mardi, mars 10, 2026
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« Ce que nous avons vécu, moi je l’appelle un scandale d’État » – Jean-Pierre Bequet

CNRI – « Ils ont prêté la main au régime iranien pour permettre qu’ils soient moins vigoureux dans leur combat pour un Iran libre et démocratique. Ce que nous avons vécu, moi je l’appelle un scandale d’État, » a déclaré Jean-Pierre Bequet, ancien maire d’Auvers-sur-Oise.

Il participait le 24 septembre à une conférence a été organisée à la salle Wagram à l’occasion du non-lieu prononcé dans l’affaire instruite contre la Résistance iranienne en France.

Dans son intervention, le conseiller général du Val d’Oise a ajouté : « Nous voici rassemblés pour fêter une victoire judiciaire entourés des amis, des élus, des habitants, de ceux qui ont partagé et qui partagent toujours beaucoup avec vous.

« Le 17 juin 2003, à six heures du matin, j’ai encore les souvenirs comme si c’était aujourd’hui, à six heures du matin, le téléphone sonne chez moi. Monsieur le Préfet m’appelle pour m’indiquer qu’une opération de police allait se déployer sur ma ville. Il n’a d’ailleurs pas eu le temps de terminer sa phrase, qu’un hélicoptère survolait ma demeure et j’entendais déjà des bruits raisonner dans la ville. Six heures du matin. 1200 policiers dans une ville de 7000 habitants, rendez-vous compte ! 1200 policiers qui venaient, parait-il, traquer les terroristes, et je ne m’en serais pas rendu compte! Je me suis immédiatement dressé, comme je l’ai pu, contre cette opération politico-médiatique.

« Je voudrais, à ce moment, rappeler ces émotions, ces moments partagés, et apporté beaucoup de remerciements. Remerciements à l’équipe municipale qui m’a entouré, spontanément, qui est venue sur place dans la rue des Gords. Remerciements aussi aux habitants qui tout de suite dans la journée et les jours qui ont suivi, ont manifesté leur solidarité. D’abord, leur incompréhension. Ils les connaissaient ces habitants de la rue des Gords. Oh, ils étaient très discrets d’ailleurs dans leur résidence, mais en même temps, personne d’entre eux n’imaginait qu’ils étaient des terroristes. On savait qu’ils se battaient à distance contre le régime iranien, mais ils étaient d’un calme total.

« C’était une opération politico-médiatique. Alors onze ans se sont passés pour cette victoire judiciaire. Mais cette victoire, et c’est une belle victoire que nous partageons, elle a aussi un goût amer, car en même temps, onze ans de perdus dans le combat de la résistance. Onze ans d’énergie déployée pour démontrer que non, nous ne sommes pas des terroristes et qu’il fallait les retirer de la liste des organisations terroristes. Effectivement, les avocats, que je salue tous parce qu’ils ont mené un très beau combat, on les a parfois accompagnés, on a parfois nous-mêmes témoigné de tout cela ; les avocats ont mené cette bataille judiciaire.

« Mais, de ce point de vue, ceux qui ont mené ces opérations-là le ministre de l’Intérieur de l’époque, un certain Nicolas Sarkozy, le ministre des Affaires étrangères de l’époque, un certain de Villepin, ils ont quand même réussi à leur faire perdre du temps et de l’énergie, et de ce point de vue, ils ont prêté la main quand même au régime iranien pour permettre effectivement, qu’ils soient moins vigoureux dans leur combat pour un Iran libre et démocratique.

« Ce que nous avons vécu, moi je l’appelle un scandale d’État. Je dénonce ce scandale d’État de Nicolas Sarkozy et de Dominique de Villepin.

« C’est pourquoi avec mes amis d’Auvers-sur-Oise, avec les élus du département, car très vite, beaucoup se sont joints à moi, Dominique Lefebvre, Jean-Pierre Muller, Jean-Pierre Blazy, mais tant d’autres, je ne peux pas tous les citer, très nombreux, puis ensuite dans la France entière, puisque nous sommes arrivés après à rassembler 14.000 maires. C’est pourquoi ce mouvement s’est amplifié et nous avons été à vos côtés dans les moments difficiles, comme dans les moments heureux. Nous sommes là aujourd’hui encore avec vous, nous continuerons à l’être.

« Je veux vous dire pour terminer, chers amis de la résistance iranienne, vous êtes et vous resterez toujours au cœur de notre ville d’Auvers-sur-Oise et dans le cœur de ses habitants, tant que vous le voudrez, mais en souhaitant aussi que très vite vous puissiez arriver à Téhéran et qu’on puisse vous y rejoindre.
Vive la démocratie ! Vive la liberté ! Vive la laïcité! »