CNRI – Deux résidents du camp d’Achraf en grève de la faim ont déclaré à la télévision en persan de la Voix de l’Amérique (VOA) qu’ils exigeaient le retrait des forces irakiennes d’Achraf et la libération des 36 otages détenus par les agents du régime iranien en Irak. Extrait de l’interview sur VOA :
Présentateur : Une grève de la faim lancée par un groupe de résidents du camp d’Achraf est entrée dans sa quatrième semaine. La grève de la faim veut protester contre l’attaque des forces de police irakiennes contre la Cité d’Achraf à Bagdad le 28 juillet. Selon l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran, l’attaque a fait 11 morts, des centaines de blessés et 36 détenus. Sur la base d’un accord signé entre les gouvernements américain et irakien à la fin de 2008, le gouvernement irakien a donné l’assurance qu’il respecterait les droits humains des résidents d’Achraf et s’abstiendrait de les renvoyer en Iran. En réaction aux récents événements survenus dans le camp, le gouvernement américain a appelé au calme des deux côtés. Parvaneh Yazdian, qui dit être une victime de la torture dans les prisons iraniennes et qui figure également parmi les grévistes de la faim, et Fatollah Heydari au Camp d’Achraf ont parlé de leurs revendications dans un entretien avec VOA.
Parvaneh Yazdian : Je suis une des grévistes de la faim à Achraf dans une chaleur de 55 degrés. J’ai reçu des coups de matraques au cours de l’attaque et comme je suis également une ancienne détenue des salles de torture du régime de Khomeiny, je ne peux m’empêcher de penser aux six années, où j’ai subi les pires formes de torture. C’est aujourd’hui le 21e jour de la grève et ses effets sont de plus en plus visibles. Beaucoup de gens ont des problèmes respiratoires chroniques. Ils ont des douleurs musculaires, d’essoufflement, les yeux et la vue qui faiblissent. Malgré tout cela, nous ne mettront pas fin à cette grève tant que nous n’aurons pas obtenu nos revendications.
Question : Quelles sont vos revendications ?
Parvaneh Yazdian : Notre première demande c’est que les forces irakiennes quittent Achraf parce que la continuation de leur présence ici ne peut conduire qu’à une catastrophe humaine et à d’autres meurtres. Ils nous menacent personnellement. Nous demandons également la libération immédiate des 36 otages qui sont injustement détenus par les forces irakiennes sans avoir commis de délits. En outre, le gouvernement américain doit accepter la responsabilité de protéger les résidents d’Achraf sur la base de l’article 45 de la Quatrième Convention de Genève.
Chacun de nous à Achraf a signé un accord avec les Américains et a également été interrogé à plusieurs reprises. Nous n’avons pas commis de crimes. Ils doivent accepter la responsabilité de nous protéger jusqu’à la détermination de notre statut final ou tout au moins jusqu’à ce qu’une force internationale sous l’égide des Nations Unies soit stationnée ici. Le gouvernement américain a la responsabilité de notre protection jusqu’à ce moment-là.
Question : M. Heydari, votre frère a été arrêté. Quelle est sa situation ?
Heydari : 36 des résidents du camp ont été battus et emmenés de force en otage. Ils sont maintenant dans un poste de police de la ville d’Al-Khalis. Mon frère, Rahman Heydari, se trouve parmi eux et ne va pas bien.
Amnesty International a appelé à leur libération immédiate. Mon frère a été prisonnier politique pendant six ans parce qu’il n’acceptait pas le pouvoir absolue des religieux en Iran. Actuellement, en raison de la répression qui a eu lieu et pour protester contre leur enlèvement, les otages ont tous lancé une grève de la faim.
Beaucoup d’entre eux sont dans un état critique. Mehran Bala’i a subi trois interventions chirurgicales. Habib Ghorab souffre de problèmes d’estomac chroniques. Mon propre frère souffre également de l’estomac et de problèmes rénaux et a été hospitalisé. Malgré cela, ils sont toujours en grève de la faim. Pour protester contre cette (situation) nous sommes également en grève de la faim en soutien à ces 36 personnes. Et enfin, je voudrais vous dire qu’Ali-Asghar Yaghoubpour touché par balles et frappé à la tête, est mort de lésions cérébrales.

