
Dans un discours percutant prononcé lors d’une conférence en ligne organisée par le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) le 5 mars 2026, John Bercow, ancien président de la Chambre des communes britannique, a livré une critique acerbe du régime iranien actuel et de la perspective d’une restauration monarchique. Bercow a qualifié la dictature religieuse au pouvoir de régime fasciste « bestial, dépravé, abominable, brutal et terroriste », « au bord de l’effondrement ».
Tout en reconnaissant le consensus international sur la brutalité du régime, il a axé son discours sur la nécessité d’une alternative démocratique viable, rejetant explicitement Reza Pahlavi, fils de l’ancien Shah. Bercow a soutenu que Pahlavi représente un retour à un système féodal plutôt qu’une avancée vers la démocratie, citant son absence de service public, son absence de soutien populaire en Iran et son refus de faire des sacrifices personnels pour la cause de la liberté.
En revanche, Bercow a apporté son soutien à Maryam Radjavi et au Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) comme étant la solution légitime pour le peuple iranien. Il a salué l’engagement de toute une vie de Radjavi dans la lutte pour la liberté et a mis en avant son « Plan en dix points » pour un Iran futur fondé sur l’État de droit, l’égalité des sexes et la séparation de la religion et de l’État. Bercow a conclu son discours en appelant la communauté internationale à soutenir le gouvernement provisoire du CNRI, qui, selon lui, offre un avenir « bien meilleur, plus radieux et plus prometteur » que la dictature actuelle ou un retour à la monarchie héréditaire.
Voici le texte intégral du discours de John Bercow :
John Bercow: Reza Pahlavi has a feudal claim but no democratic claim; he is the son of a monarch, not a leader. By contrast, @Maryam_Rajavi is the leader of an organization that is the solution for the people of Iran. Her life for over half a century has been one of struggle,…
— NCRI-FAC (@iran_policy) 5 mars 2026
D’emblée, chers collègues et amis, je tiens à dire que c’est un honneur et un privilège de succéder à Mme Radjavi, et vous ne serez pas surpris d’apprendre que je partage entièrement son point de vue. Écoutez, soyons clairs : le régime actuel, au bord du gouffre, est un régime bestial, dépravé, abominable, brutal et terroriste. C’est un fait.
Nous savons également qu’il peut être légitimement qualifié de régime fasciste. Nous sommes tous d’accord sur ce point. La question que je souhaite aborder aujourd’hui est la suivante : quelle est l’alternative à ce régime abominable, sanguinaire, tyrannique et fasciste ? Si vous me le permettez, je commencerai par dire ce qu’elle n’est pas, avant de présenter ce qu’elle est, à mon avis.
Ce qu’elle n’est pas, c’est une alternative connue sous le nom de « fils du Shah ». En tant qu’observateur extérieur, mais fin connaisseur de la politique iranienne de ces vingt dernières années, je dois vous avouer que je suis absolument stupéfait, sidéré et abasourdi par l’idée même que Reza Pahlavi puisse être sérieusement envisagé comme une alternative au régime actuel.
À mes yeux, c’est un acte d’une présomption et d’une arrogance stupéfiantes de sa part de se croire apte à diriger le peuple iranien. D’où lui vient sa gloire, ou plutôt son infamie ? Il est le fils du Shah d’Iran, discrédité, vilipendé, destitué et chassé du pouvoir. C’est pour cela qu’il est connu, et pour rien d’autre. Il s’appelle Pahlavi, fils du Shah. Il se prend apparemment pour le prince héritier. Certes, le fait qu’il soit le fils du Shah ne signifie pas automatiquement qu’il approuve son défunt père, mais il a eu maintes occasions, et de façon sans équivoque, de dénoncer son bilan déplorable.
Ce que je disais, c’est qu’il y a une personne qui n’apporte aucune solution à la crise qui ravage l’Iran, et une autre qui en apporte une. Reza Pahlavi, le fils du Shah, n’est pas un pas en avant, c’est un pas en arrière. Et il y a cinq raisons à cela.
“There is an alternative with over 40 years of preparation, led with indefatigability by @Maryam_Rajavi and her blueprint for a civilized society in the 10-Point Plan,” said former Speaker John Bercow at the 2023 #FreeIran Summit. pic.twitter.com/TAUUvSEcSt
— NCRI-FAC (@iran_policy) 6 mars 2026
Premièrement, il n’est connu que par son nom, Pahlavi. Il est le fils du Shah, le fils d’un dictateur, le fils d’un autocrate, le fils d’un tyran sanguinaire.
Deuxièmement, il n’a absolument aucun soutien populaire en Iran. Je le répète : il n’a absolument aucun soutien populaire en Iran.
Troisièmement, je vous le demande, chers collègues, lorsque vous réfléchissez à la personne qui dirigera un pays, vous vous demandez normalement : « Quel est le rôle de cette personne ? » « Un seul ? Quel a été son travail ? Quelles sont ses réalisations ? Quelles sont ses caractéristiques marquantes dans un parcours professionnel s’étalant sur des années ou des décennies ?» Ou la sienne, d’ailleurs. Qu’a-t-elle fait ? Comment a-t-elle travaillé ? Qu’a-t-elle accompli ?
Le problème avec Reza Pahlavi, c’est qu’à notre connaissance, il n’a jamais exercé la moindre fonction publique. Extrêmement riche, il a pourtant mené une vie de loisirs, de liberté et de plaisirs aux États-Unis pendant quarante-cinq ans. Il a fait preuve d’une insensibilité totale aux besoins et à l’identité des Kurdes, notamment en les qualifiant de séparatistes.
Et surtout, et c’est le point que je tiens à souligner, il n’a fait aucun sacrifice pour… La liberté du peuple iranien. Il a d’ailleurs déclaré publiquement ne pas voir pourquoi il devrait renoncer à sa propre liberté pour celle d’autrui. Il a parfaitement le droit d’avoir cette opinion, mais je vous le dis, en assistant à cet événement important : ce n’est pas là la marque d’un dirigeant national. Ce n’est pas quelqu’un qui peut mener l’Iran vers le salut politique. Ce n’est pas quelqu’un qui place les intérêts des autres avant les siens. Cet homme n’est pas un dirigeant. C’est le fils d’un monarque. Il a des prétentions féodales, mais aucune légitimité démocratique.
“There is an alternative with over 40 years of preparation, led with indefatigability by @Maryam_Rajavi and her blueprint for a civilized society in the 10-Point Plan,” said former Speaker John Bercow at the 2023 #FreeIran Summit. pic.twitter.com/TAUUvSEcSt
— NCRI-FAC (@iran_policy) 6 mars 2026
À l’inverse, Mme Radjavi, dont vous avez entendu le discours, dirige une organisation qui peut apporter une solution au peuple iranien, car sa vie, depuis plus d’un demi-siècle, est une vie de lutte, de service et de sacrifice. Comme elle l’a très clairement expliqué aujourd’hui, elle envisage une transition de six mois vers des élections démocratiques et elle a un plan en dix points pour l’avenir de l’Iran, fondé sur la liberté individuelle, l’État de droit, la liberté d’association, la liberté de la presse, la séparation de l’Église et de l’État, une république non nucléaire et l’autonomie. pour les groupes ethniques et l’abolition de la peine de mort.
Ainsi, son credo, celui du Conseil national de la Résistance iranienne et des milliers d’unités de résistance actives à travers le pays, est un credo démocratique.
Et ce que nous disons à nos amis et sympathisants du monde entier, à tous ceux qui aspirent à un avenir meilleur pour l’Iran, c’est simplement ceci : « Non à la dictature, qu’elle soit exercée par un monarque ou un mollah, par une couronne ou un turban. » Non à la dictature, oui à la démocratie !
John Bercow says the NCRI’s Convention stands out because of its political clarity and purpose—showing a united, organized, and determined movement for Iran’s democratic transition. pic.twitter.com/5aFTnmG6G7
— NCRI-FAC (@iran_policy) 10 décembre 2025
Le Conseil national de la Résistance iranienne et Mme Radjavi, qui a consacré 50 ans de sa vie à la lutte, défendent les principes démocratiques et un avenir libre. C’est pourquoi je dis à tous ceux qui assistent à cet événement : « Soutenez Mme Radjavi, soutenez le Conseil national, soutenez leur campagne, leur engagement, leur programme pour la liberté, la démocratie, la justice et l’égalité des sexes. »
Reconnaissez que le Conseil national de la Résistance iranienne a annoncé la formation de son gouvernement provisoire et que ce gouvernement offre au peuple iranien un avenir bien meilleur, plus radieux et plus prometteur que la dictature actuelle et brutale ou qu’un repli naïf sur le soutien au fils du monarque.

