mercredi, février 8, 2023
AccueilActualitésActualités: NucléaireAnalyste du régime iranien : "Nos prières funéraires pour le JCPOA''

Analyste du régime iranien : « Nos prières funéraires pour le JCPOA »

Analyste du régime iranien

L’affrontement entre les différentes factions au pouvoir en Iran au sujet du futile Plan d’action global conjoint (JCPOA-accord nucléaire) après trois ans, est révélateur de l’impasse dans laquelle se trouve le régime iranien alors que son isolement au plan international s’intensifie.

L’accord conclu à grand tapage médiatique entre l’Iran et les pays du P5+1, qui était censé remédier aux impasses du régime des mollahs, en particulier l’impasse économique, s’est transformé en un cadavre dont Téhéran ne sait pas quoi faire.

Dès le premier jour, l’asphyxie économique a été la raison la plus importante pour laquelle les mollahs iraniens – avec leur Guide Suprême, Ali Khamenei en tête – se sont assis derrière la table des négociations. Aujourd’hui, à la veille du troisième anniversaire de l’accord, le JCPOA est devenu une initiative autodestructrice qui s’est retournée contre les mollahs eux-mêmes.

Le JCPOA a été un point de désaccord entre les différentes factions dirigeantes du régime dès le début, mais lorsque l’administration américaine actuelle s’est retirée de l’accord et que les avantages économiques que les mollahs ont engrangés ces dernières années ont commencé à disparaître, les choses se sont mises à changer.

Afin de réfuter les arguments de ses rivaux, Javad Zarif, le ministre des Affaires étrangères d’Hassan Rohani, a récemment déclaré que l’objectif de l’accord n’était pas du tout économique.

L’Assemblée des experts, organe de contrôle puissant proche de Khamenei, ne partageait pas ce point de vue dans son récent communiqué : « On s’attend à ce que les responsables, en particulier le ministère des Affaires étrangères, agissent à propos de l’accord nucléaire afin de lever les sanctions. Le but des négociations est précisément de lever inconditionnellement toutes les sanctions économiques, financières, bancaires et nucléaires et il ne faut pas renoncer à cet objectif. »

Le communiqué du 17 janvier dit en outre que « le ministre des Affaires étrangères, et contrairement à la voie déclarée des négociations par Ali Khamenei, a annoncé que l’objectif du JCPOA n’était pas économique et ne se limitait pas à la levée des sanctions. Cela signifie qu’il faut reculer devant l’ennemi et s’écarter des grandes lignes des négociations qui avaient abouti à la levée des sanctions. »

Le même jour, Ahmad Jannati, président de l’Assemblée des experts et du Conseil des gardiens, a attaqué la faction de Rohani et a déclaré que « espérer que les Européens s’acquittent de leurs obligations envers le JCPOA est absurde ». « Certains disent qu’après la sortie des États-Unis du JCPOA, les Européens feront quelque chose pour nous, alors qu’en réalité, ils traîneront les pieds et ne feront jamais rien en notre faveur », a déclaré Jannati. Il a aussi révélé la crainte du régime islamiste de l’OMPI : « Même la France invite l’OMPI et organise un sommet pour eux, les accueille et les habilite contre la République islamique. »

Jannati a même été plus loin que Khamenei et a déclaré : « Le Guide Suprême a dit que s’ils déchirent le JCPOA, nous allons le brûler mais nous ne l’avons pas fait et maintenant, [c’est le moment] de le faire. »

Mohsen Kouhkan, membre du Majlis (Parlement des mollahs), a pour sa part mentionné les déclarations de certains proches de la faction de Rohani, affirmant qu’ils devraient poursuivre les négociations avec l’Europe sur le programme de missiles balistiques de l’Iran : « Nous sommes descendus dans la fosse du JCPOA avec la corde pourrie des Européens et ces gens doivent d’abord dire quels avantages nous avons tirés du JCPOA pour que nous puissions poursuivre ces négociations. »

Indépendamment des intérêts opposés des différentes factions au sujet du JCPOA, le fait est que l’accord est devenu un problème pour le régime des mollahs et qu’il ne sait pas comment y faire face.

Mohsen Jalilvand, un analyste iranien proche des conservateurs, résume la situation en ces termes : « Nous devrions faire nos prières funéraires pour le JCPOA et nous devrions penser à l’après JCPOA. C’est très étrange que l’Iran attende toujours que le JCPOA reprenne vie. »

Source : www.mojahedin.org