvement pour la libération de l’Iran et le changement politique indispensable pour y parvenir. Des progrès ont été marqués. Je crois qu’ils ont été rappelés, en particulier celui qui a consisté à faire retirer le mouvement des Moudjahidine du Peuple de la liste des mouvements terroristes, qui a été une très longue, très difficile bataille, et qui a fini par triompher, mais au prix de combien d’efforts et combien d’efforts qui auraient pu être utilisés aussi à bon escient mais dans d’autres directions. En particulier, pour aider non seulement les réfugiés d’Achraf et du camp Liberty, mais également la population iranienne qui souffre elle aussi et tragiquement du fait du régime intégriste, fondamentaliste de Khomeiny.

Je crois qu’il faut nous souvenir, nous autres Français, que nous avons été quelquefois imprévoyants. Et là je ne fais pas d’allusion politique particulière, mais c’est quand même à Neauphle-le-Château qu’un certain imam Khomeiny avait été accueilli, sous un autre régime. C’est aussi, et ça a été l’honneur de François Mitterrand en 1981, d’accueillir la résistance, inversement en quelque sorte de prise de position, mais qui ne sont pas allées au bout de ce qu’elles pouvaient être. En effet, on sent bien encore bien des résistances dans certains secteurs, en particulier au niveau des hauts fonctionnaires de quelques engagements politiques de gauche comme de droite, pour que soit apprécié à sa juste importance le mouvement des Moudjahidine du Peuple, qui tente non pas de prétendre représenter la totalité de l’opposition iranienne mais d’en être en quelque sorte le fer de lance, le leader sans doute.

Car lorsque nous autres Français, nous nous retournons vers l’opposition iranienne, nous cherchons quels sont les mouvements qui disposent à la fois d’une structure exilée mais également d’une présence sur le terrain en Iran. Jusqu’à présent, ces recherches n’ont pas été très fructueuses. Nous avons donc quasiment comme seul interlocuteur le CNRI et nous souhaitons bien sûr, parce que tous les Français sont un peu gaullistes par certains côtés, que l’élargissement de la résistance se prolonge et que de plus en plus un grand nombre de personnes s’engagent, comme nous avons dû le faire, nos ancêtres ont dû le faire entre 1940 et 1945, pour constituer un vrai front populaire pour les grands objectifs politiques qu’un Français se doit de soutenir.

Ces objectifs, Madame la Présidente, vous les avez rappelés. Et je voudrais, au-delà de cette salle, m’adresser à tous ceux qui ont une responsabilité dans notre pays : Comment ne pas dialoguer avec le CNRI dès lors que celui-ci affirme un certain nombre de valeurs qui sont les fondements mêmes de notre république ? Pour lesquelles tant d’entre nous ont combattu, et certains y ont laissé leur peau ? Il s’agit de la démocratie, non pas un semblant de démocratie avec des dénivellations par cascades à partir du sommet de candidats, qu’ensuite on fait élire en truquant les élections. Une démocratie, c’est l’expression du peuple par le peuple, et c’est aussi la seule sécurité pour établir un régime qui tienne debout et qui serve lui-même son propre peuple.

La deuxième idée, c’est la séparation des églises et de l’État. Or, nous nous sommes battus, nous en France, pour ça, en 1905. Mais nous avons séparé les églises de l’État, et je crois qu’il en est bien ainsi. Ne confondons pas ce qui relève du spirituel personnel et ce qui relève des affaires publiques. Lorsque le spirituel, au moins je mettrai le terme un peu par parenthèse, s’autorise à guider l’activité de l’État, on va à la catastrophe, car ce sont des impératifs extérieurs à la démocratie qui s’imposent, et naturellement avec les résultats que l’on connaît.

Alors aujourd’hui ce que moi je souhaiterais vivement, et je remercie le groupe des parlementaires qui s’est constitué pour défendre ces valeurs qui sont communes, qui sont universelles et qui devraient s’appliquer d’abord en Iran, je voudrais que notre gouvernement prenne conscience plus profondément peut-être encore qu’il ne faut pas seulement parler d’État à État, ça tout le monde le comprend bien, on ne rompt pas des relations diplomatiques internationales comme ça, sur une simple décision, mais dialoguer aussi avec l’opposition iranienne. Je crois que ce sentiment est très largement partagé et je voudrais dire à tous ceux de nos collègues qui pèsent plus sur la chose publique que je ne peux le faire aujourd’hui, moi-même qui suis un retraité de l’action politique, il faut accentuer les efforts pour que cet engagement, cette correspondance, cette liaison de réflexions communes puisse s’élaborer.

Je crois que les Iraniens le méritent bien. Ils souffrent dans l’exil, comme tous les exilés, mais ils souffrent aussi pour leur peuple, et leur peuple souffre lui aussi enfermé dans les frontières du fondamentalisme dont il ne peut qu’aspirer à sortir.

 

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