dimanche, janvier 29, 2023
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Colloque parlementaire pour un changement démocratique en Iran

Colloque parlementaire pour un changement démocratique en Iran La revue parlementaire, n° 890 – Plusieurs députés français de divers partis politiques ont pris la parole sur l’Iran le mercredi 7 juin dernier à Paris au cours d’un colloque organisé par Pascal Terrasse, député PS de l’Ardèche et Marc Reymann, député UMP du Bas-Rhin et en présence de l’ancien Premier ministre Edith Cresson. Maryam Radjavi, présidente de la République, élue par le Conseil national de la Résistance iranienne a évoqué les derniers événements politiques iraniens.

Dans un communiqué publié à la fin du colloque plusieurs parlementaires ont déploré la " détérioration flagrante de la situation des droits de l’homme " et ont partagé le voeux de Maryam Radjavi de voir la France se doter d’une " nouvelle politique vis-à-vis du peuple iranien et de sa résistance pour un changement démocratique".

Pascal Terrasse, député et Président du Conseil Général de l’Ardèche, et principal organisateur du colloque ouvre le débat : "Le sujet du nucléaire iranien, notamment la menace que la détention prochaine de l’arme atomique par le régime en place fait peser sur les relations internationales, est de plus en plus préoccupante (…) Aujourd’hui, chacun se pose des questions sur les perspectives et les solutions à envisager vis-à-vis de l’Iran. Nous sommes de plus en plus nombreux à penser que d’autres alternatives à la posture actuelle à l’égard de Téhéran sont possibles. En la matière, toute perspective permettant au peuple iranien d’accéder à un régime démocratique mérite d’être étudiée".

Colloque parlementaire pour un changement démocratique en Iran

Selon ce député, le blocage des discussions, notamment au Conseil de Sécurité de l’ONU, "profite avant tout aux dirigeants iraniens qui ont besoin de temps pour mettre au point l’arme nucléaire".

En faisant allusion à la situation des droits de l’homme en Iran et aux récentes déclarations " inadmissibles " de Ahmadinejad, président iranien à l’encontre d’Israël il poursuit : " Le problème iranien est ainsi multiforme. Economique, au regard des ressources importantes de ce pays. C’est pourquoi nous avons souhaité inviter Mme. Maryam Radjavi qui symbolise l’opposition au régime actuel et dont nous espérons qu’elle nous fera profiter de son éclairage de ses propositions. Ses idées font l’objet d’une attention toujours plus grande que ce soit au Parlement européen ou au Conseil de l’Europe. Face à des obstacles bien connus, et au-delà des réponses traditionnelles, une troisième voie semble aujourd’hui s’esquisser. Une troisième voie qui réside ailleurs et qui pourrait s’inspirer notamment de l’exemple sud-africain qui a conduit à l’effondrement du régime d’apartheid. Elle consiste principalement en un soutien fort aux forces démocratiques intérieures, afin que le changement ne se fasse pas au détriment mais au profit du peuple iranien ".

Après avoir décrit une situation interne critique, notamment des soulèvements dans plusieurs provinces iraniennes qui ont fait de nombreux morts, Maryam Radjavi, insiste sur la volonté de changement des Iraniens. Dans ces conditions, avec la montée de la répression interne, le régime a de plus en plus besoin de créer des crises et d’exporter l’intégrisme et le terrorisme à l’étranger pour couvrir ses difficultés internes.

Selon Maryam Radjavi, " l’ampleur de la crise dépasse de loin le fait qu’un pays devienne ou non nucléaire. Ce que le monde doit décider, c’est si une dictature religieuse intégriste peut s’armer de la bombe atomique ou non. Un régime qui veut instaurer un empire islamiste et qui prétend diriger un milliard et demi de musulmans. Imaginez un instant, qu’un régime dont le président appelle à rayer de la carte Israël, possède la bombe atomique ".

Elle critique l’Occident, dont " les concessions aux mollahs pendant vingt ans ont eu l’effet inverse ". Une politique de complaisance qui a conduit, d’après elle, à " l’arrivée d’Ahmadinejad au pouvoir, à une ingérence plus poussée des mollahs en Irak et à accélérer la course à l’arme atomique par le régime " .

" L’Europe doit tirer une leçon de son histoire " ajoute-elle. " Céder une partie de la Tchécoslovaquie, n’a pas satisfait l’appétit d’Hitler et l’a encouragé dans son expansionnisme. Aujourd’hui, les dirigeants européens négocient dans le même esprit et sous le même prétexte avec les représentants du fascisme religieux pour empêcher la guerre. On ne peut l’empêcher avec une politique de complaisance, ni en sacrifiant la Résistance iranienne. Au contraire la seule solution, c’est un changement démocratique par cette résistance. Aujourd’hui, la communauté internationale doit choisir entre la guerre et un changement démocratique en Iran".

Colloque parlementaire pour un changement démocratique en Iran

Au coeur de cette politique se trouve la marque de terroriste collée à l’organisation des Moudjahidine du peuple, la force principale du changement en Iran. C’est cette politique, qui selon la dirigeante de la Résistance iranienne, a bloqué le potentiel de la résistance pour un changement.

Elle assure : " Notre objectif, n’est pas de prendre le pouvoir à n’importe quel prix. Notre objectif est de garantir que le pouvoir soit remis entre les mains du peuple. Nous sommes partisans d’une république pluraliste, fondée sur la séparation de la religion et de l’Etat, l’égalité totale entre les femmes et les hommes, le respect des libertés individuelles, politiques et sociales (…) "

L’annonce était accueillie avec chaleur par Edith Cresson, qui n’a pas hésité à affirmer : " je crois qu’il faut vous remercier et vous féliciter de l’action que vous menez, les parlementaires qui sont ici, vous le diront, le soutien des Français dans cette affaire vous sera certainement acquis de façon qu’on puisse instaurer en Iran un régime démocratique ".

Jean-Pierre Michel, sénateur de Haute Saône s’indigne des difficultés créées depuis juin 2003 en France à la Résistance iranienne et précise : "Cette situation aujourd’hui est encore plus préoccupante, plus catastrophique qu’elle ne l’était il y a encore un an. Nous avons la volonté les uns et les autres, de briser le mur qu’il faut bien dire existe au moins dans notre pays. Nous devons briser ce mur qui est un mur de non-dit, un mur de contre-vérité, un mur de fantasme".

Gérard Charasse, député PRG de l’Allier insiste : " Il est temps de réagir beaucoup plus vivement que nous ne l’avons fait jusque-là même s’il y a eu effectivement dans le monde entier des réactions enfin intéressantes grâce à vous Madame la Présidente et grâce à votre mouvement. Dans votre action nous serons toujours à vos côtés, comme j’ai pu l’être lors de la fête du Nouvel An iranien il y a quelques mois et où j’ai vu, combien vous étiez suivie, combien votre mouvement était représentatif et combien il était l’espoir de la paix en Iran, de la démocratie en Iran et aussi de la paix dans cette région du monde ".

René André, député UMP de la Manche s’est adressé à Maryam Radjavi : " Je ne suis pas de ceux qui se sont engagés fortement à vos côtés. J’avais une certaine réticence à m’engager souhaitant être mieux informé. L’évolution judiciaire et l’aggravation de la situation dans votre pays m’ont convaincu qu’il convenait maintenant de témoigner et de s’engager. Voyez mon engagement et ma présence à vos côtés comme un symbole, comme une prise de conscience plus éclairée de nombreux parlementaires et je suis sûr que les malheureuses et regrettables déclarations de l’actuel président iranien sur la nécessité de radier l’Etat d’Israël de la carte sont inadmissibles et inciteront beaucoup de nos parlementaires à rejoindre votre mouvement d’autant que vous soutenez, nous soutenons, les objectifs d’une république laïque, pluraliste, respectueuse d’égalité des droits entre les femmes et les hommes et garante des minorités ethniques et religieuses ".

Parmi les nombreux intervenants, on trouvait notamment Isabelle Debré, sénatrice UMP des Hauts-de-Seine, Michel Terrot, UMP, Rhône, François Loncle, député PS de l’Eure ; Jean-Paul Benoit, Responsable des relations internationales du PRG; Jacques Desmoulins, suppléant de Georges Hage, CR, ex-député du Nord, Pierre Bercis, Président du Nouveau Droit de l’Homme, Jean-Paul Ney, Secrétaire Général du CIRET-AVT.

La Déclaration

Des parlementaires appartenant à différents groupes politiques de l’Assemblée Nationale et du Sénat ont assisté à une séance portant sur la situation en Iran en présence de Mme Maryam Radjavi, Présidente de la République, élue par le Conseil National de la Résistance Iranienne.

Déplorant la détérioration flagrante de la situation des droits de l’Homme figurée par une augmentation du nombre des pendaisons publiques dont des adolescents ;

Préoccupés par les ingérences de plus en plus indéniables de la dictature intégriste au pouvoir en Iran dans les affaires intérieures de l’Irak ; Alarmé par la persistance des autorités iraniennes dans la continuation d’un programme nucléaire avec des objectifs militaires ;

Conscients des soulèvements récents des étudiants dans les universités à Téhéran et plusieurs villes de province, ainsi que les protestations des ethnies azéris, kurdes, béloutches et arabes iraniens violemment réprimées;

Nous déclarons partager les positions de Mme Radjavi tant dans son opposition à une intervention militaire extérieure en Iran que dans son appel à la France dans le cadre de l’Union européenne pour adopter un langage de fermeté à l’égard du régime iranien suivie d’une nouvelle politique vis-à-vis du peuple iranien et de sa résistance pour un changement démocratique et les libertés fondamentales;

Nous soutenons les objectifs du peuple iranien quant à l’instauration d’un Etat laïque et pluraliste en Iran, respectueux de l’égalité des droits entre les femmes et les hommes et garant des droits des minorités ethniques et religieuses.

Le temps est venu pour que les élus de la République encouragent et soutiennent le peuple iranien et sa résistance qui ont fait tant de sacrifices pour les valeurs de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Les premiers signataires : Pascal Terrasse, PS, Ardèche Marc Reyman, UMP, Bas Rhin Georges Hage, PC, Nord François Loncle, PS, Eure Philippe Cochet, UMP, Rhône Michel Terrot, UMP, Rhône René André, UMP, Manche Gérard Charasse, PRG, Allier Isabelle Debré, Sénatrice UMP, Hauts-de-Seine Jean-Pierre Michel, Sénateur PS, Haute Saône

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